CHAPITRE SEPTIÈME. 1328-1550, 10f
d'obéir, en matière temporelle , aux moratoires de l'archevêque ou de son officiai,, et il refusa de prêter son . ministère pour l'arrestation des clercs désignes1. L'archevêque soutint* -contradictoineméat, que, de temps immémorial, le maire. avait été tenu d'obéir à la réquisition de l'autorité ecclésiastique y et il le fit assigner à comparaître devant son tribunal; mais le maire s'y refusa, et brava toute* les menaces d'excommunication. H ae soatatt d'autant plus fort , qu'il avait pour lui une sentence antérieure de l'Échiquier, qui défendait aux gens de l'archevêque de traduire f pour affaire temporelle, un laïque en cour d'église, et qui enjoignait au vicomte de Rouen de s'opposer formellement à cet excès de pouvoir a.
Ce ne fut pas la seule querelle entre le maire Robert du Châtel et l'archevêque. La paroisse Saiat-Aignan était un territoire contesté que le
1 « Dicens major quôd légitimas hatieret rattones efficaces et *»Was ad proponendum coràra nobis, quibus non teoebatur nec teoetur nostris seu nostri officialis monitionibus parère nec obedire. » lbid.
V'A fu deffendu en pïafn Éschiquier, en la présence des gens * tachevesqiie de Rouen, que ili.ne preinssent Aè nt feiasent prendre par leurs gens homme la y en leur court, si comme ils disent que U a voient usé de faire, et commandé au viconte de Rouen que il ne leur souffrist, et, se il le^faisoient, que il lescontreinst à amende. » Archives départe m., registre intitulé: Extrait d« registres dé t Échiquier, (° 20 verso. Cet arrêt fut rendu dans l'Echiqrier de la St-Michel 1329.
maire revendiquait comme faisant partie de la ban* lieue de Rouen , et l'archevêque comme domaine de l'Église. La querelle, pour ce terrain litigieux, prit, en i335, cm caractère de violence. Les trésoriers de l'église, Jean Gueroutet Jean Lebarbier, avaient commencé à lever une taxe au nom de l'archevêque. A cette nouvelle , le maire , Robert du Châtel , les fait mander par ses serge ns, et leur défend, sous peine d'amende et de prison , de continuer la perception de l'impôt. Le maire lève ensuite lui-même une taille sur leshabitansde Saint- Aignan, disant que, si on l'excommuniait, il se ferait absoudre à leurs frais1. Comme les plaintes et les menaces devenaient plus vives , surtout de la part des trésoriers de l'église, il les fit arrêter et jeter en prison; leurs biens furent confisqués et vendus à vil prix. Vainement l'autorité ecclésiastique voulut intervenir pour les délivrer; l'huissier qu'elle envoya fut maltraité; on brisa la verge, symbole de sa dignité4, et on brava audacieusement en sa. personne l'autorité de l'Église. L'officialité s'en émut, et le maire fut encore une fois assigné devant le tribunal de l'archevêque. Le doyen de la chrétienté , en lui signifiant l'ordre de comparaître,
1 Archiv. raunicip., reg. DD., f08 44 recto et verso, et 45 recto.
* « Et virgam dicti servientis ob hoc dirupit. » Reg. DD.,