CHAPITRE ONZIÈME
des seigneurs que le roi venait d'immoler, était d'avoir pris la défense du peuple et de l'avoir engagé à repousser une domination tyrannique. D'ailleurs, lors même qu'ils auraient mérité la mort, n'était-ce pas mettre les apparences contre soi, que de les livrer au supplice sarçs formes juridiques? N'était-ce pas substituer au droit la force brutale, et faire un appel aux passions les plus violentes? Les Etats généraux , réunis vers la fin de l'année i356, blâmèrent hautement .ces supplices, dont la cause, disaient-ils, leur était inconnue '. Quant aux Rouennais , ils virent avec indignation cet abus de pouvoir, et ils se séparèrent de plus eu plus d'une autorité qui semblait vouloir se ruiner «Ue-même par ses excès .^ De nouvelles fautes ne tardèrent pas à compromettre la royauté dans l'administration intérieure et sur les champs de bataille; elles exposèrent , avec le roi, la fortune de la France, et persuadèrent aux Communes que le moment était .venu de saisir un pouvoir que la royauté et la féodalité paraissaient incapables de conserver.
1 Secousse, Hist. de Charles-le-Mauvait , I, 80.