‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 75 sur 238 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

^Vition que lorsqu'elle était terminée f, et ils furent *"* moment ùvul>/ésy selon l'expression de Froissard. ^i Ton en croyait l'italien Matteo Villani , historien *^cmleroporain généralement bien 'informé , mais **3ont le récit, en cette circonstance, ne nous paraît pas pouvoir balancer tant d'autorités contraires, les Rouennats ne se seraient pas bornés à de stériles manifestations de leur douleur. Selon cet his<torien, ils furent instruits des scènes qui se passaient au château, et, indignés de l'arrestation des barons normands, ils voulaient opposer la violence à la violence; ils se réunirent sur une place -et se disposaient à attaquer les hommes d'armes ; ils ne savaient pas que le roi fût à leur tête. Jean, s apercevant du danger, ôta son casque et se fit connaître au peuple. A la vue du roi leur seigneur, les Rôuennais restèrent immobiles d'étonnement. Alors, le roi, pour prouver au peuple, et aux principaux de la ville qu'il ne s'était pas porté à cette extrémité. sans un motif sérieux , leur montra une charte à laquelle étaient suspendus plusieurs sceaux. C'était le traité conclu par Charles-le-Mauvais , le comte d'Harcourt et leurs complices, avec le roi

Rouen ne lui fésissent force ; car, bien savoit qu'ils avoient grandement à grâce le comte de Harecourt. » Ibidem.

1 « Hominibus de ci vi ta te nescientibus. » Guillem. Nangiac, ubi suprà.

d'Angleterre , pour tuer Jean et ie dauphin soi*s fils, et placer sut* le trône de France Charles-le — Mauvais, à condition qu'il livrerait la Gascogne et la Normandie à Edouard III. « Que cette charte fût vraie ou fausse, ajoute Villani, je l'ignore = mais le comte d'Harcourt et les autres cheva — liers normands en nièrent l'authenticité jusqu'à Isam mort. Néanmoins, ils furent traîné* au supplies et décapités sur la place publique, en présence du roi; leurs cadavres restèrent suspeudus à des

chaînes de fer sans qu'on leur donnât la sépulture

D'autres prétendaient que ces seigneurs avaient voulu livrer le Dauphin aux Anglais. Mais ccse bruits étaient peu fondés; le roi était probable-— ment exfeité par le désir de tirer vengeance dœ la mort du connétable de La Cérda T » J'ai rap — porté ce récit, où les invraisemblances abondent, «cause du rôle que Villani y fait jouer à la population rouennaise , rôle qui atteste son amour pour* les victimes de Jean. Si elle ne prit pas les armes pour les défendre, il est certain , du moins , qu'elle fut indignée d'une exécution qui ressemblait à un assassinat. Comment, en effet, un pareil événemfnt n'eût-il pas laissé une triste impression dans l'esprit des Rouennais? Le principal crime

' Mat. Villani, ibid. , p. 369-370.

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