CHAPITRE QUATORZIÈME. 150C
cité au£ habitans des nouveaux quartiers * ; c'était un moyen pour les Anglais, dont la puissance chancelait* de se concilier une partie des Rouennais. Charles VII, après avoir reconquis la Normandie en i45o, suivit la même politique, et confirma aux. nouveaux quartiers les privilèges de l'ancienne bourgeoisie2.
Nous trouve»» encore une preuve du progrès de la ville» dans lêfe acquisitions qu'elle fit à cette époque. Sotis tè 'règne de Jean , elle acheta plusieurs maisofts qui environnaient l'hôtel de ville et la Cacftè» la^Rihaut*', on appelait ainsi la cloche du beffroi/ <{ui donnait lie signal du couvre-feu, et chassait les ribauds. Lé commerce, d'abord entravé par la gueire> prit, vers la fin de ce règne, un grand essor; les corporations, désorganisées par les troubles-* se reconstituèrent avec plus de régularité. L'état clé* plorable du' royaume forçait les classes industrielles à redoubler d'activité pour lutter contre la misère. D'ailleurs 9 dans' les derniers temps de son règne, Jean adopta des mesures propres à favoriser le développement commercial. Il réprima sévèrement les guêtres privées* qui détruisaient toute sécurité
1 Archives municipales, tir. 9, h° 1.
d,X¥di. îitunîcip., reg. ^fMlStèbo et 113 recto et Verso Ordonn. des rois de France, III , 646.
et plongeaient le royaume dans Fanarchife; Par urie ordonnance en date du 5 octobre i36f, il défendît aux nobles de se faire la guerre et de se tenir en armes. Il enjoignit aux commandans defc compagnies et à tous autres de rentrer dans leurs foyers', sous peine de bannissement et de confiscations Nows trouvons transcrite dans les anciens registres de' rhôtel.de ville, une autre ordonnance rendue à Amiens, et datée du 5 décembre 1 363 9 elle «estinspirée par un véritable amour du bien public. Le roi déclaré > dans le préambule, qu'il a consulté les grands, princes , gens d'église et députés des bonnes villes, sur les mesurés les plus propres à rétablir l'ordre dans le royaume et à lui rendre son ancienne prospérité. Protection accordée au commerce , répression des exactions des officiers royaux , et surtout du droit odieux de pourvoirie y abolition des guerres privées, tels sont les moyens indiqués comme propres à atteindre ce but1. Sans doute, il ne suffisait pas de signaler les abus, il fallait la force et la volonté nécessaires pour les réprimer. Cependant , ces ordonnances annoncent un retour à de meilleurs principes; on y sent l'influence du dauphin, qui, éclairé par le malheur, jugeait mieux la situation du pays , et allait bientôt le relever par un gouvernement ferme et habile.
1 Archives municip., tir. 50, no 1.