CONCLUSION
Majorquin, Aragonais, Espagnol ou Français par le caprice du sort, le Roussillonnais demeure toujours et avant tout Roussillonnais, et c’est le
secret de ses résistances, comme le secret de ses
abandons. Même quand il se donne ou se laisse
prendre, de gré ou de force, il n’abdique point sa
personnalité : il reste obstinément attaché à sa cou-
tume et à sa langue ; il défend ardemment l’une et l'autre contre les compressions ou les infiltrations du dehors, et, dans cette fidélité jalouse à la patrie
locale, füt-ce au sein d’une patrie plus grande,
s'affirme justement une riche et consciente vitalité.
L'histoire du Roussillon est donc mieux que l’histoire d’une frontière ; c’est aussi l’histoire d’une unité à la fois ethnographique et politique, dont la destinée, si mélée qu'elle soit, à de certaines heures, à l’histoire générale des grands États pyrénéens, vaut d’être méditée pour elle-même, parce qu'elle laisse apercevoir, à travers un passé
mouvant et parfois capricieux, les manifestations
toujours logiques d’un caractère propre et d'un
tempérament original.
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