LIVRE QUATRIÈME
nanf des terres ou octroyant des rentes à l'abbaye de Royaumont ; on voulait seconder le mouvement des études. Lorsque saint Louis s'efforçait par tous les moyens de développer, par exemple, la géographie, lorsqu'il donnait l'ordre 5 Rubruquis d'aller explorer la Chine et la Tarlàrie, et d'envoyer une relation de ses voyages, lorsqu'enfln toutes les sciences, l'étude des langues et de la grammaire, la physique, la chirurgie, la médecine, la jurisprudence, recevaient une vive impulsion par la protection royale, il était naturel de voir les Français adopter la pensée du roi sur Royaumont.
Plusieurs personnages s'empressèrent, en effet, de seconder» les desseins élevés du monarque, et de créer au profit de Royaumont des ressources en vue d'établir dans l'abbaye florissante un foyer de science. Pour n'en citer qu'un seul exemple, au mois de novembre de l'an 1255, un riche propriétaire du temps, André de Tarente, fit donation à l'abbaye de Royaumont de quelques maisons et dépendances qu'il possédait au faubourg Saint-Marcel, à Paris, à la charge que l'abbé et les religieux du monastère de Royaumont fonderaient des écoles et des cours , où pourraient étudier ceux qui s'attacheraient à Tordre des Citeaux, et à la maison de Royaumont en particulier. Les évéques de Beauvais et de Sentis sanctionnèrent cette donation avec les clauses importantes qu'elle renfermait et que le Carlulaire de Royaumont nous a transmises. « Sub hac conditione quod Âbbas et conventus Regalis Montis procurabunt cum abbate sanctse Genovefse... cum Domino Rege Francorum, vel Domna Begina... quod liceat eis tenere prsedictas domos, et postniodum scolas facere uttam ipsorum monachi quam alii* qui surit de Cistercio et de filiabus... possint ibi studere^ et studentes ibi Domino faraulari^.. v L'acte est rendu,
* Cartulaire de Royaumont ^ manuicrUê, BiblioUièque impériale, t. IV. p. 1521.
256 HISTOIRE DE ROYAUMOiNT.
dans les archives de Seine-et-Oise, de la manière suivante : « Au mois de juillet 1250% devant Guillaume de Grès, évêque de Beauvais, André de Tarane, ou Tarenle, (kmeuranf à Saint-Marcel, proche Paris, donne au monastère de Royaumont plusieurs maisons qu'il avait à Saint-Marcel en censive de Sainte-Geneviève du Mont de Paris, sous condition d'y bâtir un collège, sous consentement du roi et de la reine, pour y enseigner les religieux de Citeaux'. > Peu importe dé savoir de quelle source première partit au treizième siècle, le signal d'un mouvement des abbajes bernardines dans un sens plus favorable aux études et à la science. Était-ce le désir de n'être pas dépassé par les ordres mendiants, parles frères prêcheurs, dont. la supériorité reconnue, et qui provenait de leurs fortes éludes, humiliait les moines de Citeaux? Les bernardins ne furentils pas stimulés, de ce que les dominicains envoyaient â Paris leurs frères pour profiler de renseignement célèbre que rUniversité naissante donnait aux étudiants de toute la catholicité? N'est-ce point, en voyant cet Ordre organiser renseignement dans ses monastères, recommander à se$ membres l'étude du grec, de l'arabe et de rbëbreu,ei même avant la tin du siècle établir une chaire d'hébreu dans une de ses maisons ', n'est-ce point le mouvement général de l'opinion qui força les cisterciens à changer leur système*? L'hypothèse n'a rien d'impossible, mat voici les faits isolés des causes. Un statut du cliapttn général de Citeaux de 1231, disait déjà qu'avant d\i(imettre un sujet, il fallait examiner, si, tant au point d** vue de Vinstmction qu'à celui de la piété, il pouvait étrf ulile à l'ordre .et lui faire honneur'; et d'après un ^U-
* Cotte variante, quani aux dates, est une erreur de copiste.
* Cartons de Versailles, !'• liasse, Royaumont, colêe A.
* Martèno, Anecd., IV, 1683, 1690, 1726, 1708, 1849.
* Duboulay, Histoire univers. Paris 111, 185. —Les Aifbapei ciiUTdetVi»^ par d'Arbois de Jubainviltc, p. 65.
> Hartène, Anecd., IV. 1353.