‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 147 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

son frère, élu archevêque de Tolède, avec son chancelier et d'autres ambassadeurs. Le contrat fut signé par le connétable de France en présence du roi de Navarre, des évoques de Bourges, d'Évreux, d'Auxerrc, de Gui de Chevreuse, etc.; il stipulait pour douaire à Tinfante, le Valois, Senlis, Beaumont et 5,000 livres (85,000 fr.) de rente. L'élë de 1260 était iixé pour la cérémonie des épousailles, après laquelle Louis IX, à l'exemple de presque tous les rois de sa race, désirait faire couronner son fils à Reims. Les princes du sang, les grands vassaux et les pairs, y compris Henri III, roi d'Angleterre (qui avait fait serment de fidélité et de vasselage à Louis), étaient déjà convoqués à cette solennité, que tout annonçait devoir être une des plus imposantes qu*on eût admirées jusqu'alors. Comme roi et comme père, le monarque français hâtait de tous ses vœux le moment du mariage de son fils.

11 faut reconnaître que le jeune Louis de f'rance s'était rencontré dans les circonstances les plus favorables. Les séjours nombreux que Ton faisait au château d'Asniércssur-Oise lui permirent de profiter des ressources de Royau« mont. A l'âge de treize et quatorze ans, rintelligcnce prend un essor considérable, et TEncyclopédie entreprise par le dévoreur de livres était déjà avancée. Saint Louis était en de légitimes enchantements; le royaume allait posséder un ouvrage qui présenterait, dans un vaste ensemble systénnalique, l'étal des sciences au treizième siècle. Quel avantage pour l'instruclion générale du pays ! et quelles ressources, en particulier, pour les jeunes princes! C'était, d'autre part, une heure bien solennelle dans la carrière du saint monarque. La prospérité s'attachait à ses pas; ses entreprises obtenaient plein succès; la France respirait; Tagricullure était florissanle^; les lettres et les scîcnccg allaient avoir un monument. L'abbaye de Royau-

' Dos travaux émanas de rinstilut, de l'Académie des sciences et de celle des inscriptions ont surabondamment prouvé ipic la France, sous saint

%U HISTOIRE DE ROYAUHOJIT.

mont prenait une noble et sainte attitude. Et, en ^lè, lorsqu'on composait une Encyclopédie, les religieux de Royaumont se seraiçnt-ils* croisé les bras et auraleot-ils fermé leur scriptorium? Vincent deBeau^ais et saint Louis auraient-ils négligé de faire appel à ces scrutateurs nainrels des antiquités sacrées et profanes, que Royaumont possédait dans ses cent quatorze moines ? Surtout Louis K allait sceller la perpétuité de sa dynastie par le mariage de son fils aîné, Louis de France. Il espérait l^er, par lui, la monarchie à des mains habiles.

Un dernier coup d'œil sur les bâtiments du monastère de Royaumont, sur son église et sur les privilèges de l'abbaye devient ici nécessaire. Peut-être y célèbrerâ-t-(» le mariage du futur roi de France : les agrandissements successifs de Royaumont, à cette époque, nous y ramènent forcément. Plus saint Louis avançait vers le fond de sa vie, plus il semble qu'il ait redoublé d'assiduité à son abtoje. De 1255 à 1265, le fils de Blanche de Caslille dirigea souvent ses pas du cdté de Royaumont, et il s'applaudissait des progrès du monastère, de sa vie intérieure, de b piété qui y florissait. Dès sa plus tendre jeunesse, saint Louis avait pris l'habitude de se transporter sur leslieni du royaume où sa présence lui paraissait le plus utile. afin de bien accomplir sa fonction de i*oi et de voir toui par lui-même.. On a conservé le souvenir de ses visite^ surtout dans les environs de Paris. On a gardé par évr' la tradition de ses passages et de ses séjours. Une de ci* traditions mentionne la présence de saint Louis à Royi^*^ mont tous les ans et plusieurs fois Tannée; elle f> surtout remarquer leur fréquence en 1258, 1259" 1260*.

Le Regestrum des voyages du grand archevêque i

Louis, produisait, relatiTement à sa population, piusdeblé tfu^auJoohJ Voy. un travail du Comité archéologique de Seniit, ann. 1869, p. \if^ . *Hist. de êoint lA>uiê, par de Villeneuve-Trans, t. UI. p. 564.

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