LIVRE CINQUIÈME
ils ne firent qu'effleurer dans leurs récits du Mrouer hystorinl la mémorable campagne du Poitou et de Guienne. Celte lacune est regrettable au point de vue des annales de la guerre ; Louis IX y avait montré d'une manière éclatante ses talents militaires ; tour à tour capitaine et soldat, il avait donn<î des preuves de sa capacité dans le métier de la guerre et de son courage au milieu des dangers. Mais la tâche de reproduire la bataille de Taillebourg devait être le lot du peintre moderne dont le pinceau brillant à retracé le Massacre de Chio et Dante et Virgile aux enfers^. Cependant l'abbaye deRoyaumontpaya sa dette : elle n'éleva pas une pierre, une colonnette * en l'honneur de la campagne héroïque d'Egypte et de Palestine, mais elle consacra avec Vincent de Beauvais quatorze chapitres du Mironei* hystoiial, pour redire cette campagne d'Orient si vaste et si poétique, malgré ses revers. Louis IX, déjà grand sur les champs de bataille des croisades, mais plus grand encore dans la captivité et au milieu des musulmans vainqueurs, devenait un thème historique de grande épopée.. On a blâmé, dans un premier moment, les croisades de saint Louis. Les revers dont ces expéditions furent accompagnées, n'ont pas permis à la postérité d'apprécier les vues politiques qui, dans ces guerres lointaines, se mêlèrent aux idées religieuses. Néanmoins on est devenu plus équitable, de nos jours, sur ce point d'histoire. Royaumont retraça cette expédition d'Egypte et de Syrie en quatorze chapitres, qui sont au Miroiter htjsto-
* Iji Bataille de Taillebourg, par Eugène Delacroix, que possède le musée de Versai Ues, atlesle le talent de puissant coloriste qui brille dans le Massacre de Chio, ctc Nous voudrions bien que ce suji.'t tentât notre Horace Vc'rnrt senliinental, noire ami M. Alexandre Protais; on aimerait voir répandre sur ce fait d'armes de 1242 la lumière chaude, philosophique cl douce que l'auteur de Avant et après le Combat sait mettre dans les scdnes militaires.
" A Florence, une colonnette, sur la place de la cathédrale, signale à l'attc*ntion publique le Sasso di Dante, la pierre où Dante venait s'asseoir et rôver.
rial. Et Ton est obligé de reconnaître, devant le récit des moines, que, si saint Louis avait réussi, l'Egypte devenant une colonie chrétienne et française, aurait permis d'établir une communication facile entre TEurope et l'Asie; le nom de saint Louis serait peut-être de nos jours béni sur les côtes d'Afrique,.et le percement de lisllirae de Suez ne soulèverait ni obstacles diplomatiques ni jalousies internationales'. Le peintre qui a représenté saint Louis à Taillebourg a montré, dans son art, cette manière qu'on lui connaît, impétueuse et vive, de rendre les Ggures. Saint Louis a une attitude martiale ; il parait sur un cht"val blanc, une arme à la main, intrépide au milieu des traits qui pleuvent sur lui, au milieu des chevaii!i jetfs à terre, et parmi les débris du pont de Taillebourg, vu partie renversé dans la Charente. Mais on le relrom^ aussi brillant en Egypte que dans la Guyenne, et le tfrouer hystorial a le droit de le proclamer. Ce débarquenuiii de Louis à Damiette, s'avançant la longue épèe dAllc' magne à la main, sous une grêle de traits, est un beau fait d'armes ; et les divers combats que le roi de France engage contre les Musulmans, l'ont revu aussi brave mil' taire que lorsque à Taillebourg il soutint» suivi de l<u>* chevaliers, tout l'effort de l'armée anglaise. Le Mhoi''hystoriul divisait le récit de lexpédition d'outre-roer da> > * les quatorze chapitres suivants :
Chapitre i. Du voyage et passage du roy Loys de Frar en Cypre. — Chapitre ii. De la légation des Tarlarinsji roy Loys. — Chapitre ni. La copie des lettres des T«it' rins envoyées au roy Loys. — Chapitre iv. L'exemplo • l'épistre du conneslable d'Arménie au roy de Cypre. -
* De nos jours nous disons bien que si le général Bonaparte rîii ^ dans Texpédilion d'Egypte, l'Egypte eût été pour nous un empire éei >^'' moins vaste mais plus avantageux que celui des Anglais. Si du if-'^" saint Louis l'Egypte était devenue la Belgique de l'Ortcnt. un Et-: fensif, ne serait-elle pas devenue en même temps un pays utile * utile surtout à la Frnncc?