‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 172 sur 288 · LIVRE GINOniÈME · texte numérisé non relu

LIVRE GINOniÈME

exislence du héros de Taillebourg et de Damiette. Ces inscriptions, au nombre de huit, embrassaient les grandes lignes dé cette vie comprise entre 1215 et 1270 '. Voici ces inscriptions murales deRoyaumont :

« 1" Louis, roi de France, huitième du nom, père de

« saint Louis, décéda Tan 1226 : par son testament or-

c< donna à son fils de faire construire l'abbaye de céans.

a 2"" Comment saint Louis étant âgé de douze ans, fut

« sacré et couronné roi, à Rheims, l'an 1226. 3* Com-

a ment saint Louis, en 1228, fit commencer à édifier

« Pabbaye de céans (ou de Royaumont) dans laquelle il

« mit des religieux de Citeaux, desquels il y en eut un

rc qui vint ladre, que saint Louis administrait de ses pro-

a près mains. 4*" Comment saint Louis se confessait tous

« les vendredis et recevait de son confesseur la disci-

« pline de cinq chaînes et par grande humilité lavait les

c( pieds aux pauvres. 5* Comment saint Louis, en 1248,

« fit le premier voyage outre mer pour aller combattre les

a infidèles. 6* Comment saint Louis, par sa grande dévo-

« tien, apporta la couronne d'épines, et aussi autres reli-

« ques qu'il déposa à la Sainte-Chapelle, à Paris. 7* Com-

« ment le pape envoya un cardinal pour persuader saint

« Louis d'aller contre les infidèles, lequel se croisa le

a premier, et tous les princes qui allèrent avec lui.

« 8"^ Comment saint Louis après qu'il eut pris le cliatel

« de Carthage, rendit Tesprit, Tâme à Dieu, le lendemain

« de Sainl-Barlhélemy, 1270. »

On aurait voulu peut-être que l'abbaye eût fait revivre sur la toile et sur le marbre la physionomie et les traits du grand roi ; on voudrait que les vitraux coloriés' nous

> Extrait de ce qui êlait autrefois écrit dans la chapelle de saint Louis, neuvième du nom, dans l'église de i'abbayc de Royaumont, qui était située entre les deux derniers piliers du sancluaire du côté de rêvangife. (^IrrJiive* de Seine -el-OUe, liasse coiûc W.)

' Doni tircni(M' parlo «lniic i vitre de l'abbaye de Hoyaumont qui repré-

eussent conservé son image : les rapports du monastère avec saint Louis étaient bien de ces rapports tendres el affectueux de fils à père, et c'est l'instinct invincible des enfants de faire revivre, à l'aide de l'art, ces figures aimées, que bientôt la mort osera outrager, et dont elle nous ravira la présence. Un écrivain du dix-septième siècle, aGn de révéler a comme un excès d'amour de saint Louis pour Royaumont, » raconte qu'il avait choisi Tabbaye pour 1^ lieu de sa sépulture^ ; on a même prétendu, mais celle tradition n'est pas suffisamment constatée, qu'ayant choisi sa sépulture dans l'église de Réalmont, « une magnifique « tombe de porphyre demeura longtemps préparée pour « lui dans la grand nef. » Toutefois, sans discuter si le roi de France assigna ou non le lieu de son dernier asili dans l'abbaye de Royaumont, il demeure certain que lacir loniecénobitique de Royaumont était liée par le lien de la reconnaissance filiale envers la mémoire du saint roi, et qu'elle devait faire resplendir cette mémoire dans la po^ térité, si ce n'est point par la peinture, du moins sous toutes les formes dont l'abbaye pouvait disposer : de IJ l'élan qui se produisit, soit dans Tabbayc elle-même, ^)il dans la contrée qui avait Royaumont pour a me et poui centre. Ce fut à Royaumont et dans la contrée d'Asnièr<^ et de Luzarches, qu'on répéta avec le plus d'émotion It^ stances de Rutebeuf qui commencent ainsi :

Oyez d'une noveie qui trop me dcconforte ; Droits est enseveli et leautez esl morte; À qui se porront mais les pauvres gens clamer, Quand li bons rois est mort qui tant les sçut aimer?

S'il faut admettre que les moines de Royaumont colla borèrent à la vaste encyclopédie de Vincent de Beauvai^

sentait PhiUppe III, flis de saint Louis, avant qu'il fiU roi, inorl en 12^'> '

Manmc. Biàl, impér., vol. 215.

* Gaignières, dans la (Utpie moderne du CarMahre de Ro^itmômt, ' Voir ï Histoire de saint iMuis, par de Villcncuve-Trans.

Page 1