‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 176 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

sa tombe, indiquait qu'il mourut jeune, et avant Page de recevoir Tordre de chevalerie, par conséquent avant vingt et un ans. Voici cette tombe, d'après les planches de Millin et les dessins de Gaignières. Lescuyer est coiffé d'un chaperon ou capuchon de mailles. Ce chaperon tenait au haubert, et on le relevait sur la tête pour.se couvrir. Lescuyer a son chaperon relevé*. Il est vêtu d'un haubert ou habit à cotte de mailles, chemise de fer qui était une ormure défensive. Cette chemise de fer se serrait sur le corps avec une ceinture ; elle était à l'épreuve de Tépée, quelque lourdes qu'elles fussent alors. Les chaussures (le Lescuyer sont garnies d'éperons ; Téperon de Lescuyer n'est qu'un cercle de fer passé dans le pied et armé d'une branche, terminée en pointe acérée, mais garnie d'un anneau pour Tempôcher de blesser trop profondément. Lescuyer a dessus son haubert une cotte d'armes, chargée des armoiries de sa maison, selon l'usage, à dix billettes, quatre, trois, deux, une; et à l'épée, l'écusson qui est à ses |)ieds est absolument le même. A cette colle d'armes ( st attaché un ceinturon de cuir, garni de petits clous, auquel est suspendue une épée longue et large, qui, au moyen de la barre transversale qui lui sert de garde, représente une croix. Lescuyer tient à la main une pique. C'était un personnage du treizième siècle qui mourut en J297.

Si Louis IX a placé dans les cieux, depuis 1297, reste encore pour la patrie une sorte de roi éternel, » selon l'expression de M. de Chateaubriand. Le pays d'Asnières, de Viarmes, de Précy, de Boran et Beaunîonl, prouva, par les habitudes prises dès l'origine, en se groupant autour de l'abbaye royale de Noire-Dame de Royaumont, combien il identifiait saint Louis et son œuvre. Le pieux roi obtenait dans la tradition locale l'immortalité qu'il

* La partie inférieure de ce cbapeit)!! s'appelait gorgerin.

a obtenue dans Taffection nationale. Plus tard, dans le voisinage, la ville de Senlis^ aura dans ses églises des verrières qui reproduiront le cycle héroïque de la vie de saint Louis ; mais ce poème était tout vivant et à jamais perpétué à Royaumont, pour les habitants d'Asnières et des environs : la bataille de Taillebourg, le dôbarqueinenl en Egypte, la prise de Damiette, la bataille de la Hassoure. Minieh, Plolémaïs, le chêne de Vincennes, rarbitragee»tre le roi Henri IIl et les barons anglais, la mort devant Tunis • : tous ces sujets d'épopée tenteront le pinceau des peintres et la lyre des poètes; mais pour les habitants de la contrée de Royaumont, tout ce qui se rallachait à la sainte et héroïque existence de Louis IX était en quelque sorte incrusté à Tabbaye et revivait dans h-^ moines. La mémorable intervention de saint Louis enlrv Honri III et ses vassaux rebelles est une belle page «lu treizième siècle: n'ayant jamais voulu battre en brèche lo

pouvoir féodal, mais le faire tourner à l'avantage des peuples; d'autre part, défenseur intrépide de l'autorité' royale, il convenait à un prince si impartial de trancher un débat dont la couronne d'Angleterre était Tenjen.

' M. Claudius Lavcrgne a peinl le vitrail de saint Louis, pour >otre-^ deSenlis. M.J.Gerin a discuté ce vitrail dans un mémoire reinarqniM* > au Comité archéologique de Senlis. U rappelle que Senlis devait à son pa:** de posséder un tel sujet; il lui fallait la verrière de saint Louis piiiS- Louis IX était le fondateur de ce vieux château royal, de ce Loimt- - Seulis, qui dresse encore de beaux débris au regard de Noire-Dame l beau talent de M. Lavergne est fermement apprécié L'artiste a nci dans une verrière suave mais contenue, le beau poème de U vie de ^" Louis. (Comité archéolog. de Senlis, Comptes renius, p. 115, aniK«i^<

* Eugène Delacroix a peint la bataille de Taillebourg du 21 juilia t^- Ce tableau, exposé au salon de 1837, est à Versailles, (galerie desbjti' 2876). Versailles possède le Débarquement de saint ïjouis en Éçgpte, ut • peint par Rouget en 1850. Le musée possède aussi quatre autres tJb > ^ du même artiste. — Saint Ijouis reçoit à PtolémaU (Saint-Jean d'Ac^* -' envoyés du Vieux de la montagne^ tableau ex|)osé au salon de i^\^ " Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes, tableau >' - * Ion de 1827,— Saint 1 jouis médiateur entre le roi d Angleterre et «« *^ rons, tableau du salon de 18^22. — Mort de saint ï/mia devant T*'* tableau exposé au salon de 1817. (F. à Yei'saillesi rex-de-cbaufiM-^ • salle des Croisades.)

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