‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 179 sur 288 · LIVRE GINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE GINQUIÈME

et i292. Us avaient choisi leur sépulture dans l'abbaye*. Richard Lebos donna également à l'abbaye, en 1362, une maison et une ferme situées a Compiègne, près Téglise Saint-Pierre; il l'avait achetée de madame Jeanne des Essarls, dame des Aléux, veuve de Fauvel de Wadencourt: il donna cette propriété à Royaumont a pour le remède « et salut de Tâme de lui, disait-il, et aiin d'être accoma pagné et participant es prières, oraisons, et autres biens « spirituels des dits religieux et de leurs successeurs, en «r l'honneur de Dieu et en pure aumône*... » Le Cartu^ laire de Royaumont ajoute : a Richard Lebos^ demeurant « à présent à Royaumont, de soa propre mouvement et c( certaine science, pour la grande affection, amour et dé- « volion qu'il disoit avoir à religieuses personnes, l'abbé « et couvent de l'abbaye de Royaumont, et à leur église, « et pour le remède et salut de Tâme, afin d'être dorées navant aidé et participant en prières, donna aux reli- « gieux une maison qu'il possédait à Compiègne mouvant a de Saint-Corneille ^ » Enfin le clergé subit, autant que les laïques, l'ascendant de l'abbaye florissante et le preslige de saint Louis. Clément IV (Gui Fulcodi) avait pour légat, en France, en 1267, Simon de Rrie, cardinal du titre de Sainte-Cécile, ancien trésorier de saint Martin de Tours, et qui devint plus tard le pape Martin IV. Le cardinal Simon, garde des sceaux du roi saint Louis du temps qu'il était légat a latere en France, <x donna à Royaumont « deux cents livres tournois à condition que, tant qu'il a vivrait, chaque religieux-prétre de Royaumont dirait « pour lui une messe de la Vierge chaque année, et « qu'après sa mort, ils en diraient chaque année, pour « le repos de son âme *, une également. »

' Archivée de Seine-et-Oise, carton Roy.

* Manuscrits j Bibliothèque impériale Richelieu.

^ Cartulaire de Boyaumoni, t. II, p. S36. L'acte est du 9 août 136'i.

* Liasse aui archives de Versailles, cotée R. I. On y indique par erreur l'année 1315, Martin IV étant décédé en 1285.

On ne rappellera ici, avant de finir h première époque de Royaumonl, la longue et déplorable querelle qui èclala entre Philippe le Bel et le pape Boniface Vni dès les premières années du quatorzième siècle, que pour conslaler rinviolable adhérence du monastère de RoyaumonI ai centre de la catholicité. Dans le principe, Boniface Vill el Philippe le Bel étaient en parfaite intelligence; Boniface VIII avait voulu intervenir comme pacificateur dans les guerres entre la France cl l'Anglelerre. Philippe le !> I. par ombrage ou par système, voyait de mauvais œil celle immixtion du pape; il affecta de déclarer que danslf^ affaires temporelles de son royaume il ne se souroellu' à personne; mais que pour le spirituel il était prêt, a l'exemple de ses ancêtres, à recevoir humblement If^ remontrances du saint-siège. Malheureusement R>i"face YIlI ne fil pas assez attention à cette répugnance di roi de France à s'en rapporter au jugement du pape dans ses querelles avec d'autres princes; il fallait beaucoup lit ménagements envers un souverain si jaloux de ses droib Cette répugnance du roi avait pris naissance dans qu« ques démarches antérieures. En 1296, le clergé fran^T s'était plaint au saint-siège de lexcès des impôts et d Vitres mesures administratives. Des plaintes seinblald^^ étant venues d'ÂngleteiTe, Boniface VIII lança sa Lui! Clericis laicos^ où il excommuniait les princes qui ini|'seraient le clergé sans Tassenliment du saint-siége^ aH>' que les clercs qui payeraient cet impôt. Ce n^était point une nouveauté, mais seulement rexéculion rigoum^ des mesures adoptées par Innocent 111.

Il s ensuivit de longs démêlés ou Pon voyait tdv>'> Philippe le Bel convoquer un premier essai des kI généraux au Louvre, tantôt Boniface VIlI mander à W^'n' pour un concile, les prélats français, les docteurs* > abbés et les supérieurs d'ordres. Boniface VIII p'i> devoir s'occuper de la réforme du royaume de Franc

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