‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 180 sur 288 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

de la liberté ecclésiastique; Philippe k Bel entendait qu'on ne touchai pas aux prérogatives de la royauté française. Les dernières explosions eurent lieu en 1301 et en 1503. Boniface Vlil lancera ses excommunications contre le roi de France et croira devoir modifier les liens et les serments de fidélité des sujets envers le roi. De son côté, Philippe le Bel imaginera de soutenir que l'élection de Boniface VIII avait été invalide, et que le pape envahissait sur les prérogatives de la puissance politique. Quel sujet de perplexités pour l'abbaye de Boyaumont I Qu'on imagine le trouble de ces religieux, dans le cœur desquels le patriotisme et le catholicisme avaient un si grand empire! On était comme à l'entrée d'un nouvel univers. Boniface VIII croyait pouvoir agir en vertu de la vieille opinion européenne qui commençait par s'attiédir, celle de l'omnipotence politique des papes ; Philippe le Bel, en suivant ses propres susceptibilités personnelles, représentait les nouvelles idées que les modernes allaient professer dans les rapports du spirituel et du temporel. Rien n'est douloureux et compliqué autant que les époques de transition!

Assurément Philippe le Bel avait des sympathies à J abbaye de Boyaumont; comme son illustre ancêtre, saint Louis, il se plaisait ù fréquenter cette solitude, et il on légua le goût à ses successeurs : nous le voyons, en Tannée 1311, huit ans après la mort du pape Boniface VllI, confirmer à l'abbaye de Boyaumont quarante sous de revenu provenant d'une donation faite jadis par Matthieu III, comte de Beaumont, à Lambert le Jongleur. L'acte était daté de Sentis; nous en donnons ici le texte hilin : c( Li Itéra pro Abbate et conventu monaslerii Re- //alis-Montis, super declaralione quadrag.nta solidorum niinui rcdditus eisdem concessorum. » "

f€ Philippus, etc. Notum, etc. Quod cum Abbas et con- « voulus monastcrii Begalis-Montis conquererentur de

« Ballivo nwtra Silvanectensi, diccntes quod cum ipsi ab a antiquo consuevissent supra nos annuatim, ia feslo « Ascensionis Domini percipere quadraginta §olidos ra- « tione robe defuncti Johannis Anquetin, qui dicto mo- « nasterio dederat omnia bona sua, et quam robam a Mattheus quondam cornes Bellimontis, et Alienordis, « ejus uxor, Lamberto Joculatori et ejusheredi donaverant. a cujus Lamberti dictus Johanries dicitur fuisse hères, « nos, visis tam donacionum predictarum, quam aliis die- « torum religiosorum litteris, volumus quod dicli religio>i « in saisina percipiendi dictum redditum conserventur. a illumque habeant et percipiant, modo, forma el lera mino, quibus illum hactenus consueverunt percipen^ « et habere, salvo in aliis jure nostro, et in omnibu> ¥, quolibet alieno. Quod ut firmum, etc.

« Actum Silvanectensi , anno Domini M^CCC* undt^ « cirao, mensejulii^ »

On comprend cependant Témotion profonde de TabbaT^ de Royaumont; la querelle était grave quant à Tobjet quant aux conséquences qui pouvaient en sortir pour hcatholiques de France. Le pape avait choisi Bernard S.»h sette, évoque de Paraiers, pour négociateur et médiattM.!, et l'envoya en France ; le Ion d'autorité, dit-on, avec lequ il parla au roi, déplut; il fut expulsé de la cour, et s»* arrestation ne contribua pas peu à enflammer les esprit Philippe le Bel fit brûler publiquement, en 1502, une li bulles du pape, et il convoquait à Paris les trois ét;i> tournant, pour la première fois, contre la papauté^ clergé, la noblesse et la bourgeoisie qui représentait ti . le peuple. Et comme, en 1503, sur de nouveaux incid*^ qui se produisirent, l'irritation allait croissant, les oi convoqués de nouveau se prononçaient pour la oa:

royale; el pour la première fois, en France, on enici

^Archives de r Empire. Registre du Trésor des chartos, cot • J.. pièce 11* 57. — Hist. du comttf de Beaumant, 123.

Page 1