‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 231 sur 288 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

point une défection, ni une trahison envers une nationalité. La monarchie normande des Plàntagenets n'était ni une étrangère, ni une ennemie pour ces belles provinces continentales qui furent son berceau, et qui étaient restées le point d'appui de sa puissance, ] 'objet de ses complaisances les plus constantes. Ces princes étaient comme les Valois, de race, de langue et de mœurs françaises, car l'Angleterre, conquise depuis trois siècles, ne s'était pas jusqu'alors assimilé ses vainqueurs.

On n'ira pas jusqu'à dire que, dans la première moitié du quatorzième siècle, la suprématie des Plàntagenets sur les Capétiens fût universellement admise par l'opinion contemporaine. 11 suffit que l'histoire montre par les faits, que cette époque était grosse de complications, et que les populations indécises flottaient elles-mêmes sur la question de leur véritable roi. Ce n'est donc pas une forfaiture envers le patriotisme et la nationalité qui pèse sur Royaumont. Jusqu'à l'intervention de Charles V ci de Du Guesclin, qui changèrent la physionomie de la question, elle était restée une querelle de prétendants, lin combat d'aspirants à la couronne, plutôt que la lutte fie deux grandes nations combattant pour leur existence politique. C'est pourquoi un éminent publicistc insinue que la royauté capétienne de l'Ile-de-France étant demeurée, durant des siècles, sans action immédiate sur le sort des peuples, il n'existait dès lors aucun motif :ibsolu pour empêcher la dynastie normande, glorieusement montée au trône d'Angleterre, de ceindre en Tiôme temps la couronne Française. Une succession riouîe de désastres, de minorités et de trahisons domesiques avait paru, durant trois générations, préparer ce Tand changements Mais, quelque opinion qu'on se r^rmc de la situation politique, le régent du royaume,

« M. de Carné

d'ordre, l'exactitude, Téconoinie, l'amour de la discipline nécessaire à un chef de régiment; il n'eut pendant toale sa longue carrière militaire qu'une seule punition*.

L'abbé de Ballivières était, au contraire, un abbé de coor, élégant, bien mis, toujours en costume laïque: aimant le grand train, les beaux chevaux, les splendides équipages; léger dé caractère, fréquentant les cercles, mais du reste pa> scandaleux. C'est donc son entourage, ce sont ses relations à la cour, ce sont ces circonstances jointes à ses allures, à ses tendances et aux conditions de sa îie intime, qui peuvent expliquer les transfortnations matérielles considérables qu'il rêvait d'introduire à Royaumont Or, par la comtesse Diane de Polignac, Vabbé de Ballivièm fut' mêlé à la vie de Versailles, comme par le voisin^ immédiat il participait de la vie de Chantilly. Cette Diane- Françoise-Zéphyrine de Polignac*, qui était la soeur du comte de Polignac, créé duc héréditaire avec les honneurs du Louvre, et premier écuyer de la Reine, occupa asseï d'elle sous le règne de Louis XVI ; ni mariée, ni chanoinesse, bien qu'elle portât la croix honoraire d'un chapitn de Lorraine, le roi lui donna un brevet de Notre-Dame, ce qui ne s'était point fait encore. Une dame de son temp^ raconte qu'elle n'était ni belle, ni bien faite, que sa mise n'était pas élégante, mais que son esprit et sa sensibililc' la faisaient aimer de tous. « Un rien la troublait, ellerovgissait comme une pensionnaire. Elle avait pourtant beaucoup de caractère, et ceux qui la croyaient faible si trompaient grossièrement. Elle aimait et soutenait s^ famille avec une énergie et une ardeur au-dessus de tout éloge. La séduction de son esprit créait des amis aii^ Polignac, pendant qu'elle imposait silence aux sols claui méchants en se faisant craindre'^. »

Pendant l'émigratièn, et pour un fait, où il y avait du roalentenda- > Elle était née en 1746.

^ Mémoires de madame d'Oberkirck^ t. 1.

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