‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 261 sur 288 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

l'on saisira mieux la connexitë des choses dans leurs rapports futurs avec l'œuvre de reconstruction de l'établissement de saint Louis d'après ses premiëi^es bases. Deux figures doivent être crayonnées, celle de Mgr Mazenod et celle de M. Joseph Vander Mersch. Il est indifférent de commencer par la Provence pour aboutir à la Flandre française, quoique dans l'ordre des temps, le Nord ait précédé la Provence; il n'y a qu'à laisser les faits s'enchevètrer dans leur développement naturel. On peut seulement constater dès le début que des deux restaurateurs futurs de Royaumont, l'un participa sinon dogmatiquement, du moins en pratique, à l'esprit sceptique de son temps, et que l'autre offrira le type de ces hommes à grande foi, comme on en rencontrait dans la France ancienne.

On pouvait voir, le 5 juin 1860, à l'église de la Madeleine à Paris, un évoque vénérable, bénissant le mariage d'un prince dePolignacavec mademoiselle Mirés *. Ce prélat se nommait Mgr de Mazenod, évéque de Marseille. C'était un homme d'une haute taille de près de 5 pieds 10 pouces, et dans les convenables proportions de sa riche stature. Il portait le pallium que lui donna noire saint-père le pape Pie IX, en 1851, en considération de ses belles et nombreuses œuvres. Ses yeux, d'une légère teinte bleue, dans lesquels on eût dit que se reflétait le beau ciel de Provence, mais inclinant un peii sur le brun, exprimaient tout ce qu'il y avait de paternité, de dévouement et de bonté dans celte nature d'élite. Mgr de Mazenod, qui, de manières avait excellemment ce qui distingue le grand seigneur, n'en était pas moins d'une simplicité exquise; vieillard d'une

* Les registres des mariages de l'église de ta Madeleine renferment Tacte du mariage du 5 juin 1860, entre M. Alphonse-Armand-Charles-Georges- Mnrie, prince de Polignac, fils de défunt Atigustc-Jules- Armand -Marie, prince el duc de Polignac et de Maria-Charlolte Parkyns; et Jeanne-Emilie Mirés. fiUc d'Isaac Blirés et de Jeonne-Julio-Clarisso Laclairgcrie.

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nuance délicate et jalouse que nous attachons aujourd )uii à ridée de patriotisme. Si les Anglais laissaient à nos alic^ très « la vie, la liberté, les lois, les biens, la religion, loiil> les grandes choses, » la question devient erabarrass;\iii^ Au quatorzième et au quinzième siècles, sous le régime ("•dal, le sentiment national commençait bienh seprononu mais il n'y avait pas encore une France compacie it^ que nous la voyons. Le roi, la royauté, sous laféodali' n'élaient pas ce qu'ils ont été depuis. Jusque-là,que tel ; tendant ou tel autre gouvernât à Paris , la diflérenct v. vail pas paru immense dans le système féodal. Kniv. et Anglais trouvaient chacun des cléments très-div'> peu assimilés sur leurs territoires respectifs, et quanl : haine de Français à Anglais, elle n'existait pas encon. moins avant la tîn du quatorzième siècle. Le régime IV entraînait une mobilité inévitable, en vertu de laqi ne trouvant pas, dans l'ordre des intérêts indiviôi. tout ce que l'on se croyait en droit d'attendre sousuzerain, on passait, sans autre formalité, sous un: suzerain. Avoir pour chef un prince de ce cùlê- i de l'autre côté de la Manche, ne paraissait pas, à 1» : féodale, Ténormité qui serait réelle dans le^ temp^ dernes, où l'unité nationale est fortement caraclêri-'' où le sentiment national a sa raison d'être devant ur trie homogène.

Toutes choses égales d'ailleurs, Égidius a Ci.:été, parle sentiment religieux, mieui placé que ptï* pour donner un haut exemple dans les crises sii|' réservées au patriotisme. Quand il s'agit de reprn ^domination étrangère, quand il faut choisir d'être tde subir le joug du dehors, ou d'exposer sa uc alors qu'il faut la grandeur dame, et cette èlôw/ pensées, fondée sur- les croyances immortelles, marchande pas avec la chance de perdre une vie i*|>} « Les principes de cette religion, bien gravés dansV

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