‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 288 sur 288 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

encore au frontispice les armes des Conegliano^, avec une inscription *. De tels voisinages sont une bonne fortune. Le duc de Conegliano était une glorieuse épée de notre pays, et un beau caractère. Le guerrier qui s'élait distingué dans les guerres d'Italie, dans celle d'Espagne de 1808, avait su en 1815 refuser la présidence du conseil de guerre auquel le maréchal Ney devait être déféré ; sa fille, madame la duchesse de Conegliano, trop tôt enlevée à sa famille et à ses amis, faisait revivre à Bâillon la simplicité affable et les qualités affectueuses de la reine Hortense; maiscette tradition n'y est pas morle.Fille et arrièrepclite-fille se sont passé de main en main ce qu'il y avait de solide, de généreux et de bienveillant dans le chef de la maison de Conegliano; aucun des hôtes du château de Bâillon n'aurait manqué de payer un tribut de regret aux décombres de l'édifice de saint Louis '.

Il n est pas nécessaire de trop étendre le cercle territorial autour de Royaumonl pour s'apercevoir que plus on avançait dans le cœur du dix-neuvième siècle, plus l'esprit public se modifiait. Précy, Coye, Boran, Luzarches, Beaumont,' etc., rejetaient chaque jour les idées étroites de la fin du dix-huitième siècle. On renonçait à ce crétinisme politique qlii n'avait voulu rien voir dans le passé

* Les armes de Conegliano (duché créé en 1809) sont : ^amr à une main for, mouvante (tune aile d'argent et tenant une épée du même. (Borel d'Haucrive, Annuaire de la w^leue, année 1858, p. 91 .)

* On lit ait haut de la façade ces roots : c Le cfaftteau de Bâillon a été ^onné par l'empereur Napoléon au maréchal duc de Conegliano. »

* Les eaux du canal, qui jouent un si grand rAledans le domaine deBail- )n, sont celles de la nouvelle Thève, venant artificiellement des étangs de imeliei ce sont ces mêmes eaui qui, depuis le temps de la reine Blanche, Dnt de Bâillon à Royaumont. Les eaux ne touchent le château que latéilement au midi et au nord. On comprend combien, dans ses vieux jours,

maréchal Moncey, devenu gouverneur des Invalides, devait aimer, sur- )ut pendant les chaleurs d'été, ce frais séjour de Bâillon, où des eaux mpides, après s'être séparées en deux branches de canaux à l'est du làteau. Tiennent se rapprocher à l'ouest derrière l'habitation, pour forer trois Iles et confondre enfin leurs flots rapides et bruyants, qu'aiment

silJonnenl d^intrépides nageurs, ces prosaïques canards poétisés par rpfer.

de la France, rien avant 1789 « qui élevât le cœur, qui raffermit l'âme, qui rattachât à Tœuvre de sa grande émancipation l'infatigable effort des esprits pendant plusieurs siècles, » comme si avant 1789 la France n avait pas dVieux dans ses magistrats, dans ses soldats, dans ses prêtres , dans ses écrivains, dans ses poètes, dans ses ouvriers, dans ses novateurs, dans ses inventeurs ; comme si la royauté française n'était pas née des entrailles mêmes du sol français ', « comme si le clergé, les parlements, les écrivains, les bourgeois, le peuple entier ne s^était occupé pendant des siècles qu'à construire et à réparer une Babel de la tyrannie ^ » On revenait de ces stupidités injustes: les états de service de laucienne France étaient avoués: et Ton voyait le vieux Royaumont acquérir d'année en année plus de prestige, et ses ruines exciter de plus et plus les sympathies, à mesure que la figure de saint Loui< était plus dégagée par les investigations historiques.

Chantilly avait retrouvé ses Condé*. La seigneuri* de Précy s'était émiettée pour renaître sous de non. velles formes '. Creil montrait ses ruines *; Gouvieux'

* Voy. d'exactes réflexions de H. Guvillier-Fleury sur le livre de M. Quur relatif à la révolution.

* Le prince de Condé, chef de l'armée des émigrés, rentra en France, n 3 mai 1814, et,par là même, en possession du domaine délabré de ses pèr^ il y reçut la visite du czar Alexandre. La pluie, pénétrant à travers U gakr il fallut apporter des parapluies. Louis XVlIi le nomma colonel générsl l'infanterie. Il mourut en 1818. — Le duc de Bourbon, né dn naaxwrr prince Louis^oseph et de la princesse de Rohan-Soubise« se noontra, a ^ retour en France, avec sa nature indolente, ne s'occupant que de cbs^> La baronne de Feuchère fut puissante sur son coeur. Il nnourat apnrévolution de juillet. Chantilly passa au duc d'Aumale. Il fut acheta, en 1^par deux banquiers de Londres. La pelouse de Chantilly sert anjoord pour les courses de chevaux.

* La seigneurie de Précy fut vendue, en 1782, à M. d'Avrasifre d'Bgeranville. Les créanciers de celui-ci l'ont aliénée, par petites p<Mrttoii> e-ji les dernières années de la Restauration. ^

* La forteresse de Creil, devenue la propriété du prince de OnkIt I vendue, peu avant la révolution, i char^ de démoliUon, et démolte ri: i vement en 1780. Il n'en reste qu'une tour tronquée et un pan de BBurs* l

* Gouvieux occupe une grande partie du plateau inférieur et sablon: i sur lequel est assise la forêt du Lys. On parle ici de son territotiv ;4^h. i

TABLE DES MATIÈRË8. 571

— L'abbaye de Royaumont avait souffert dans son temporeL — Nécessité de rappeler les dernières cinquante années du quatorzième siècle. ^ Dissensions et cabales pendant la minorité de Charles YI.— Élection de Gilles de Gupé, nouvel abbé de Royaumont, au milieu de la querelle des Bourguignons et ^es Armagnacs, en 1418. — La France ensanglantée. — Bourguignons et Armagnacs dans le Beauvaisis. — Détails sur l'élection de Gilles de Cupè. — Rôle difficile qui incombait à cet abbé. — Prétentions anglaises • sur la France. — Henri V et Henri YI, rois d'Angleterre, s'intitulant rois de France. — L'infâme traité de Troyes, de 1420. ^ L'abbé de Royaumont forcé, avec une notable partie de l'Ile-de-France, d'adhérer à la domination anglaise. — Il obtient de Henri Y trois diplômes. — Souffrances de Royaumont que ces diplômes révèlent.

— Nombre des moines diminué. — Analogies entre le moderne président des États-Unis d'Amérique, en 1866, et Gilles de Cupè, en 1418. — Rôle commun de réorganisation intérieure — Les raisons politiques n'auraient pas manqué à Gilles de Cupè pour repousser le prétendu droit anglais sur la France. ^ Énumération des difficultés devant lesquelles Gilles de Cupè se trouva placé. — Les événements politiques. — Traces locales de Tingérence anglaise dans les affaires de Royaumont. — Rente annuelle de cent livres i prendre sur la vicomte d'Arqués, fondée par saint Louis, et que le roi d'Angleterre confirme. — Lettres patentes de Henri Y en faveur de Royaumont, revisées en 1424 par le duc de Bedford. — Le bourg de Précy -sur-Oise. — Son illustration historique. — Terre et seigneurie de Précy, ôtée à Louis de Précy et donnée, en 1429, par Henri YI d'Angleterre à Lyonnet de Boumonville. — Autres traces de la domination anglaise dans le pays de Royaumont. — Les médailles. — L'église de Boran.— Le cimetière aux Anglais, à Yiarmes.

— Difficulté principale pour Gilles de Cupè : le développement sensible du germe d'altération, d'abord inaperçu, et déposé dès le

. treizième siècle dans le cceur et dans les ressorts de l'Institut cistercien. — Une ressemblance avec les corps et métiers et les jurandes du moyen ftge 493

rAlllï. — IhP. Binon lUÇOR ET COMP.^ ROE D'kRFUBTU, 1.

le tranquille isolement de Tabbaye d*Hérivaux ', au fond d'un vallon solitaire, les loisirs de Tun de nos plus grands publicistes , de Benjamin Constant. Benjamin Constant écrivait sur Tinnéitédu sentiment religieux des morceatu d'une éloquence immortelle. Les poètes venaient s'inspirer aussi dans les lieux où Benjamin Constant poursuivait SCS fortes ëlucubrations. C'est là qu'Eugène Suc plaçait^ au sortir de la forêt, près d'Hérivaux, dans une petite masure isolée, des scènes de ses romans, de ces épisodes qu'il donnait en pâture au sensualisme de son temps % au moment où Benjamin Constant affirmait le spiritualisme et l'idée religieuse. Toutefois, bien qu'on n'ait pas peut-être aujourd'hui pour opposer aux récents matérialistes de plus brillantes et de plus irrésistibles pages que celles de cet écrivain. Benjamin Constant n'a pas servi la cause de l'orthodoxie théologique ou philosophique. 11 est resté en chemin à la station inhospitalière du déisme. Mentionnons enfin la localité de Noisy-sur-Oisc qui offre encore les ruines de l'établissement qu'y avaient les moines de l'abbaye du Val, près Pontoise, et les lract> d'un port sur l'Oise où ils embarquaient leurs vins liN avaient un pressoir à Noisy.)

Tel fut le prestige, croissant d'année en année , des ruines de Royaumont, qu'on pourrait dresser une lonpic liste des innombrables personnages qui vinrent, par suîlt d'initiatives bien diverses, payer leur tribut de sympathi

moyen modale. On a reconnu parmi ccsmédaill's ou monnaies, des \x '• nins, des Faustine, des Marc Aurèle, des Lucius Verus, des Locâlle. > Commode, des Crespine, des Vespasicn, des Alexandre Sévère, des Ik«tien, etc., ce qui ferait supposer qu'elles ont été enfouies dans les ^rma--* temt)s de l'invasion des peuplades du nord de l'Europe dans le» Gau.<* (Extrait du journal le Monde, du 4 janvier 1867.)

< L'abbaye d'Hérivaux était réunie au prieuré d'Ermenonville. Le c^ taine de Girardm, vicomte d'Ermenonville, soutint chaudcroenU à 2^nr en 1789, les intérêts du tiers-état. Au lieu de prendre rang psmii la r blesse, il avait comparu parmi le tiers-état, espérant sans doute ér nonuné député de œ dernier.

' 11 s'agit, dit-on, du roman de Mathilde, dont une scène émocmni-. passerait i l'abbaye d'Hérivaux.

vèque d'Amiens, Mgr de *Mandoix, son compatriote, Im* ayant donné la consécration sacerdotale (1811 ), le prêtai désirait s'attacher M. de Mazenod en qualité de vicaire général. M. de Mazenod se déroba à ce désir, recherchant an ministère d'un autre ordre; il se sentait attiré vers Tévaih gélisation des classes ouvrières, il rêvait, ponr ainsi parler, les prédications évangéliques, à la missionnaire, à la Bri* daine, pour sa chère Provence. Les suggestions ne manquèrent pas dans sa famille, pour attirer sa jeune ambition du côté des dignités ; il avait un oncle qui était on allait être évèque de Marseille^ en 1823 (nommé en 1817 . son père lui-même, homme d'un caractère droit, désintéressé et loyal, n'était peut-être pas le dernier à faire des objections. Mais il fallait que, dans le mystérieux enchainement des affaires humaines, la corrélation s'étaUîi entre les intérêts des groupes et les intérêts généraui. Qu'on laisse donc se déployer les événements de la troisième période du dix-neuvième siècle, au sein desquels surgira la connexion entre Royaumont et Mgr de Mni^nod. Pendant que M. Joseph Yander Mersch arrivait Royaumont, Tère des oblats commençait.

Charles-Eugène de Mazenod, jeune émigré, rentn'^ cti France depuis le commencement de Tempire, et qui avji fait ses études théologiques à Saint-Sulpice, s'ëtant retirr (le Paris pour travailler dans sa ville natale, s*y rê%».. sous un aspect qui, de proche en proche, et par orsérie de causes et d'effets, devait préparer les ^ëment^ (le la renaissance de Tabbaye de Royaumont. M. de Ma/e nod avait-il une supériorité exceptionnelle d'intelligenr ôtait-cc un homme à se frayer des routes nouvelles dar les champs de l'idée? avait-il de ces têtes scientifiqisr qui inventent et créent dans le domaine des arts, de Ti *

^ Il oe voulut pas recevoir la consécration sacerdotale du cardinal M» Son grand respect pour Tautorité du saint-siége lui faisait en qur* sorte redouter l'approche de l'administrateur nommé du diocèse de P:-

de-piétë; M. Poujoulat ; le comte delà fiouillerie^évèquede Carcassonne; Vabbé de Roquefeuil, vicaire de Sainl-Rocfa; l'abbé Hurel, Tun des éloquents orateurs delà Maddeiae, le vicomte d'Ârlincourt ; le vicomte Walsh , auteur des Lettres vendéennes ; M. Tézard ; le comte de Falloux ; H. de Beaufort d'Hautpoul, qui commanda l'expédition de Syrie; les comtesses César Berthier et Paul Berthier ; le marquis de Villeneuve; madame Paul Périer; M. et madame Pitat: la chanoinesse d'Espinola ; la marquise de Barbantaue; k pianiste Dargenton ; M. et madame de Chabert ; le marqui? de Bellissens; la comtesse de Mauléon; M. Camille Robin; k comte deGabriac; madame Taiteau;!M. etmesdamesPognoL madame de l'Étang ; madame Stuarl ; M. et madaim Schlessinger; M. Gisquet, ancien préfet de police ; le peintn. Chouitre; M. et madame La ngdale ; M. Impey ; M. Masson mesdemoiselles Masson ; miss Clarck ; MM. Albert ' Edouard de Traz ; le baron Pierrelot ; M. et madame Eme^ Chabrier; M. Froidure ; madameGould ; madame Andryaik M. et madame Delchet;M. etmadamedeSancy ; leban^ Molitor; M. Troyerd'Aufkirchen ; M. et madame Gérar: le vicomte de la Noue ; madame Pouyer ; le baron Cuvier M. et madame ChoUet; madame Getting; M. G. Bords madame Pesson; mesdames de S. Bresson; le oom" A. Berthier, officier aux guides; M. Andryane, com, gnondeSilvioPelIico; M. Maurice Pouyer, officier de nu rine ; M. et madame Schmid, M. et madame Vallée ; M. i Saint-Cricq; MM. Charles et Théodore Robin ; M. et ^4 dame Cluzeret ; la comtesse de Mesnard ; le marquis • 1 1 marquise de Conegliano; la marquise de Lagrange; r^ damesCominet etVatebIed;JiI. Alex, llahn; M. Gailla^ij M. Guy; M. Lecoulurier; madame Bretonville; M. et 4 dame de Béhaine ; M. et madame Aug. Chevallier, et* Outre le village de Royaumont construit avec les d de la basilique abbatiale, on éleva, pendant la res^ tion et sous Louis-Philippe, différents pavillons où.

71 ! HISTOIRE DE RÔYADMONT.

leurs fils, sous la houlette de cet abbé, si sympathique aux jeunes natures.

Là, vers 1813-14-15, se trouve le point ded^rtde ce qui se dénouera en 1864, parce qu'il y avait là un feu qui demandera à brûler, une force qui demandera à se développer, une concentration ou un groupe d'hommes ardents et dévoués qui auront besoin de s'étendre d de se dilater. Royaumont, Aix, Marseille, se tendrontlamain. l'abbaye de saint Louis renaîtra de cet embrasseraent.Vne œuvre était fo/idée ; elle appelait des bras ; il fallait se multiplier en ouvriers ; voilà les origines de la société àes oblats; et quand la double évolution qui commençait à L fin du premier empire, l'une au nord, l'autre au midi, par M. Joseph Yander Mersch et par M. de Mazenod, arriver: à son terme, ce sera la renaissance de l'abbaye. Ainsi deax généraux chargés de deux corps d'armée combinent lea^ plans et mouvements stratégiques d'après le plan du général en chef, suivent un itinéraire différent^ mais srendent cependant par des lignes convergentes vers u' théâtre commun et central d'action. Le rendez-vous Mail Royaumont; après un intervalle de cinquante ans, if général en chef, s'il est permis d'accepter celle termicir logie, s'appelait la Providence. La victoire sera la remix de l'abbaye, selon le plan primitif de saint Louis. Mais k point de départ était d'un côté, une ville de la Flanb occidentale, Menin ; et de l'autre, la ville d*Âix et le loc. I de l'ancien monastère des carmélites, situé à Textrémi'. du Cours, à Aix, et acquis par M. de Mazenod en vue > son œuvre.

Chacun a son idéal; M. de Mazenod soupirait après u' association d'ecclésiastiques zélés, d'undésintëressemi* à toute épreuve, solidement vertueut, sentant en h% poitrine la flamme apostolique, le désir de s'occupa* ^ salut des âmes ; il voulait remédier aux maux que > pays natal avait éprouvés sous le rapport spirituel dcf (

692 HISTOIRE DE ROYÂUMOMT.

nuage de tourbillon profane. Le contraire arriva. On raconte, il est vrai, que l'un des propriétaires de Rojaamont recevait, du temps de Louis-Philippe, la fleur de raristocraiie, de la diplomatie, des lettres et des arts*, qu'il donnait des fêtes splendides et faisait jouer la comédie dans des locaux de Fabbaye que l'on mettait à sa disposition, mais cependant, jamais dans d'anciennes chapelles ou lieux saints, comme l'imprimèrent quelques feuilletonnistes maladroits, qui blessèrent fort les scrupules religieux du noble propriétaire. Il est certain toutefois qu'il y eut un local où l'on fit un peu d'architecture et qui devint un théâtre proprement dit ; il était situé à côté (k

et les toilettes de la capitale ; rurale, mais alliant à la simplicité de la csji>pagne les ressources qu'ont naturellement avec elles des personnes Gultivr«« distinguées et Caçonnées à tout ce qui est raisonnable et vrai dans la cti> lisation ; cette vie de famille fabaît, des six mois de Tîliégiature passée j hoyaumont pendant l'intérim entre les moines d'autrefois et les noaves-.i religieux, une vie parfaitement originale, et d'un charme dont il est ifpossible de donner l'idée, parce qu'il n'existe aucun terme, aucune analof . pour établir une comparaison.

On distinguait encore, à la suite descottaget habités par les familles Trc>3 " de la Noue, les villas ou cottages occupés par les familles Schmtd. Dek^ Froidure ; ainsi que les cottages du directeur général du mant-de-pÎM 6e fr ris , N. Ledieu, ceux aussi du peintre Schlesslnger, de M. Charies taiid^ Ncrscb, de sa fille, et de la famille de H. Paul Périer. On ne pouirait désî^ ces habitations du nom de cottage, si ce mot anglais ne représentait p« t3u( & la fois une résidence où Ton allie le côté poétique de l'existence agrr>' et toutes les élégances avec les ressources matérielles qu'offrent les liab;^ tions urbaines. Royaumont n'était pas un séjour ressemblant à celu: •) elablissemenls' de bains de mer ou d'eaux thermales, parce qu'il n'a^z pas les assuiettisscments et la servitude qu'imposent les convenances i-^ vie en commun; la vie do Royaumont n'était pas la vie publique; chaç. famille, franchissant le seuil de son habitation, n'avait à traverser ni r ni grande route, ni bourg, ni village; on était immédiatement ai p'.^ forêt. Et cependant, bien loin que Royaumont fût l'isolement et le d«^ chaque famille, tout en conservant une liberté entière, avec l'indépendaoï.-*' la vie solitaire, trouvait, quand elle voulait, la compagnie et la axr Situation unique et incomparable, où la présence de plusieurs perse caj ayant de l'esprit et de l'usage, apportait, au milieu des bois, tous les a tages de la civilisation, sans détruire le doux agrément de la vie dr ~ ' pagne, et sans nuire au religieux repos d'un séjour consacré par saint t^^^

' Il n y A aucune indiscriHion à livrer à la publicité une lettre, dat«« i Royaumont [ISift ou 45), le i5 septembre; la veuve si spirituelle du irev comte G. B., ancien gouverneur de Naples, sous le premier empire, l ■ sœur du maréchal B., prince de W., traçait, dans une lettre, un

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