LIVRE TREIZIÈME. ' S
des ressources temporelles de l'abbaye de Royaumont, après cinq cents ans de \icissttudes.
C'est on d702, que, pour des causes diverses, on sentit la née* ssité d'établir une séparation nettement acccuséc quant ù la siluation temporelle de l'abbaye, entre l'abbé et les moines. Tandis que « très^haut et très-puissant prmee d messire François - Armand de Lorraine était Tabbé commendalaire, le 11. P. dom Benoit Uiou, prieur deFabbavc, dom 1 rédéric Brusic, dom Jean Duru, dom Robert Simon, dom Thomas Fournicr, dom Octave Leroy, procureur de l'abbaye, dom Albéric Roguet, frère Antoine- Benoit CoUart, frère Louis Fauconnet et frère Etienne- François Vannier, formaient la plus ^^rande partie de la communauté. Ils s'assemblèrent capiliilaireiueat au son de la cloche pour traiter de leurs alïaires temporelles en la manière accoutumée, lis constituèrent un fondé de pouvoir, pour assister en leur nom, comme témoin du partage qui devait être fait, des biens et des revenus temporels de Tabbaye de Royaumont, entre les religieux d'une part, et d'autre part l'abbé commendataire ; ils désignèrent, pour cet oitice, le sieur Nicolas Kcgnard, procureur au bailliage et au siège présidial de Sentis. On était convenu avec l'abbè de Lorraine, que le partage se ferait devant M. le lieutenant général de Senlis. Les religieux devaient prendre un des lots pour leur nianse conventuelle *; ils devaient prendre aussi des tonds sultisants tirés des lots échus au seigneur abbé, pour l'acquittement de toutes les charges claustrales et pour la réparation des lieux et endroits réguliers de Tabbaye.
Le ôl octobre 1702, les reliLncux de Rovauinoiit déclarèrent leur assentiment pour le partage, et les accords consentis pour y procéder, par-devant le notaire royal. La procuration fut signée par le prieur dom fi. Riou,
* Oïl peut laiic dérivér le mot iitense, ou de meitsa, en hiliii, tal»le, en- Irelien; ou bien, tic cet auUe mot luun, inansU), demeure, siluaiiun.
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et les autres rdigieux ci-dessus nommés, auxquels on adjoignit Antoine Yinoy, de la Haye et Thibaut. L'abbé Armand de Lorraine donna pour le même effet sa procura-
tion. Les bit;ns, domaines et revenus de Uoy;uimont devaient être divisés en trois lots égaux : un lui pour 1 abbé coinniendatairej un lot pour les religieux ; un troisième lot devait demeurer affecté aux charges ordinaires et extraordinaires. Un arrêt du grand conseil du roi, du 31 août 1702, avait autorisé ce partage, dont voici le résultat.
Ce partage, qui nécessita l'estimation générale de l'universalité des biens , nous donne l'état des richesses de cette puissante abbaye à la fin du dix-septième siècle ;
elle comprenait : i« la terre et seigneurie de Royaumoht cuiisislant en haute, moyenne et basse justice, plusieurs bùiiaicnts, basses-cours, 177 arpents de terre labourable, 140 arpents de pré, d'auti*es terres plantées d'épines et de buissons et qui étaient estimés valoir, par an, 3,650 livres ; — 2* le moulin de Royaumonl, près Tabbaye, avec ses dépendances, 2 ai ponts de pt éet 7 arpents de terre labourable, qui représentait, par an, 650 livres î — 5" le moulin de Giez, plus considérable, avec haute, moyenne et basse justice; il était estimé 850 livres par an; — 4* la seigneurie d*Asnières, comprenant 110 arpents de terre, li;i{ini('!Lts , jardins, renies seigneuriales , gretïe , deux pressons* et la ferme de la Brielte, était estimée valoir, par an, 2,780 livres ; — 5" le fief et la ferme de Royaumonl, située au village du Lys, donnait, avec ses rentes seigneuriales et foncières, 620 livres annuellement; —
* Tout seigneur avait le droit de bâtir un four, un moulin, un pressoir, et d'obliger tous ses vassaux et serls à s'en servir exclnpiveinciit et à lui payer une certaine somme, toutes les fois qu'ils s'en servaient. Ce four, ce moulin, ce pi^eifsoir, étaient banaux (ainsi nommés du mot ban, ou publication avec ii^onction de quelque peine ou amende] parce que tous les vn>:snnx y nllaient. et qti'ils ne pouvaient moudre leur blé, cuire leur pâto et faire leur vin, (|u'au moulin, au four, et au i)i e.s^t)ir de l(>ui- seif^neur, La banalité des fours, des moulins et des pressoirs existait encore; d;ms plu-