LIVRE TREIZIÈME
sera nécessairement partie cointéressée, mais il ne se mêlera jamais désormais, d'une manière directe, du spirituel de l'abbaye. En septembre 1717, l'église et la
fabrique de Saint-Remi d'Asnières firent, en présence de M. Edme Félix, procureur fiscal d'Asnières et de Royaumont, une déclaration pour des rentes à payer à l'abbaye à l'occasion de diverses terres; l'abbé et les religieux de Royaumont durent y être représentés, La déclaration fut faite par M. Philippe le Normant, curé d'Asnières à cette époque, et par Jacques David, premier marguillier de la paroisse d'Asnières. On retrouve, dans la inéme année il il et le même mois, l'abbé Armand de Lorraine, qui aimait, à ce qu'il parait, les affaires, souscrivant encore un échange avec l'église et la fabrique d*Âsnières ; il se rencontrait avec les moines, parccquc des intérêts coniiiuuis étaient en*;agés. L'acte fut passé à Royaumont en présence de Jacques Thibaut, notaire royal au bailliage de Sentis : Mgr de Lorraine, abbé commendataire, était présent, avec les révérends pères dom Octave Le Roy, prieur de l'abbaye royale de Royaumont, dom Renoist Collart, souspi ieur, dom Jean Jaladon, dom Jean Duru, dom Thomas Fournier, dom Jacques Drecclie, dom Augustin Mossu, dom Nicolas Lambeiin, procureur, dom Pierre Ganonne, dom Louis Merlier, frère Louis Yaudrou, tous prêtres et religieux assemblés capîtulairement au son de la cloche, selon la coutume : naturellement furent coM\(K|ués aussi messire Philippe Lenormant , curé d'Asnières , Jacques David, premier marguillier, Nicolas le-Yiu-le-Jeune, pa- * roissien d*Asniéres^
On regrette l'emploi des dix dernières années de la vie de François-Armand de Lorraiiie. Combien ses lacultés et
* Carlulaire de Royaumont, t. I, p. 58i$. Nous avons cité le pei^sonnelde
l'abbaye, en i'annôc 1 702 et en l'année 1712 : citons, entrn ces doux t'poqiies, le pei-sonnel de I année 1708; on pourra avoir l'idée du mouvement tle ce personnel, tous les cinq, six ans.
Etaient k l'abbaye de Hoyaiimont (étroite observance), en 1708: dom Jean-
m HISTOIRE DB R0YAU1I0NT.
sa vigueur d'action, s'il les eût rùservées, sinoa Idirectement aux aiïaires spirituelles de Royaumoiit, du moins à la préoccupation de l'honneur d'une abbaye dont il était le commendataîre, eussent pu être utiles ! Deux éléments transformaient la société ; cela est visible pendant le dixhiiilièrne siècle; il n'y a qu'à voir le travail des idées et les faits, et dans ces deux éléments, il est difficile de distinguer ce qui est cause, ce qui est effet ; les laits sont souvent la suite des idées, et à leur tour les faits publics ou les mœurs réagissent ou ciéent les nouvelles idées de chaque épotjue. De plus, une é(joque n'est pas seule responsable des événements et des transformations qui s'accomplissent en elle ; il est juste d'y démêler aussi la trace et le retentissement de l'époque qui a pi*écédé immédiatement.
Les grandes lôtes du mouvement philosopliique, Voltaire, liousseau, Diderot, d'Âiemijert apparaissaient ou allaient apparaître sur la scène ; ceux-là tiendront la plume, mais d*autre part le Régent, Louis XV, le cardinal Dubois, le duc d* Aiguillon, le duc de Gboiseul, le maréchal
Uu h' lieu et tant d'autres offriront le spectacle de la dégradation des pouvoirs politiques ; et la noblesse de la cour donnera l'exemple de toutes les immoralités. Puis enfin il suftira que, dans l'un ou Tautre monastère, le relâchement prenne des proportions regrettables pour que tout l'ordre des cisterciens, et Royauuioiit en pai ticulier, doi\c assumer sur lui urie [)urt de l'odieux et ilii discrédit qui en résultera. L'abbé de Royaumont ne servira à rien pour retarder l'impopularité toujours croissante de l'institut monastique.
L'abbé de Royaumont devint évéque de Baveux à Pâge de
Benoit Rioti, prieur; — dom Denis Gochart; — dom Albéric Cesbi*on; — (loin Uobert Arnoult-Simon ; — dom Oclave Leroy, procureur; — dom Jacques Uecellez; — doui l'ierre Lebour; — dora Augustin Mossu ; — dom ^icolas Lambellin, prêtres— Trère Antoine Lcbom ; — fréreGuillaumeDiirlois; fi^ère Louis Frariconnel; — Tfëre Êtienne Vannier, — tous religieux profës.