‹ Histoire de RoyaumontChapitre 183 sur 263 · LIVRE QUATORZIÈMË · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈMË

coin de la place et de la rue Tavelle*. C*cst ainsi que

l avant-dernier abbé de Royinimont fut récompensé dans sa tombe, d'avoir accueilli si généreusement, en 1755, les inondés de la Loire et du Cher, et de s'ôlre montré en toutes circonstances, à Cambrai comme à Tours, très-zélé pour les œuvres' de charité, pour l'éducation de la jeunesse, pour le culte divin et pour la régénération du clergé, Heurensemcnt, les révoluliomiaires d'Asnièrcs et de Viarmcs ne furent point de cette force-là, et le crime dont les sauvages détails viennent d'êtra retracés ne fut point perpétré sous le ciel de Royaumont*.

Cependant, il paraîtrait que les tristes lauriers 0e quelques héros des localités voisines troublèrent le sommeil de nos habilauls d'Asuicres-sur-Oise ; et l'esprit d'imitation gagna peu à peu la cité jadis aimée do Louis YIII, de saint Louis et de lUanche de Castille. Compiègne avec sa Société des Amàs de la Comtitutiùn^ aflQliée aux Jacobins de Paris, et qui s'appela, en septembre 1792, la Soctété des Amis de la République^ donna des exemples d'une extravagance bizarre; cette ville offrit des fûtes aucitoyen Massieu, ancien curé de Ser<rv, nommé par le bailliage de Senlis député aux étals généraux, devenu ensuite évôque constitutionnel du département de TOise, et qui vota la mort de Louis XVI en disant : «Je croirais manquer à la justice, si par mon suffrage, je contribuais à prolonger l'existence du plus cruel ennemi de la justice, des lois, de rimmanité; en conséquence, je vote la mort^. » Les femmes de Compiègne, admises à siéger eu

* Quelques souvenirs du rèqne de la Terreur à Camùrait par l'abbô Théaard, chanoine honoraire de Cambrai, p. 99.

* On possède, soit k Farchevéché de Tours, soft dans la galerie des archevêques de Cambrai, dans le palais archiépiscopal de cette ville, de beaux portraits de ^gt de Fleuri, dans lesquels se reflète cette nature distin^ée et vertueuse.

* Jem-Bapliste Massieu résigna ses fonctions en 1793, et épousa la fille dn maire de Gîvet. Il mourut à Bruxelles, en lSt6, dans un état wlsîn de la misère.

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petits bonnets rouges, aux séances de la société des Amis de la République^ recevaient Taffront d'entendre à la séance du 31 octobre 4795, une de leurs compagnes, une citoyenne dans le style du tentips, portant iiuc muliou pliis qu'indécente sur des lèvres de femme mariée ou non mariée, à l'occasion des bonnes nouvelles reçues des frontières du nord et de l'évacuation de Yalenciennes par l'ennemi. Gompiégne s*était également montrée absurde au sujet de Marat, pour lequel on se prît d*un beau feu. A la moi l de Mai al, il y eut des processions en son honneur, on porta ^on buste eu triomphe, enfin, on proposa de donner à la commune de Ccmipiègne le nom de Marat-sur-Oise^. Est-ce qu'il n'y avait pas un idéal plus pur pour la démocratie?

D'autres scènes d'un autre caractère avaient eu lieu à

Chanlillyplns voisin de Royaumont. Tandis qu'une grande partie de la pupulalion restait aftachée aux princes de Condé et respectait leurs belles possessions, on avait, en 1792, remarqué une grande agitation de la part du club des Jacobins, à la tète duquel se trouvait le curé qui était constitutionnel. On venait de recevoir, après la journée du 10 août 1792, Tordre d'ôter toutes les armoiries des princes, ainsi quela statue du connétable. Le 14 août, se répandit sourdement le bruit que l'armée marseillaise devait arriver de Paris le lendemain, sans doute pour détruire ce beau lieu . Effectivement, le i 5 à trois heures du matin, grand fracas par les cavaliers de la maréchaussée, courant au grand galop pour annoncer que les Marseillais arrivaient. La marche de celte troupe en route étaitelle majestueuse ? Un contemporain raconte que ces étranges contempteurs de la résidence des Condé s'arrêtaient à boire dans tous les lieux. Mais slis s'étaient contentés d'apaiser leur soif et de faire des stations à

* Compictjne et Mural, fi\i-iuent liistoriquc, par U. Âl. Sorel, avocat à la cour iiiipérialo de l\nris. Ucauvais, 1865.

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