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où rherbe passait à travers les pierres disjointes. Adam Lux, ce délégué des révolutionnaires de Mayence
^ venu à Paris pour concerter les mouvements de PAUemagne avec ceux de la France, saisi tout à coup d'un amour enthousiaste pour une héroïne du meurtre ne pouvait s'arracher du tribunal où Ton décidait la condamnation capitale de celle*ci ; il s'élevait sur la pointe des pieds pour mieux apercevoir Faccusée; il tenait les yeux attaches sur elle comme un fantôme immobile ; ctCharlolte Corday comprit « au jnoment d'abandonner la terre, qu'une âme s'allactiait à la sienne, et qu'au milieu de la foule indifférente ou ennemie, elle avait un ami inconnu.» La reine Uorterise fut l'Adam Lux des derniers jours de l'abbaye. Tandis que les nouveaux habitants séculiers qui avaient improvisé leur dem(;ure dans les cloîtres, avaient pris leur parti du renversement du monastère, llorlense, dans l'expansion d'une ame oppressée d'émotions, s'abandonnait à ses compassions tendres. L'ouvrage mutilé dé Blanche de Castille et de saint Loi^is, s'il avait eu une âme, aurait senti une autre âme enthousiaste, aimante et douloureuse, qui protestait contre les destructions.
Si la dernière heure de HoyauMiont était venue, il était de Téquité de l'histoire de dégager, comme on l'a déjà fait précédemment, les responsabilités, et de reconnaître que l'abba^c de saint Louis fut enveloppée dans la solida* rité du désastre commun, au lieu d'attribuer le désastre à des méfaits particuliers à Royaumont. L'honneur primitif de cette grande communauté, doit-uii dire avec une vigoureuse intelligence de ce siècle, était resté intact ; les éclipses elles fautes ne furent qu'individuelles et tenaient . non à l'instilution, mais à la violation des régies et au déclin deTesprit originel. Royaumont eut jusqu'au dernier jouF) un certain nombre d'âmes pieuses, d'existences régu*
* On connaît la désignat ion do CliarloUc Corday, par Lamartine : € l'ange de l'assassinat, » mot que l'écrivaiu explique.