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friche. M. Joseph \iUKler Mersch avait été l'aide de camp de ce gc^néral, Func des gloires de la Belgique, qui, par des actions d'éclat réitérées, avait acquis le grade de colonel de cavalerie à vingl-deux ans. L'ex-préfei Soult, connaissant à la fois la famille de Travannel et rétablisse* ment de Royauroont qui ne fonctionnait plus, Pavait donc proposé vei s la lin ilv 1814 à Thonorahlc M. Joseph Va nder Mersch* avec tant d instance ,^ que celui-ci finit par eu faire l'acquisition % et vint s'y fixer aux derniers jours de 1815,' avec environ 300 ouvriers flamands des en* virons de Menin. Le nouvel acquéreur ajouta à la iilaturede coton et au lissage une blanchisserie d'étoffes de coton ; c'est pourquoi io vieux conventionnel Dulaure, dans son Histoire de Paris et de ses enviroti.s, publiée dans un esprit de parti fort étroit, écrivait en 1821, une notice sommaire de Royaumont, dans laquelle il vantait, le nouvel étal florissant de l'antique abbaye sous le rap** port industriel. Quant à une émotion et à un regret poui" le Uuyauiiiont de saint Louis, Dulaure s'en abstenait par haine envers le royalisme.
« A deux lieues vers* le sud-ouest de Chantilly, était autrefois, dit-il, la célèbre abbaye de Royaumont, fondée par saint Louis vers Tan 4^7 ou 1230. Depuis la révolution, Fabbavcdc lIovaLiinont l'ut vendue, les vastes bâtimenls de la iii;iisun conventuelle furent convertis en une • superbe filature colon, fabrique de tissus, une blan* cbissèrie et dépendances ; l'église fut démolie, et ses matériaux servirent à bâtir un petit village, dont toutes les maisons se trouvent renfermées dans Tancien enclos des
* M. Joseph Vander Merscli avait obtenu de renii)ereur Napoléon ï*' une lice!icc, à prii piV's iiniqti*'. jmur l'inlroductioif. ou France, des cotons fdés anglais, d une linesse deteriiiiiioc telle, qu'on ne pouvait pus la produire un France, du moins à cette époque (colon filé au-dessus du numât> iOOt*
• Ccstmadauv l;i vicoiuft de Travaiuiet qui vendit Royaumont, en 1815» « M. Vander Mei.sch. C( [iendant, elle ne vendit pas la tolalitr au iiiotMent inéniei des terres fui'cnt vendues à M. Fronient-Mcuricc, vers lb25, après le mariage de madame longchamp, fille de la vicomtesse. <
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moines, et traversées par une petite rivière, qui, près dé ]à, se jette dans TOisc.
a I/clablIsscmeiit fondé à Royaumont est l un des plus considérables de la France, dans son genre; le village compte une population de plus de 400 habilauts^ »
Mais voici venir la deuxième période de Royaumont au dix*neuvième siècle, et bien qu'aucune voix ne fasse entendre une parole d'espérance surFabbaye de saint Louis, bien qu'aucun Tosli ne prophétise la résurrection bernardine*, la période des Vander Mersch donnera cependanf quelques faibles gages pour le retour des moines du bon vieux temps. Royaumont sera encore livré à l'industrie des hommes ; mais on fera, sans en avoir conscience, la liquidation matérielle et morale des droits anciens et nouveaux; on préparera, par des transactions devenues nécessaires pour des économistes et des financiers, le chemin de retour au vieux Royaumont; il faudra que ces belles décorations de pierre, ces salles capitulaires, ces réfectoires gothiques, ces cellules^ ces cloitres du treizième siècle servent encore à abriter des foyers d'instruction et des asiles de sainteté.
IL Période des Vander Mersch,
La situation provisoire del'abbavede Rovaumont allait entrer dans une nouvelle phase ; et c'est ici le lieu de sui- .vre avec détail deux évolutions parallèles et simultanées d^évènements. Tune au nord, Tautre au midi, parce que
* Biti. 4e Parit et ie$ emnrmu, p. 181. édît. de 1853.
* « Croyez-moi, écrirait le T. Tosli, moine du Mont-Cassin, en 1881, à M. Danticr, la suppression est quelquefois un remède violent qui rend la vie à yne congrégation religieuse, et les membres vicies que l'on relranclie à ce corps alangui et souffrant, le font i^naiirc plus tard avec une nouvelle vigueur . Le monachisme est né de Dieu, et c'est Dieu seul qtU peut lui rendre In vio. J'ai Tcspoir que, si nous sommes coupés» retranchés de rarbre . bénédictin, nous renaîtrons un jour. »
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Ton saisira mieux la connexité des choses dans leurs rapports futurs av{^c Tœuvre de reconstruction de l'établissement de saint Louis d'après ses |»reinièros hases. Deux figures doivent «^tre crayonnées, celle de Mgr Mazenod et , celle do M. Joseph Vander Mersch. Il esl indifférent de commencer par la Provence pour aboutir à la Flandre française, quoique dans Tordre des temps, le Nord ait précédé la Provence; il n'y a qu'à laisser les faits s'enchevélrer dans leur* (iévcioppcment naturel. On peut seulement constater dès le débutque des deux restaurateurs futurs de Royaumont, Tun participa sinon dogmatiquement, du moins en pratique, à l'esprit sceptique de son temps, et que l'autre offrira le type de ces hommes à grande foi, comme on en rencontrait dans la France ancienne.
On pouvait voir, le 5 juin 1 860, à l'église de la Madeleine h Paris, un évéque vénérable, bénis^nt le mariage d un prince de Polignac avec mademouelle Mirés ^ Ce prélat se nommait MgrdeMazenod, cvôque de Marseille. C'était un homme d'une hanle taille de près de h pieds 10 pouces, et dans les convenables proportions de sa riche stature. U portait le pallium que lui donna notre saint-père le pape Pie IX, en i851, en considération de ses belles et nom* breuses œuvres. Ses yeux, d'une légère teinte bleue, dans lesquels on eù( dit que se rellétait le beau ciel de Provence, niais inclinant un peu sur le brun, exprimaient luiit ce qu'il y avait de palernilé, de dévouement el de bonté dans cette nature d'élite. Mgr de Mazenod, qui, de manières avait excellemment ce qui distingue le grand seigneur, n*cn était pas moins d*une simplicité exquise; vieillard d'une
* Les registres des mariages de IV^^lise de hi Madeleine renferment l'acte • dti mariage du r> juin 1S60. entre M. Al[)honsc-Armand-Charles-Georg<s- Murie, prince de Polignac, fiis de défunt Augustc-Jules-Armaiid-Muiie, prince et duc de Polignac et de MariarCharlolle Parkyns; et leanne-Èmilie Miré», flile d'Isaac Mirés et de Jeonne-Jttlic-Clarisse'Uflairgcrie.
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infinie douceur, ii aimait à caresser les petits enfants.
On a de lui un buste en marbre blanc, d'un assez bon sculpteur de Nice, qui a rendu le profil de Mgr de Mazenod avec une remarquable ressemblance ; on a également un portrait peint ^ en 185^i, mais qui en rendant les côtés nobles de cette physionomie, n'exprime pas assez cette nuance tempérée où l'on admirait un suave mélange de dignité, de douceur et de bonté touchante.
Cet liouime, appelé accidentellemeut du fond de sa résidence méridionale à bénir un mariage parisien, était . précisément, soixante-dix années auparavant, ce jeune enfant dont on signalait Todyssèe à la fin du quatorzième livre de cette histoire, au moment où les murailles de Royaumonl s'effondraient sous la pioche des démolisseurs. C'est celui-là même qui s'en était allé, avec sa famille, traîner ses pas fugitifs de Turin à Venise, et de Inaptes à Palerme. Le voilà en i860 figurant dans uii sanctuaire de la capitale de France, et y paraissant avec UQe autorité complexe, autorité de l'âge, autorité de situation, autorité de rang hiérarchique, autorité surtout (fœuvres de dévouement, de dépense de soi pour les . autres, de fatigues contractées dans l'exercice de la charité. Mgr de Mazenod avait reçu de Dieu ce génie de l'organisation qui, venant après les destructions accomplies, s'appelle le génie de la réparation ; sa figure doucement sérieuse indiquait un homme qui avait traversé cespha^ses
* On peut voir ce buste et ce porfraU, chez les RH P.oblat?, ruedeSaint- P«^tersbour^, 40 (nncicii 20). Nous avions cru que le poi linit peint était d'un peintre, Irès-conau à Marseille, de M. i- loi eiil llahra, aui^uei ses laleuls avaient valu le titre àè peintre de h Cementim. Kous avons été informés, depuis, que celte toile est du célèbre Dassy. Ce porU ail. du reste, soulève, mal^'^i é SCS mérites, do justes ci ilicjue^. de Jkizeiiod n'avait pas l'ovale de la tigure aus^i allongé que le suppose la toile de 1852 ; elle lui donne, d'ailleurs, une sévérité, une dureté même d cxpression, que Mgr de Mazenod n'avait ni dans Tàme, ni dans les irails. Les' gravures qu'on a de lui expriment avec plus de conformité ce je ne suis quoi d'éternellement souriant qu'on aimait sur io vidage majestueux du pr<^iat.