‹ Histoire de RoyaumontChapitre 229 sur 263 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

porteur de la Société pholographique française fut reconnaissant envers Royaiiiiioiit ; il photographia, en libéral amateur, les campagnes, les ruines et l'abbaye de Royaumont; il ajoutait ainsi sa réclamation individuelle à la réclamation universelle.

Enfin, dans ces derniers temps, un aujtre ami des arts, M. Castcllino, venait ajouter, à la plaidoirie de M. Périer, la plaidoirie de son talent. Il est vrai que ses vues se sont concenlrées sur la partie moderne de Royaumont, surtout sur le palais florentin, occupé par M. Pitat . La vue de ces remarquables épreuves, d'une nettété si éblouissante et d'un art qui sait si bien choisir le point le plus convenable d^opération, fait vivement regretter que les travaux de M. Castcllino ne se soient pas tournés du côlé de la partie gothique de l'abbaye. L'antipathie pour le gothique n'a pas été la raison d'abstention de ce peintre amateur; on peut être partisan de l'art grec sans méconnaître les splendeurs architecturales du moyen âge, et H. Gastellino Fa prouvé en exécutant une vue, mais une seule, de l'intérieur de rabbaye. M. (^Mstcllino a donné une photographie du cloître de Royaumont, et cette œuvre seule suffirait pour réveiller Pengouemcnl en faveur de l'abbaye fondée par saint Louis. Malgré les mutilations que le temps ou plutôt les hommes ont infligées au cloitre de Royaumont, malgré la disparition de ses rosaces et de ses sculptures, combien néanmoins la photographie de M. Castcllino donne une haute idée de ce cloître noble et pittoresque, et de l'effet produit par ces groupes de colonnettes» par leurs chapiteaux supportant de gracieuses arcatures ogivales , par ces voûtes que soutiennent d'élégantes nervures ! Les vers du poëte reviennent inévil;il>lement à la mémoire, en lisant les pages photographiques de MM. Paul Périer et Castellino :

0 murs \ 6 créneaux ! ô tourelles I Lourds faisceaux de colonnes firèles!

702 , HISTOIRE 1)K KOïAliUUMT.

Fiers châteaux, modestes couvents!

Goitres poudreux, salles anticpies 0& gémissaient les saints cantiques !

Maison de Dieu ! manoirs des rois l Chapelles, donjons, monastères Murs Yoilés de tant de mystères \

Om, je crois, 'quand je vous contemple, Des héros entendre l'adieu , Souvent dans les débris du temple, Brille comme un rayon de Dieu •

Noble appiicaliun du talent, que devenu* pemdre ces cloîtres, aujourd'hui silencieux, ces couvents qui. sont « nés un jour d'un des plus prodigieux mouvements qui aient agité le monde^ » ces asiles de la force ancienne,

dont une fresque de Lorenzetti, au Campe Santo de Pise, représente si énergiquemcnt les ori^^ines-. Ce ne devait pas être en vain que l'art remettait sous les yeux la mousse de ces murs de notre demeure claustrale, et celte tour de Royaumont, et les arcs de ce long cloître, et ces restes de murs de la basilique, chef-d'œuvre- de Pierre de iMonlreiiil. Après répuisement de la scve preiiuère, n'y aura-t-il" point une sève nouvelle?

La réunion des sources éparses produit à la lin les grands fleuves, et le ilot des sympathies pour l'ancien Royaumont allait grossissant. Boran, qui est assis au bord de TOise, semblait des plus aptes à attirer sur rul)l)ayedc saint Louis une nouvelle pitié. Boiaii, la patrie présumée de Vincent de ïk^auvnis, l'une des gloires de Royaumont, ne pouvait rester indiiférent dans le dix-neuvième siècle au sort de Tabbaye et à la question de sa renaissance; le passé était un gage pour le pré^ sent.

Boran, l'une des constellations du ciel de Royaumont,

* Victor Hugo.

* V^i H. Charles de Kasade, sur let ùmifenSi éHlaUê,

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