LIVRE QUINZIÈME. 69d
lester qu'elles ne soient plus poétiques. On a représenta les ruines de Royauniont, avec la particularité d un clair de lune, à cause sans doute des affinités secrètes de Tastre de la nuit avec les tristesses humaines. A Melrose, les bandes intolérantes du chef des presbytériens, du célèbre Rnox, inaugurant d'une façon singulière un culte soi-disant de réforme et de liberté, ne se firent pas srrnpule d'incendier ie monument monastique qui était l une des curiosités voisines d'Edimbourg, voisines aussi du château d'Abbotsford, ancienne demeure de Walter Scott. Ce que les presbytériens détruisirent à Melrose par le feu, des Français le détruisirent à Royaumont par la mécanique. A lioyainaunt comme à Melrose, des lierres vigoureux s'étaient mêlés d'envahir des pans de muraille, avec cette différence, que l'on ne peut considérer sans être ému la vue des ruines de Royaumont, avec sa tour solitaire adossée, semble-t-ii, à Fun des murs de l'antique basilique, qui subsiste encore jusqu'à une hauteur de 40 pieds, eoinnie un le voit dans le cadre où la gravure » de V histoire de Paris circonscrit les restes de notre abbaye; ces ruines, éclairées par la lumière nocturne, sont un véritable poôme de mélancolie et de larmes ^
La photographie ne pouvait rester en arrière, et on Ta "vue à son tour populariser l'intérôl qu'inspirait l'antique abbaye de saint Louis. Ne doit-on pas norinner iei les vues photographiques de Royaumont dues à un homme qui a porté dans Tait pliotographique sa pénétrante intelligence? 11 appartenait à celui qui représenta, dans le journalisme, la Société française de photographie à Toccasion de l'Expo-
* On a, aux estampes de la Bibliothèque impériale, rue Richelieu, une lithographie de Mpecb, représentant les rmoes de Royaumoni; par de là la tour on découvre le vâlage.
Récpmmpïit, Royaumont a été plioto^i-aiiliic- par de? artist(3é: de Gouvleux, de Beaumont or de Paris. On a nue viie de Floyaumonl, par MM. Pégard-^et Thorigny. On a également pliotograpluê le château de Li Hemo Itlanche, ftitiié aux étangs de CamoWt^.
700 UlSTÛiftË DE ROYAUMONT.
sition (le 1855, de doter les amis des belles choses d'une page photographique sur Royaumont, qui fût à la hauteur d'une œuvre d'arl. Le lUsde raiicieii ministre Casimir Périer, M. Paul Périer, a payé sou tribut de regrets à l'antique séjour des moines, en produisant des vues de Royaumont d'une délicatesse exquise. C'est lui surtout^ qu'il faut « fèliciler du goût avec lequel il avait choisi les motifs de ses trop rares épreuves ^ »
M. Périer avait été chargé, en 1855, de présenter un compte rendu de TExposition universelle de photographie» et dans le travail imprimé qui parut dans le Bulletin de la Société française de phoiographic, où il parlait au nom colleclif d'une corporalion déjà puissante, il y avait telle ligne discrète qu'on put soupçonner à bon droit avoir été inspirée par les longs loisirs de la villégiature, à l'ombre des ruines de Royaumont. L'éloquent organe de la Société photographique ii^nçaise, qui était l'un des fervents habitués dé Royaumont, ne cachait pas, entre toutes les . catégories de l'art, ses sympathies et ses préférences pour l'œuvre du paysagiste, et il en dormait pour raison qu*il trouvait dans celte œuvre « un souvenir de ses promenades favorites; » il avait exposé antérieurement la puissance de la conteny>laiion de la nature, de la vue des bois et des champs pour Tapaisement et la guêrison des blessures et des tristesses de l'àme. Le littéraire rap-
* pliotographies de Hoyaumonf, prises par M. Paul Périer, représentent : — la première : la porle qui, de l église de Royaumont, coramu- • niquait'Hvee le cloitre; ~ la deuiiéme : une vue du même objet, mais un
peu plus oblique, de manière à faire voir les fragments qui restent du grand manteau ducal de Lorraine, Inqupl rncadrait le mausolée d'Henri d'IIarcourt; — la troisième; le prolil du bas côté de l'église de Uoyaumoni, contre lequel le clbitre est adossé; vue de Vesi (c6té du chœur) à Touest; — la quatrième : le bâliment où se trouvaient les cellules des moinfô (vue [lepi'otîr ; nn y voil, dans la partie touchant à l'ép'li-e. la petite fonêlre de la clianilire qu occupa saint f.ouis, ai;i>i (pic l inditat iun de i'escalier pur où les moines desccudaient de leurs dortoirs dans 1 église; — la cinquième : une vue, prise de la pièce d'eau, qui laisse voir le profil du lo* gement du prieur, etc.