‹ Histoire de RoyaumontChapitre 245 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

d'admission el d'exclusion, les obligations des sociétaires, etc.*.

L'achat de l'antique abbaye» ne comprend point le pavillon abbatial ; ce pavillon d'origine récente, construit sur le modèle d'ua palais aux pui ks de Florence, n'ayant pas été habité par les abbés de Royaumont, pas même par Tabbé de Ballivières qui Tavait fait construire, et n'ayant, conséqueroment rien d'historique, d'ailleurs d'architecture, si Ton peut dire séculière, a été aliéné pour ne pas retourner à l'abbaye ; il était parfaitement séparable de l'ensemble du * monastère, et la reconstitution du vieux Royaumont se peut faire, sans lui^ M. de ïravannet ne s'y tint pas;

* Les iiK inl res fondateurs de coUe société se distinguent en meuibreç honoraires et membres participants.

foid «Tiboid la liste des membres fondateurs honoraires, pour l'année 1805: MM. ralkbé Iiéonard, curé d'Asnières; Soye, maire d'Asniëres avant M. Pitat; Barbier, h Luzarcîies; Brolemaii, à A^nièrcs; Auguste Chevalier, ii.; Philippe Chevalier, /7,,- lo uiarf{uis de Concgliano, à Daiilon; Croix, à Yiarmes; CuUaz, ù Asnières; Debray, à Noisy; Defchet, à Royaumont; Potumier, à Asnières; Froidure, k Royaumont; Gautier, ft Bâillon; Gérard, à Roynumonl; Goujon, à Asnières; Frédéric Goux, it.; Lavau, LeMjvre de Ûebaine, t/./Lucas^à Yiarmes; Frédéric Masson, à Asnières; Maiiiin, àiioy... ; Emile Pereire, à Asnières; Pitat, à Uoy... ; Georges Imitât, H.; Tordu, à Tiarmes ; Têtard, it.; Simonnet, à Asn...; llillain, it,

Mcsdanm la inarqulsc de ConegUano, à Bâillon ; Hache, à Asnières ; Gérard, à Roy...; Jacqnin. à Raillnn ; I.afolie, à Asnières; Armand-Lefebvre, it.; Maison, tt.; h baronne Molitor, // ,• MrsnHn, à Uoy. , ; Pitat, ff.; Georges Pitat, il., Kiuiici'eiuu'C, à Asnières ; Vaiider Merscii, à Roy...

Voici la liste des membres participants :

À Asniêreg : MM. Auguste Balny, Charles Balny, Isidore Barbier, Boufflctte, Desinrdins, Destoop, Alphonse Ducollet. Pascal Ducollet, Fouquot, . ♦ Auguste Guiberl, Louis Guibcrl, liuutemuiic, Auguste licrvin, François Hervin, Honoré Ifmin, Louis Ilervin, Valéry Hudde, Désiré ffaddc, Basilique Lccosur, Ferdinand Lccœur, Jean Lefebvre, Ale\:inflre Lemaire, Lemoine, Lesueur, Mignot, Neret, Alexis Regnauli, Jean Uegnault, Zéphyr liegnault, Viart.

Ucsdames Alcxaudrine iici'vin, Joséphine llervin, Leniaire, Mignot.

A Noitff: MM, Beldon, GRgnard, Jules Goui> Carrier, Delaville, François

Gucrlin, Louis Guerlin, Magniei, Yaudre.

A Viarmes : MM. Bérard, Hriof, Depied.

A baUiou : MM. Ducbcsne, Louis Lei'ebvre, Félix Lemaire, Micr^ue. Mesdames Duehesne, Mcquc.

* Les rapports de bon voi^nsge entre les oblats et rhonoraUe M. PItet,

qui acheta, vers ISrtS, le palais florentin de Royaumont, du marquis d« Bellissens, serviront aux uns et aux autres. Une délicieuse petite chapelle,

Dlgitlzed by Goo^^Ic

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M. Vander Merscb l'occupa le premier en 1815; puis le marquis de BellissenSy en 1852; M. Pitat Ta acquis et l'habite depuis 1858.'

Le voisinage de l'ancien palais abbatial et de l'abbaye continue à produire une illusion du moyen âge, qui est pleine d'intérêt : on croit retrouver ces anciennes juxtapositions des monastères qui étaient cote, a côte avec les altières demeures des seigneurs* Royaumont conserve ainsi un cachet d'autrefois, honnis les choses que nos idées modernes repoussent : Fabbaye n'aura phis de vassaux et n'exigera plus de la Comerie 1 hommage d'une génuflexion et d'un cierge de cire blanche. Le château de M. Pilât, de son côté, n'a aucune envie de renouveler les anciennes corvées que les seigneurs imposaient Iradi* tionnellement; l'amélioration morale, religieuse et matérielle de la contrée, est la seule ambition que l'initiative individuelle puisse inspirer au châtelain de RoYaumont.

Les ohlals qui n'avaient poinl de raison pour acquérir le palais abbatial, n'en avaient point davantage pour acheter les diverses dépendances de ce palais, les champs, les terres. Ce que l'on appelait le nundm de RoyaumarU fait partie de ces dépendancces, et n'entre point dans les acquisitions des religieux. Ce poétique moulin de Royaumont est un endroit historique. Mathieu III, comte de Beaumont et seigneur de Valois, donnait en fief, à la lin du douzième siècle, à un nommé Lambert le Jongleur, un muid de blé à prendre chaque année sur le rtmlin de RojfmmmU La comtesse Êléonore sa femme consentait

cachée dans les arbres de Royaumont, sert pour les réunions paroissiales du Piaffe de Royaumont; H. le curé d'Asniéres-sur-Oise la dessert; c'est une di'pcndancp du diAtclaiii (h Royauiiionl; la dame du lieu, madame Pitat, en a le pieux entretien; elle en accorde la jouissance à la colonie parisienne qui fréquente Royaumont pendant la saison d'été; elle y met une courtoisie et une cordialité dont on Ini sait fppé. W. le curé à'Asnières, homme de talent et de zèle, y dit la sainte messe tous les dimandies cl y distribue le pain de la parole sainte, le pain de l'esprit et du CCeor, à ses paroissiens flottants comme à ses paroissiens habitués.

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 cette donation, et Ton trouve, dans la charte qui rapporte cet acte, les noms de Raoul de Piiiseaiix, Richard de liornn, Guillaume du Mesnil, liugon et Bernard Papions, qui iurcnt les témoins légaux de cette concession S en ' • Tannée lidi.

A côté du moulin du moyen âge, sur lequel les comf es de Beaumont faisaient jadis valoir leurs droits, on a

placé d'heureuses constructions modernes; de jolies • habitations s'élèvent entourées de feuillage, semées de pelouses et d'eau. Cette résidence semblait appeler pour habitant un parent de l'un des plus grands naturalistes de ce siècle*; Tart et Tindustrie y ont créé de ces suaves et modestes élégances, ôù Ton a comme un spécimen de ce génie des temps nouveaux, qui se plaît à marier les nouvelle'^ ressources de nos perfectionnements matériels, aux puissants souvenirs d'un passé poétique.

Que les oblats, au moment de l'achat de Royaumont, aient été ballottés par de longues tergiversations, voulant

et ne voulant pas, et se repentant presque le lendemain du consentement de la veille, cela se comprend ; ils se trou-

^ c Ego Hatiieus, eomos Ballimontis et domiims Valesie, assensu Alienor | coiTiiUc<o, uxoris mce. do et concedo Lamberto joculatori, ot hcredi suo, in feoduiu, unum mociimn bladi, siugulU annis, in Moliudino Coctimntis, etc. — Testes : Radulphus de Piiisex ; ^cardas de Bobrengo ; Wuillel-# mus de NesnUiaco ; llugo,cainerariua; Bernardus Papions, 1191. 9 [Cartul. de Rôyaumoni, BiblioUièqiie impériale, n* p. 103. Copie de Gaignières.)

Quant au moulin situé sur le territoire de Boran, à côté de l'Oise, il a été constniit, en 1702, par le sieur Gadifer, dont il a retenu le nom. On l'appelle aussi m.oulin du Pont-de>Thève, parce qu'il touche au pont de cette rivière sur ]r chemin de Précy à Virirmoc : on a détourné et conduit dans la cour de 1 usine le bras dit la Peltie-ïhève, doul le lit presque effacé forme la limite aéparative des départemenis de POise et de Seine^el-Oise* Après avoir appartenu à M. de Travannet, ce moulin, conservé dans l'ancien système, est devenu la propriélé de M. le marquis de Bellissens. Il marche depni'= pnndant huit mois de l'année et fabrique des farines l)iscs pour Ips populations voisines. M. Pitai, muire de lu commune, a succédé ù M. de BeUiaaens. (Ami. de PÙUf.)

s H. Cuvier, consefller d'Ëtat» sbus-gouverneur de la Banque, H. ChoUet, et leurs familiea occupent Tagreste pavillon du moulin de Hoyaumont.

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vaient de?ant un fardeau gros d'inoonnu et de difficultés pécuniaires. Hais failai^i laisser périr Royaumont, un

des plus intéressants monuments du moyen âge? L'ère indusliiclle de Royaumont était finie, M. Josepli Vander Mersch était décédé; la propriété de Pabbaye n'allait-elle pas s'éparpiller dans un morcellement indéfini? L'édifice élevé par saint Louis n'aurait-il pas fini par passer à Pétat de ruine absolue et d'hiéroglyphe, oomme les restes d'une ancienne constniction, aux étangs de (Jumiiicllc, et dont nul ne sait le passé Les oblats voulaient et ne voulaient pas; mais envoûtant, ils contribuaient à conserver un monument national, ils empêchaient de se déchirer une page giorîeuse de la France, dans un temps où Ton s'oe^ cupe partout de Thistoire particulière de nos provinces; ils sauvaient un dc6 plus nobles vestiges de ce roi, dont

' Cnmbri, visitant les étangs de Commelle, au commencement du premier empire^ ne trouvait rien de romantique et de cbampêtrc a comme le moulin établi sur les raines d'un vieux chliteau, qu'habitèrait la reine Manche et . saiDt IiOuiSr au fond de la vallée, au milieu des eaux et des bois. ■ Il se plaint qu'ayant traversé vingt fois la forêt, on ne lui ait pn<^ in Hquc ce site, o "i, au temps des chasses des vingt mille individus couvraient ks coteaux de Commelle. Mais CamU'i ne dit pas un seul mot des ruines d'un édifice ancien qu'on aperçoit non loin desélangs; 11 n'en soupçonne pas l'eiistence. Que t sont ces débris? Faut-il y voir les ruines d'une antique abbaye? Aucun archéol«\"()e n'a dirigé de ce côté ses explorations. Selon un des derniers moines de Royaumont, ce seraient là, et cela parait évident, les ruines d'un ancien monastère. Le P. Ganonne prétendait que les moines de Conunelle étaient venuspeupler l'abbaye naissante de Royaumont. Nous ne voyons pas de tradition appuyant le sentiment du P. Canonne. Si les ruines de Commelle sont colles d'un antique monastère, on doit dire que sa situation pittoresque et isolée a de Tanalogie avec celle d'Hérivaux. On veut cherdier l'orisine du nom de CommdU dans Sàint'-Cme de Lucarches. nest possible que cette origine soit vraie, mus aucun document n'y fait allusion. Il reste aujotird'hui Ao- co vieux monument de Commelle un bâtiment dont le pignon et la construction ont beaucoup de rapport avec celui du bâtiment de^ hôtes de l'abbaye de Royaumont; une vieille et pittoresque pyramide goUiique, semblable à ces tours isolées qu'on voit dans le midi, et qui renferment les cloches; une roîmste et forte porte d'entrée 5 l'est; les murs de clôture du coU' des terres arables qui forment l'arc, et dont ki rivière la Tliève et un étang forment la corde ; les fondations des murs qui dépassent encore au- « jourd'bui suffisamment le sol pour permettre de relever le plan linâiîre d'un édifice qui semblerait celui d'une église, ainsi que d'autres constructions. On peut consulter ce que nous disons de Commelle dans i'introduetkm.

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pas une aetion, pas unepensée^ durant un règne de quarante-quatre ans, n'eut d'autre objet que le bien de ses

sujets. On a dit que le réunie de saiiil Louis, Irasà sur le respect du droit, laissa les traces les plus pruibndes daii^ notre pays el dans tout le monde chrétien, et qu'au moment même où il préparait et rendait inévitables les changements 8ociau\ et politiques qui fondèrent la société moderne, ses vertus sacraient aux yeux des hommes la royauté ijui devait être l'instrument de celte ^longue révolution. On a ajouté que si les princes comme saint Louis vivaiciil asseï pour accomplir eujL-mêmes jusqu'au bout les réformes qu'ils ne peuvent qu'entamer dans Tcspace d'une vie ordînaire, abrs on ne sentirait plus que les bienfoits des révolutions, ou plutôt la révolution ne serait plus; elle s'appellerait le progrés qui, suivant un coin s rét(ulîer et paisible, no serait qu un continuel soulagement des peuples \ On s'explique, devant cet état de choses, que l'attrait de la mémoire de saint Louis ait décidé le contrat de 1864*

Fallait-il aussi laisser tomber en poussière unedemeure consacrée pai i uu de^ plus étonnants représentants delà science au treizième siècle? louvet el Tremblay, dit un docte archéologue ^ l'ont naitro Vincent de Beauvais à Boran-sur-Oise; tout porte à croire en effet qu'il naquit aux environs de Beauvais, dans celte limite de la Picardie * et de l'Ile-de-France. « Ce (jue l'on sait de positif, parce qu'il le dit lui-niénio, c'est qu'il a été toute sa vie religieux (le l'ordre de Saint-Dominique, d'abord dans le couvent des jacobins de Beauvais, puis dans Tabbaye de Royau- , mont, j» Les oblats ne devaient-ils rien à ce penseur profond, & ce théologien de Royaumont à l'auteur de cette

* Uist. de saint I^uis, t. IF, p. C70. Nous n'avons pas à nous prononcer sur Icâ opiniouà polilique», philosophiques, religieuses exprimées par rbistorieii M. Faure sur des questions de détail.

' Notice lue à un comité archéologique.

> Le Dkthnmire mit/clopééiqHe Ue la théologie eaihoUque (Uraduit de

HISTOUU^ DE iiOVAUMO.M.

encyclopédie du Ireizièmesiécle^quicont'ondl'espritquand on songe qu'elle fut rédigée il y a six cents ans ; à celui qui adressa a la reine Marguerite de Provence, femme de

saint Louis, celte lettre célèbre, coiiiuiençant par ces paroles : ù A très-révércnle et très-discrète Madame Marguerite par la grâce de Dieu, royne de Krance, frère Vincent de l'ordre des Prescheurs, liseur dû couvent de'Roialmont^?»

Lorsque les (bits ont une haute importance, Phistoire

ne saurait négliger aucun document pour découvrir la raison de ces laits, leui' explicalion proijalile. Un dépôt dontlesoblat s étaient possesseurs depuis 1855 environ, ne répandrait-il pas de la lumière sur la transaction et Facquisitionde i864?Pour expliquer ce dépôt, on doit remonter au treizième siècle.

On se souvient de la scène si patliétique, en face de la mer de Carthage, h la fin du mois d'août 1270, lorsque la France perdit saint Louis. Isabelle d'Aragon, Âmicie d'Artois, la reine de Navarre) la comtesse de Poitiers, leurs nobles époux, et Pierre d'Alençon, et les barons, et toute Parmëe, étaient en deuil; la simple description de cette agonie, de celte mort et des siiMimes douleurs auxquelles elle donna lieu, a inspire un chef-d'œuvre à Fauteur poétique du Génie du christianisme. Cependant, il fallut se séparer du corps du saint roi, qui était étendu sur la cendre. Les chirurgiens, disent Geoffr oy de Beaulieu et Guillaume de Mangis, d'après les ordres du comte

l'allemand)» dit que « saint Louis fit venir Vincent de Beauvais dans sa résidence favorite du châleau de Royaumont. » Ce fut à Royaumont quecet hôte et ami de la famille royale acquit l'immense érudition qui éclate dans ses

livres et qui lui valut une place dans l'hislo're; car il conserva el transmit à la postérité le nom et des extraits déplus de 4r>o nul cuis païens, arabes et chrétiens, et de plus de 2,000 ouvrrges en partie perdus, depuis lors.

* Le P. Alexandre, auteur d'une Histoire eoclésbstique, écrivait, le 15 mai 1C93, à Etienne de Nully, qu'il avait dans sa bibliothèque le manuscrit de VÉducaîion des princes, d'un siècle après rauteUTi et qu'en tète était la leUre à la reine Mai gucnte de Provence.

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