LIVRE QUINZfftNE
(le Tours; de Mazcnod, évêque de Marseille et fondateur de la congrégation des oblats de Marie; et par Mgr Mabile, évéque de Versailles* Tous ces vénérés prélats ont donné en preuve leurs lettres testimoniales. ,
« Les pères oblats à qui est confiée la garde de ces reliques, les regardent avec raison comme le plus riche trésor de leur nouvelle résidence et le gage de la protection du saint roi, dans l'œuvre de restauration à laquelle ils se sont dévoués. £t, dans celte pensée de foi, ils n'ont voulu entrer dans cette abbaye, qu'en sa compagnie, et * comme sous sa conduite.
« Ce fut un Imaujour pour raïUique lîioriaslrro et pour toute la contrée environnante, que celui de la translation de ces saintes reliques, au 25 aoûtl8G5, jour où TÉglise célèbre la fête de saint Louis. Après six siècles d'absence» il venait revoir ces lieux qui lui avaient été si chers et qui avaient gardé de lui un si vivant souvenir. Il était temps, car la dernière heure de la célèbre abba^jc allait sonner, elle allait voir tomber, sous le marteau démolisseur, ses dernières pierres échappées aux dévastations sacrilèges de 1795. Mais saint Louis veillait du haut du ciel sur ces restes vénérés, et un concours de circonstances providentielles ménagées par lui sans doute, venait d'arrêter l'œuvre de destruction au mouicni où elle allait être consommée sans retour.
« En cerméme jour du 25 août 1865, qui fera désormais époque dans les annales de labbaye, le supérieur général des oblats et quelques prêtres de cette congré« gation, arrivaient à la suilo du saint roi, escortant ses précieuses reliques et reprenant [lossession, comme en son nom et pour son compte, de ce séjour de sa prédilection.
« Que de sentiments divers se pressaient en leurs âmes sur ce théâtre émouvant de la piété, du seèle, du génie de
saint Louis ! Il a tellement imprimé sur cette terre les
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traces de ses pas, qu'on croit l'y voir encore, le ren< outrer partout; partout mr l'emplacement de celte merveilleuse église, dans laquelle il eût été si consolant de recevoir et d'abriter ces précieux ossements , dans ces cloîtres d'une construction si hardie, qu'il avait si souvent parcourus, dans ce réfectoire où il aimait à partager le repas fhigal de ses chers cisterciens et même à les servir de ses royales mains, par un esprit d'humilité et de foi, hélas ! si étrangm" pour notre temps. C'est lui, qui a remué ces pierres et pris une part active au travail des moines constructeurs de la maison de Dieu, lui qui a tracé le plan de ce gran* diose monument ; pas un détail qui ne soit comme encore signé du nom do Louis IX ; le chiffre TX se rencontre partout; tout se groupe, tout se compte par ÏX, dans les travées encore debout de la belle église, dans les arcades des cloîtres, dans les ouvertures du monastère ; on rencontre ce chiffre historique et symbolique à la base des colonnes, aux angles des chapiteaux; souvent il se couronne de la fleur de lis, blason de douce France^ comme dirait le bon Joinville. Ënfîn , c'est lui qui a amené de bien loin ces abondantes et limpides eaux; son souvenir est comme incrusté dans toutes les murailles, dans tous les objets auxquels les habitants ont conservé la dénomination traditionnelle ; cette horloge est l'horloge de saint Louis, cette tour s'appelle la tour de saint Louis, cette fontaine est la lonlainc de saint Louis, les cliàteaux des environs passent pour avoir été les châteaux de saint Louis et de la . i*eine Blanche. Aussi cette belle solitude devenue par lui une terre de sanctification, semblait en ce beau jour très* saillir, s'animer sous son regard, saluer avec bonheur les restes sacrés de son glorieux ïondixicur, exultavit solitudo ; il était viaiiiient le bienvenu de ce pieux désert, toute cette riche natureaimaitàie revoir, à le contempler, non plus cette fois, couronné seulement de toutes les gloires de la terre, mais portant de plus l'auréole qui les efface