‹ Histoire de RoyaumontChapitre 29 sur 263 · II. ' H · texte numérisé non relu

II. ' H

m UISTOIRE DE KOiAUMONT.

« pour lors que quatre mille cinq cens livres^ les charges « payées, estmU grandement ruméey j'accorday audit sieur

«f du Puy autre chose à disposer aux siens, qu*il donnasl « des pensions après sa niui L sur icclle abbaye, aus(jucls « je luy promis que mondil iils satisferoit, soit par conli-^ M nuation ou récompense d'icelle, quand il jouiroit de « ladite abbaye; et, celte focilité jointe à sa nécessité, « accablé d*importunité sur ses derniers jours, luy fit « donner de belles pensions, jiisques à cinq mille ([uatrc « ou cinq cens livres, sur ladite a})haye, el le tout sans « autre forme que par lettres particulières qu'il m'en « escrivoit, en faveur de ceux qu'il désira .gratifier, les- « quelles je souscrivis ei promis que mondit fils y sa- « tisferoit ; el puis dire avec vérité que quand il eust dé- K siré (!;iv ùiiinge, je Tcusse tout ilc niesine accordé pour ' « Tu mon et fort esti'oite amitié qui estoit entre nous • . « deux, et pour la grande franchise à donner à mon. fils « ladite abbaye, laquelle r&stàblie et raccammodéef poumt « se rendre m des beaux Mens de cette ^alUé qui fust en « France. EL voila comment mondit fils eust ladite abbaye « de Royauinont'. »

M. de Cliiverny explique qu'il destinait son dit fils, s'il était possible, pour parvenir à l'évêché de Chartres ; à cause de cela, il lui obtint rabbayedeSatnl-P^«, à Chartres, dont les titulaires étaient les sieurs de Ko(|uelaure, de Frontenac etdeBèle. Il proposa à ces gentilshommes des ccUungcs qulis acceptèrent, et M. de Chiverny y trouva aussi avantage, parce que cette abbaye était voisine de sa maison d'Ësclimont ; surtout, cela agréerait infiniment à son fils, s'il devenaii évéque de Chartres. « Je luy fis con« « tinuer, poursuit le ( liaiicelier, parlant de sou (ils qu'il d avait pourvu de quatre abbayes, je luy fis continuer» le

* Mémoires à' Estai, som le régne des roys Henri JU et Henri IV, pal* II. de Cheveroy, gruad chancelier de France. — A la Haye. In48. J669, 1 1, p. 577.

« pltts soigneusement qu'il me fut possible, ses dîtes A études audit collège de Navarre pour un temps, puis « aux leçons publiques, et autres lieux où ses précepteurs « estimèrent (ju'il pourroit s'acquérir plus de capacité « pour sa condition. »

Telle était la situation de Tabbaye de Royaumont, au commencement du dix-septième siècle. £lle avait, ppur abbé commendataire, le premier aumônier de la reine Marie de Médicis, un geiUilhomme dont la mère, Anne de dcThou, fille do Christoflo, premier président au parlement de Paris, avait été 1 une des dames de la reine Louise, femme de lionri Ui. Voilà pour le côté honorifique. La maison Huratolt avait d'ailleurs donné des personnages : un chancelier, des archevêques, des évéques et des arabassafleurs. Et, sous le rapport matériel, Mgr Philippe Hurault mit ordre à tout ; l'abbaye ne valait à Tabbé quand il la prit» que « quatre mille cinq cents, livres », et déjà, dés l'année 1599 ^, de Paveu de son père, le comte de Chivemy, elle était parfaitemèht restaurée et rétablie; et on considérait que, edmme abbaye, c'était « un des beaux biens qui fussent en France. » Une estima lion du milieu du dix-septième siècle porte les revenus de Fabbaye de Royaumont pour les commendataires • à 6,000 livres; et la redevance en cour de Rome, était de'258 florins *. Plus tard, d'après une autre estimation, l'abbaye valait à Tabbé 11,000 à 12,000 livres de revenus ; et la taxe en cour de Home était porté à 268 florins*. Décidément, Tabbaye de Royaumout était passée à un pré-

• Le père de Mg^r Phi!fpj>e Huraulf mourut < ii l.')90. Son fils écrivit et lit imprimer la Helatioti de xes derniers instants. L'abl>û de Royaumout n'y montre que la litténtare comjntible ayec ce genrp d'écKîtSt U immortaUse, avec sa piété filiale, quelquesHines de ces émotions que nous connaisscHis tous, îif'ln^ !

• Uecueii général des i^énéflces, par Jacques LepeUeiier. l*aris, 1690.

^ Dtctimmaire^uttivertel de France, par Robert de Hesselin. Paris, 1771, et Catatogue ol^iM, i€ê arehmf*, éviq,, oM. et Hnéfic*, par h Dagobert iutoiue, avocat au parlement. Paris, 1788.

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lat, qui avait ce grand esprit d'arrangement et de précisions, utile dans toutes les branches, et particulièrement

dans radininislralion financière. Une noie de Vlnventaire delà manse conventuelle de Royaumont atteste la présence de cet esprit d'ordre, jusque dans les moindres détails. Royaumont eut, à partir du 29 liovembre 1607, un règlement fait par Mgr Philippe Hurault, de Favis du prieur, (lu sons-prieur et des plus anciens religieux de rabbayc, pour les diverses dépenses qui incombaient à la cliarcre de Tabbé, telles que Tentretien de la sacristie, le luminaire, l'huile, etc.

Au point de vue de rorganisation du monastère, le dix*

septième siècle ne venait toucher* en rien au régime des cominendataires; les abbés étaient toujours plus ou moins éloignés de l'abbaye ; ce n'était pas leurVésidence d'office ou de fait ; ce n'était pas leur affection de cœur. Gomme ils y vivaient peu ou point, ils n'avaient aucun désir d*y voir reposer leurs cendres. Mgr Matthieu de Longuejoue, qui était au conseil du roi, qui signait les taxes de résignation des oftices arrêtés au conseil du roi, mourut à Paris, et lui enterré dans l'église' paroissiale de Saint- Gervais. La tombe de Barnabé de FayoUes n'était pas à Royaumont; le Périgord, son pays natal, la revendiqua peut-être. On ne sait rien, à Royaumont, d^Pabbé Pantaléon de la Roche-Jaubert ; ni sa vie, ni sa moi l, ii'y ont iiussé d'eu)prcinte. Pour Mgr René de Daillon du Lude, qui était mort au château de Briançon, appartenant à sa famille, on l'emporta au château du Lude, en Anjou, où il fut inhumé avec ses pères ^ La dépouille mortelle de Martin de Beaune et celle de Philippe Hurâult ne furent pas cuiitiiH's, non plus, à la terre de Royaumont.il n'en avait pas cte ainsi du temps des abbés réguliei*s qui, à peu près tous, étaient décédés et s'étaient fait ensevelir dans

I En l(>0O ou lUOl. Voy. Registres du chapitre de Bayeux, et Uuioiredu dioe, de Bayeua, par Hernuoit.

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