LIVRE ONZIÈME
1620-1671' — Jean-Baptiste de Villeneuve, abbé de Royaumout.en 1C22.— • Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, personnage mis en relief par Eugène Sue, succède comme abbé de Royaumont à N. de Villeneuve. — Henri ÏI de Condc et les arqni'lmsiers de Reatnnoni, d'Asnières, de liUtarclies convoqués par ce prince, à Creil. — Oande controverse ai^ sein de l'ordre cistercien. — Le cardinal Fi angois de la Rocheroueauld. — Mandat qu'il reçoit de Grégoire II et de Urbain VIII pour la rénovation de la vie bernardine. Épisode de cette çontro> verse, qni put Royaumont pour théâtre, on Kiôô. — On appel le cardinal Richelieu dans les affaires cisterciennes. — Il préside la conférence de Royaumont. — Le bouig de Saint-Leu-U'Ëssereal et son voi" ainage de Royaumont* — Si les membres de la' conférence de Royaumont auraient dû faire le pèlerinage de Saint-Leu, renommé pour la guérison de la peur. — Le déhni entre la commune et l étroite observance.
— Riclicliôu ne donna pas de grandeur aux débats. — Les mitigés mystifiés dans le colloque de Royaumont. — Ce qu'rni appela les articles de R^fatimoni, — Solution 9\journée. — Jugement sévère sur le Dut de Richelieu à Royaumont. — Inutilité de l arcbevi^quc de Bordeaux pour nolr"'^ abbaye. — Bizarres démêlés de cet abbé commendataire avec le fameux duc d'Épernou, dont il reçoit un coup de canne. — Le cardinal Jules de Manrin, abbé de Royaumont, en 1047.— Une affaire du ministre d'Anne d'Autriche, relative au bâtiment appelé le PetU^Royaumont dAsnii ret. — Mazarin se démet de rabba\e de Royaumont en faveur du prince Alphonse-Louis de Lorraine. — Avènement de toute une dynastie d abbés tirés de cette puissante maison, qui s'inféodèrent à la création de saint touis. — le fiimeux capitaine du dix-septième siècle, le grand comte d'Harcourt-Lorraine, trait d'union entre les Lorrains et l'abbaye. — Le comte d'Harconrt, administrateiu' temporel de Royaumont. — Conclut une transaction avec le maire et les échevins de Compiègne. — Fin de la querelle entre la commune et l'étroite observance.
— BreCd'Aiexandre VU en 1666.— Loi sous laquelle vivent définitivement lea habitants de notre abbaye. — Gloire de Royaumont de s'être réformé
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au dix-septième siècle. — Témoignages du temps relatiis ù la renaissance spirituelle, à la régularité de Royaumont. — Le vénérable M. Olier.
Le fV. Mégiinger. — Le P. Helyol. — Ce que prouvent les efforts Me râbbé de Bancé. — Arrct du ^rand-conaeil diiroi» en td75,relattTeiiieiit au prieur claustral de Rojfaumojit.
Quand une institution, une race ou une nation ne sont pas condamnées à périr, il surgit, du sein méiiie de leur défeUlance, des besoins de renaissance et de vie. Ce besoin de renaître s'était manifesté, pour Tordre des cisterciens, dès le quinzième siècle, en Espagne*, dans la Toscane*,et dans la Lombardie'. Bientôt les monastères d'Allemagne, de Bohême, de Moravie, entrèrent dans la même voie. Le besoin de réforme ne se fit sentir, en France, qu'à la iin du seizième siècle, et au commencement du dix-septième* pour l'excellente raison que la 'France' était moins dégénérée \ Le premier mouvement réformateur partit du Languedoc, de l'obbaye des Feuillants, au seizième siècle; et plus tard, dès Tan 1615, un souflle de vie passait sur les provinces du Nord et sur l'abbaye de Royaumont; les consécjpiences salutaires du concile de Trente portaient partout leur rayonnement vîvifîcateur*.
Il y eut un abbé de Clairvaux, Denis Largeniier, qui donna, en 1615, Texempie d'une véritable jiouveauté; il mena une vie d'une austérité, d'une régularité, qui furent contagieuses. Un homme de bien exerce toujours de l'influence autour de lui. Plusieurs se groupèrent autour de ce saint homme, et imitèrent sa vie sévère. Le succès alla
*■ Vers 1426, Martin de Vargas donna le signal de cotte réfomution
. monastiqiio.
* En 1 iU7, Louis-Marie Sforcc obtint du pape Térection de congrégations cisterciennes régénérées.
* idem.
* L'historien d^Aiguebelle a expliqué, avec une sagacité remarquable, comment les étrangprs furent enli aînés à créer des congrégnlions séparées de la France, par l'attrait d un mouvement national; la pensée, pour les Esp«- • gnols et les Italiens, de n'être plus sous la dépendance des abbés français, leur souriait.
s II est incontestable, en histoire, que'le eoncile de Trente fût le signal d'un mouvement réformateur général*
grandissant, en sorle que les inonastères se réformaient, pour ainsi parler, ircux-iiièmes; plusieurs abbôs, en d'autres convonts, marchèrent sur ses traces; si bien que, dès 161 7 ^ 1618, une stricte ou étroite observance se montrait côté à côte aupi*ès de ceux qui suivaient les anciens usages. C'est que l'abbé de Clairvaux, homme de piété et de savoir, avait de l'autorité et du prestige; Tœuvre d'amélioration se réalisait d'elle-même ; la rét'or. mation qui se faisait librement, spontanément, eut Tap* probation de Tabbé de Giteaux, dom Nicolas Boùcherat, qui lui permit de tenir des assemblées particulières et de se choisir un vicaire général. Le cl i a pitre général, de son coté, la loua hautement, et saisit celle occasion de travailler efficacement à la réforme de l'ordre entier; il dressa des règlements!, auxquels on désirait que la nouvelle observance se conformât pour l'uniformité; mais on lui laissait toute liberté de grandir et de s'étendre, sous la protection de Tordre et la juridiction des supérieurs. C'est pourquoi le dix-septième siècle, sans être le temps « où l'homme se soit le mieux conduit \ » fui, pour l'abbaye de Royaumont,comme pour le catholicisme en général, un siècle de renouvellement, de vitalité et de grandeur. M. de Villeneuve (Jean-Baptiste), appartenant à la fiimille des Villeneuve de Provence*, conseiller et aumùnier f1ii roi'', apparaît à l'aurore de ce siècle; mais il n'eut le titre d'abbé de Royaumont que deux années, de 1620 à 1622; il permuta, en 1622, pour l'abbaye de Prully, et ne compte pour ainsi dire pas dans les annales de noire abbaye. Son successeur fnt Henri d'Escoubleau de Sourdis, qui rappelle les distinctions et aussi les pitoyables misères de la noblesse française
, * Nom sommes d'avis, avec H. Saint* Marc Girardin, que c'est celui où
il s'cfït le mieux connu et a voulu 1p mictix se connaître, * Nobiiiê ProvinciaUs, dit la (îallia chritfianat ^ Càrtnlaire (le Hoyauinmt. t. 1, p. 3ti0.
Digili^uG Ly