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LIVRE DOUZIÈME. Ml

tatt snr d'Haroourt pour être le bras habile et fniissant

qui 1 1 réaliserait. Bien plus, Richelieu considérait que d'flarcourt, (lui était riioiiiine de l'artion, pouvait devenir en temps et lieu rhoinme des négociations habiles. Après le sié^e de Turin, Richelieu n avait«il pas donné, en effet, d*atttres témoignages de son sentiment^ quant à la valeur personnelle du comte d'Harcourt? Ne lui envoya-l-il pas des instructions d'après lesquelles, son rôle de général étant épuisé momentanément, il lui conférait le rôle de diplomate et de plénipotentiaire 1 Le comte d'Harcourt ne devait point « après la reddition de Turin, acceptery avec le prince Thomas de Savoie, une nature de traité qui supposerait Videntité de séjour du prince Thomas et de madame de Savoie dans le môme lieu. Si le prince Thomas exigeait une môme demeure, son intention devenait suspecte; la prudence ordonnait, d'après le cardinal, de voir . dans le prince un trompeur. Richelieu chargea d'Harcourt de persuader au prince Thomas un revirement, en lui expliquant qu'il pouvait honorablement prendre le parti de la France. D'Harcourt devait assurer au prince Thomas, de la part de Louis Xllf, qu'on le rétablirait dans ses pensions, s'il se décidait à servir actuellement fa France, et qu'on en ilunnerait aussi à la princesse deCarignan. Il avait mission, en même temps, de déclarer que la France rendrait les places qu'elle occupait en Piémont, à la con-dilionqueles Espagnols en feraient autant; et, comme garantie, Louis XIII offrait à*eti écrire au pape et h la répûblique de Venise ^ Ainsi les capacités du comte d'Harcourt n'étaient pas seulement militaires; le grand Richelieu jugea qu'elles étaient diplomatiques aussi, et il lui confia, en conséquence, la mission de négocier, au nom de la France, après la reddition de Turin. Après la mort du roi Louis Xlll, le comte d'Harcourt, « aussi grand publique que

* Mm ef iMlnfcli0M de Richelieu.

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brave, i^comme s^exprime un auteur du dix-septième siècle, fut chargé d*une autre mission.diplomatique. On l'employa

aux négociations dWiifilcterre, où il dcmeuni dix mois, en qualHé d'ambassadeur extraordinaire, et où il fit tout ce qu'on se pouvait proiQettred'un sage ministre d'état.

Ce n'était donc pas trop de recourir au talent d'un grand artiste, et de doter la basilique de Royaumont d'un mausolée monumental, en Phonneur de Henri de Lorraine. Lorsqu'on a pendant vingt ans fixé la victoire à ses pas, un légitime prestige ne s*altaclie-t-il point au nom du vainqueur? Tel était d'Uarcourt, après 1640. Une lettre d'un personnage du teinps raconte que, comme il était queslion d'une nouvelle entreprise considérable de guerre, il lut bruit que d'Harcourt en serait chargé, et un correspondant de l'archevêque de Bordeaux écrivait de Gènes, le 25 juillet 1641 : a Je ne sais si les ennemis oseront s'op- « poser, tant ils &nt cramte de venir aux mains atoee d'Har- « court, et de perdre leurs troupes'. » Aussi c'est d'Harcourt, fameux par ses succès en Italie, que la France envoya qn Catalogiic, en 1645, pour reprendre Lherida et d'autres places fortes que Philippe IV, roi d Espagne, nous avait enlevées. D'Harcourt prit Roses et Ballaguier, battit deux fois les Espagnols, l'une sur les bords de la Sègre, le 16 juin % l'autre dana les })laincs de Lorens, le 23 du même mois, et dissipa la conspiration que la baronne d'Albi, femme dangereuse par sa beauté et par ses intrigues, avait formée pour remettre Barcelonne sous la domination du roi d'Espagne'. Le mÏEiusolée de Royaumont se justiiiait donc suiabouduramenl par les précédents du comte d Harcourt*

^ Correspondance de Henri d'Eseoubleau de SourdUt publiiie par Eugène Sue, t. Ill, p. Uô.

• L'oD prit pour un prodige le passage dis la Sîgie ou Sègre, sur un pont de cordes, qui cfllusa le gain de la bataille de Lorens.

^ Il fallut une prudente liabileté pour prévenir et éteindre cette iknieuse conspiration. -

Ua grand lusii'e était donc venu s^ajouter, par la famille

princière des Loi'raine-Harcoiirt-Armagnac,à rillustiation séculaire que Royaumout (irait de ses origines inséparables de saint Louis. Le prince Alphonse-Louis de Lorraine gouverna Tabbaye de Royaumont vingt-trois années encore après la mort du comte d'Harcourt ; et son rèîïnc abbatial bénéficia, sous le rapport spirituel, de

I jiiipuisiori salutaire donnée par la grande conlroversc. cistercienne de la première moitié du dix-septième siècle. On a dit, dans le livre précédent, qu'un dernier bruit de celte longue discussion de cinquante années retentissait comme un dernier écho, vers 1(>72 et 1G75. L'abbé de Rancé avait adressé une requête à Louis XIV, dans laquelle il suppliait le roi de seconder de tous ses moyens la renaissance spirituelle de la famille de saint fiemardi

II lui rappelait que, dès Porîgine, il avait favorisé Tétroite observance à\\ne protection puissante. Louis XIV donna un acte, daté de Nancy, le 27 septembre 1073, et réclama des mesui^es, pour qu'entin la solitude cistercienne qu'on voyait refleurir de toutes parts, eût des gages d'affermis-

* sèment dans son antique régularité. Du reste, une ordon<* . nancc du chapitre général, qui datait des premières années des ilisi usbiuns sur la réforme, en ravivant l'esprit de détachement personnel quant aux biens temporels, dans chaquè moine en particulier, avait insu£Qé un nouvel esprit de vie. Le chapitre, général avait porté,* en 1622, des ordonnances relatives au vice de propriété, contraire aux vœux monastiques; il était défendu à tout supérieur depermettrr, à nurun religieux en particulier, Tusage, l'usufruit et l'administration d'aucun bien immeuble ^ pas même sous couleur de dépôt; le chapitre cassait toutes les pensions pécuniaires dont .iouissaienl les religieux et les oiïiciers des monastères, soit qu'elles provinssent des libéralités de leurs parents ou amis, soit qu'elles vinssent des émoluments de leurs

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charges : pensions, prolits, émoluments, devaient être mis en commun. Les religieux, étudiants dans les collèges de . l'ordre, ne pouvaient toucher ru garder aucun argent. Ainsi, d'un ensemble de causes, il était résulté une véritable régénération de la vie morale, une renaissance dé la \ie mortifiée, qui avaient édifié les populations, pour ' les rattacher plus étroitement à l'ablraye de Royaumont. L'éclat Jjiillaut de la résidence abbatiale du prince Alphonse de Lorraine ne faisait point oublier la sainte existence de ces hommes courageux, qui ensevelissaient dans la solitude leurs mérites et les prétentions qu'ils auraient pu étaler dans le monde. La gloire dont Louis XIY saturait la France, pouvait satisfaire Pamour-propre national; mnis il n'en restait pas moins à contenter certains appétits immortels dans l'individu. On venait de toutes parts prier à Royaumont, et on attachait un grand prix à faire prier pour soi dans la chère abbaye de saint Louis. L'ombre du Saint et du Roi planait toujours sur ces murs vénérés. Animés de ces pensées, Claude Renaudin, procureur général au grand Conseil, et dame Anne Potier, son épouse, fondèrent deux messes de Requiem à perpétuité,, pour être dites dans Téglise de Royaumont, à partir de l'an- . née 1659. Jean Meslivier, également du grand Conseil, fit à Royaumont une fondation semblable pour une messe de ReqiùemK Un Habitant deGouvieux, Jacques Monnier, dreissa un acte, le 29 novembre 1076, en vertu duquel il léguait 6 livres 15 sols et 4 deniers de rente à l'église de Royaumont pour qu'on célébrât chaque année, dans cette église, un obit solennel, le jour anniversaire de son décès*.

Sous le rapport du temporel, Tabbaye de Royaumont fit face, du temps de Mgr Alphonse de Lorraine, à plusieurs des plus urgentes réparations ; quelques amélioru-

* Invmt, de ta mente comeui.t de 1763.

iions eurent lieu, ainsi que des transactions et des échanges, plus ou moins importants ; Thotel de Royau-

mont, situé à Paris, rue du Jour, près Saint-Eusfachc, réclamait des restauroîidiis, auxquelles on n'avisait pas loujours. Du temps de Mgr d'Ëscoubleau de Sourd is, abbé de Royaumont, la négligence devint si grande, qu'un* arrêt fui rendu le 5 décembre 1656» pour réparations à faire, en maçonnerie, charpenterie, menuiserie, vitrerie, plomberie, etc. Cependaut, ou n'oubliait pas de faire payer les locataires de cet hùlel. Un arrêt du conseil privé du roi, du 14 mars 1659, ordonnait au sieur Jacques Gobard, locataire de la basse-cour de l'hôtel de Royaumont, de payer la somme de 2,525 livres, savoir, \ ,400 livres aux religieux de Koyauuiontet 1,125 livres aux administrateurs de rilôlel-Dieu de Paris et de riiôpital des Incurables. Jacques Gobard, paya comptant cette somme, le 26 avril 1659, à la requête qui lui en fut faite par les religieux de Royaumont et par les représentants de THêtei- Dieu et des Incurables

Le temps des agrandissements territoriaux et des opulentes donations faites par les fidèles, était passé. On doit dire qu'il y avait, dans la plupart des fortunes françaises, une tendance assez générale à des. déperditions que rien ne réparait. Le dix-septième siècle fort correct, à bien des égards, n'avait ni la uaïveté de foi, ni la spontanéité des libéralités comme le treizième siècle. Royaumont avait été inondé par les dons des populations. Il eût été trop long de les mentionner tous dans cette histoire. On se bornera ici k spécifier un legs du treizième siècle, qui a été passé sous silence dans la première époque de ce récit historique. Il y eut, à la fin du treizième siccic, un autre cardinal du titre de Sainte-Céccile comme le cardinal Simon de Brie, et qui fut comme lui, légat du saint-

* Invenl. de La muusc cuiwenlueUe.

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