‹ Histoire de RoyaumontChapitre 93 sur 263 · LIVRE DOUZIÈME. ' m · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. ' m

Nais Tétat des choses recevait une nouvelle modification,

(lu jour qiift Rose avait cédô sa propriété de Coye. Le contrat de change, qui avait été passé en 16^8, entre l'abbaye et Toussaint Aose, fut déclaré, par une sentence du Châ* telet de Paris, du 2 mars 1709, exécutoire sur M. le prince de Condé, devenu seigneur de la terre^ seigneurie et marquisat do Coye*. Le Châtelet de Paris mit au compte du prince de Condé la charge de payer aux religieux de Royaumonl trois cents livres de rente par an. Quand on avait la fortune de Henri-Jules de Bourbon, lequel avait recueilli par sa mère la succession de l'opulente maison de Maillé de Brézé; quand on avait épousé Anne de Bavière, princesse palatine du Rhin, et qu'eu définitive on jouissait d*un revenu de 1,800,000 livres, l'abbaye de Royaumont ne devait pas être inquiète pour * la rente relativement chétive de trois cents livres par an. Mais Royaumont allait pendant un siècle retentir du bruit des chasses si célèbres des Condé*,

L'histoire se doit à elle-même de signaler ici une réparalion aussi maladroite que déplorable, infligée du temps, du prince Alphonse de Lorraine, à Tarchitecture de Fabbaye. L'époque de 167Î fut très-funeste au gothique monument du treizième siècle. Au-dessus de la grande porte qui conduisait du bâtiment des cellules des moines au jardin qu'avait chaque moine dans l'enclos, on avait placé

* Cartuiaire de Royaumont 1. 1, p. 249.

* Deppîng raconte les chasses de ce temps; la vénerie se composait de

SOO (^aux, d'une centaine de valets, de 60 à 80 couples do chiens ; ou tenait ref^isli c du ^^hicr qu'on tuait dans le parc et dans la forêt, et, iH'iidant treiitn-deux ans, on tua plus de 77,750 lièvres, 587,470 lapins, 116,574 perdrix, 80,1U0 iuisans, 19,09U cailles, 1,942 sanj^liers, 4,660 dievreuils. La passion de la clui9se dégénéra en folie chez le prince de Gondét dansies dernières unnôes de sa vie. Henri>Jules de Bourbon, nommé cnmimirifMiîout Morisictir le Prince, né en Kiio, dr Louis 11 de Coiidë et de Cicmence de Maillé de Bi*ézé, nièce de lUchcUcu, mourut en 1709.

On lui doit la construction de Téglise actuelle de Chantilly, vpstc édifice de style moderné} analogue à celui des églises de Versailles.

m HISTOIRE DE KOYAUMONT.

un cadran solaire, et au-dessus du cadran était peint ce

clii uiiogramme, qui se voit encore :

' Octtlis non aurU>u8

« Je m'adresse, non aux oreilles, mais aux yeux. »

Malheureusement, ce chronogramme, en perpétuant lUndication de Tannée 1672, immobilisait la date regrettable (11111 iiuUblc changemeiil de style dans quelques parties de Pabbaye, et témoignait une fois de plus du vandalisme restaur ateur du dix-septième siècle en atchite&ture*. Les réparations furent entendues dans un sens ab* surde. Un visiteur de Rçyaumont, vers les dernières années du dix-septième siècle, gémissait sur les altérations que l'ahhnye avait éprouvées depuis plusieurs siècles, dans ses constructions ; il eii attribuait Toriguie à la disparition des abbés réguliers et à Tarrivée des abbés comroendataires, qui, disait*il, a pour estre ordinairement «( trop attachés à leurs intérests, avaient tout à fait négligé « l'entretien des bastinients réguliers, qui sont tellemeat « desclius et ruinés, qu'en l'an 1646, par une visite des a experts, on' trouva plus de 80,000 livres de réparations « àfaire\)» '

* On aimait cette mani^ de dire qu'on était en l'année 1672. 100 On alignait, dans une colonne, ccllos des lettres decette phrase, 5 qui étaient des chiffres romains; luiis, on les additionnant, on 50 obtenait le chiffre 1672, celui de l'année même où l'on plaçait 1 le cadran. K oc V L IS NON AVRIBYS \

lOOSftOl 5 i 5

SOO

HiSi "5 MÔÔ . ^

* N'est-ce pas le vandalisme de cette môme ('•poqne qui, sous prétexte de donner du jour, av;iit détrîii? dans les fenêtres du flanc méridional de la Satutc-Chapelle de Paris, leurs divisions de pierre à rosettes polylobées? Ilate, de notre temps, ces fenêtres og:ivale8 mit enfin recooTré leim meneaux et rosaces d'une si remarquable souplesse.

* M. de Gaignières, dans la Copie nwterne 4i$ CarMahrê 4e Raymnmt,

Page 1