‹ Histoire de RoyaumontChapitre 95 sur 263 · LIVRE TREIZIËJHË · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIËJHË

La décadence. — 1700^1782. — Son Altesse Mgr François-Annand de Lorvaine» abbé de Royaumont— Ses vicisaitudes. — Madame d'Armagnac,

sa mère. — M. de Lorraine emprisonné à Saint-Lazare, — devient évôque de Baveux. — 17!8. — !nnu{?:tiration des allures milîtantcs du diibuitiëme siècle. — Réactioa contre l'état des choses de la lia du règne de Louis XIV. — La Régence. — Responsabilité de i'abbé de Royaumont, dans les origines du conflit entre le dii-huitième siècle et le christia« nisme. — Mgr de Lorraine adhère au jansénisme. — Royaumont s'en défond. — Débuts de VoUaire; sa campagne contre la superstition et le lanalismc. — Il outre-passera le but. — Tendance à séculariser la moraie et la politique en Fnince. — L'arcltiteete de Cotte, éléTe de Mansart. — Il construit à Royaumont la chapelle d'Harcoart. — État des possessions territoriales de Royaumont an commencement du dix-lniilième siècle. — Partnp-o des revenus de l'abbaye en trois lots, fait en l'année 1102. — Séparation de plus en plus grande entre l'abbaye et l'abbé commendataire. — Mgr de Lorraine met le feu au diocèse de Bayeux. — S'il était responsable dans la crise de sécolarisatioii. Dynastie sépulcrale des princes de Lorraine à Royaumont. — On porte à Royaumont le cœur du prince Camille do Lorraine, décédé à Nancy. — 1718 : mort du comte d'Armagnac, appelé M. le Grand, — enseveli à Royaumoift. — Mgr Armand de Lorraine meurt* en 1188, entre les mains du vicaire de Sainte-Madeleine de Paris. — Sa sépulture A Royaumont.— 17*28 à I7"i : phelypeaux (h^ Poiîîcbartrain, aLlié de Royaumont.

— Perle de temps en ([uerelles stériles. — CoUcî^e des bernardins à Toulouse. — Le lief de la Commerie, à Asuières-sur-Oise. Ses origines.

— Son histoire. — Derniers vestiges des coutumes féodales. — Charlotte Berthier, titulaire de la Commerie, en 1751. baisant la porte de Royaumont. — Obligations bi/arres auyr|iiolles des vassaux sont assujettis dans le Vexin, — M^a* de llOiset de Fleuri, neveu du cardinal Fleuri, ministre de Louis XV, devient abbé de Uoy iumonl en 1736. — Noms des moines qui habitèrent Royaumont au dii-huitième siècle. *~ Si les

, moines ei l'abbé eommokbitaire remarquaient les signes du temps, les annonces des changements profonds qui se préparaient. — 1750 : L'Encyclopédie. — .Vssemblée du clergé en 1765, 4772. — Tentatives de réforme des ordres religieux. — Le fameux édit de 1768. — Tandis que / VoUaIre importe en Fnince le déisme anglais, rôle fâcheux de Loménie de Brienne dans la Cmmisfion BéguHert. <— Temps des Inventttiret et des livres de corni'ff à Royaumont. — Plan cada-iral d'Asni ères-sur- Oise et de Royaumont, dressé par ordre de Mgr Fleuri, abbé de Royaumont et archevêque de Cambrai. — Inventaire de la manse conventuelle et de la manse abbatiale de Royaumont. — Incendie considérable à

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Royaumont, en 1160. Cloclier et vnûto do I rglise consumés par le feu du ciel. — Absurdes restaurations faites à l'abbaye. — Madame Anne de Nadaillar. marraine d'une cloche de Royaumont. — M. Cornu de Ballivières, aumônier du roi, devenu abbé de Eoyaumuntîcn 1782, au ninmeuL où ropinion publique esl vivement émue. — Théories d'Emmanuel Kant; fatalité de l'époque en ce qu'elles éliminent Dieu de Tordre social. — Origines de l'abbé de Ballivières. — Les Gautier Cornut du treizième siècle. — Coinuiencement du nouveau règne abbatial. — M. de Balliviëres. investi du don propliétique. Rival d'un abbé du Mont-Suinl- Hichd. — Quelle propîiéiie sur Royaumont il fit au mar<inis de Travannet. — Tout à la fois il voyait et ne voyait pas venir la Révolution française. — Les armes de rabltavr royale de Poyaumont. — L'état moral du monastère à la lin du dix-ltuilième siècle. — Sévérité intempestive de quelques critiques. — Les deux courants d'opinion sur les derniers moines de Royaumont. — Justice et modération leur sont dues. Attaques contre les habitants des cloîtres. — Impopularité croissante du costume des moines. — Coalition que Voltaire réussit à former. — La disparate que personnifiaient Voltaire et Tabbé de Ballivières.

Royaumont eut pour ahhé et pour successeur de Mgr Alphonse de Lorraine, son neveu , Mgr François-Ar* mand de Lorraine, et il y a cette particularité étrange que Son Altesse François-Armand de Lorraine fut un franc janséniste. Le jansénisme, qui s'était glissé dans l'enseignement théologique de quelques universités et de quelques monastères, manifesta une véritable recrudescence dans les premières années du dix-huitième siècle; des communautés entières de religieux et de religieuses donnèrent le spectacle inattendu d'une étrange ténacité dans les opinions jansénistes, et (i\iiie opposition plus étrange encore ù la bulle Unigenilus du pape Clément XI. L'adhésion de Mgr François-Armand de Lorraine à l'hérésie austère et séduisante qui avait subjugué Arnaud et Pascal eût été une indication de mauvais augure à l'égard de l'abbaye de Royaumont, si 1 ou eût été encore sous le régime des abbés réguliers, alors que les abbés et le corps entier du iiiona stère ne formaient qu'une seule et même personne, identifiés dans une parfaite communion de sentiments et de doctrine. Mais l'institution des commendalaires avait rendu les uns étrangers aux autres, n'ayant presque aucun point de contact. Nul do-

cument ne prouve que labbaye de Royaumont ait été infidèle aux vrais principes catholiques; Aucune lettre de cachet ne ieur fut expédiée, ni sous Louis XIV,

ni sous la Régence, ni sous Louis XV ; tout démontre donc que Fabbaye sépara sa cause de celle de son abbé' commendataire el quelle se borna à Tacceptation pure et simple de la bulle Utugeiiitus. Heureux si^ repoussant les fâcheuses tendances d'un rigorisme mal compris, conséquence immédiate des doctrines du jansénisme, les religieux savaient protiterde l'occasion de cette polémique qui passionna la France, pour se retremper eux-mêmes dans la pureté de leur vocation, pour s élancer sous de nouveaux cieux, et confier à de nouveaux astres leur marche renouvelée et régénérée î

Le nouvel abbé de Royaumont était né le lo février iQQh. Lu 1076, n'étant âgé que de onze ans, on lui avait donné Tabbaye de Notre-Dame de Cbasielliers ;.et en 1686, il fut pourvu de celle de Saint-Faron. Il n'y a qu'à se rappeler les attaches puissantes, les racines profondes que la laiaille de Lorraine d'ilarcourt avait prises à la cour de France, pour trouver fort naturelles les facilités de Fran- QoisTÂrmand de Lorraine, pour toutes choses. Le comte d*Ârmagnac son père, appelé M. le Grand, devint toutpuissant auprès de Louis XIV, tellement que Téternel adversaire des Lorraine, le duc Saint-Simon, nous apprend du comte d'Armagnac qu'il fut« un des exemples égale- « ment long et sensible du mauvais goût (c'est Saint*Si- « mon qui parle) de ce prince en favoris, dont il n'est au- « cun qui ait joui d'une si constante et parfaite faveur, « jointe à la considération et à la distinction la plus haute, « la plus marquée, la plus invariable. » Madame d'Arma- .gnac était de la l'amille du maréchal de Viileroi; elle avait été dame du palais de la reine Marie-Thérèse ; on la disait altière, haute, entreprenante, et il était difficile de résister aux projets et aux désirs qu'elle formait.

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