QUATRIEME PERIODE
Depuis Textinction de la grande dynastie ja«|tt'» l'eleVAlion de la famille Romanof.
BORIS PHÉODOROVITCH-GODOUNOF. 52' RÈGNE. — (De 1598 à 1605.)
Godoiinof voulant faire oublier les noyens odieux auxquels il devait «ou éléYation, fit , après son ayéDement, de grandes largesse» an peuple» et crut devoir cimenter sa puissance par la cérémonie imposante dn. couronnement.
Parvenu au comble de ses vœux ^ Boris, natn* rellement implacable, devint clément par po«^ Utique. Son règne commença soiis de funestes auspices : une horrible famine, qui priva la ville de Moscou de cent vingt-sept mille eitoy€»« (1602) , et qui étendit sur toute la Russie ses funestes ravages , lui procura Toccasion de déployer son humanité, son courage et son ac* tivité.
Boris, d'origine tatare , craignait et haïssait les grands, contre les tentatives desquels il ne se croyait jamais asses en garde. La famille Romanof devint surtout l'objet de sa jalottsie. ▲ceusés, sur la déposition d'un esclave, d'avoir voulu attenter à la vie du tzar , le» Romanof expièrent dans les supplices, l'exil ou les pri*
^ sons , le crime de s'être attiré J*câtinie et Tamoar de la nation. Phéodor Romanof , relégué dans un monastère , se vit séparer de son fils Mikhaïl, qui ne quitta Tobscure prison où on le laissa grandir, que pour monter sur le tr6ne, et devenir la tige de Tillustre dynastie qui gouverne aujourd'hui la Russie. Cette grande révolution se préparaît déjà par l'insurrection qui vint tout à coup à éclater. Grégoire Outrépieff, diacre du monastère de Spaki à Moscou , profitant de sa ressemblance avec l'infortuné Dmitri , massacré sous le règne de Phéodor, était parvenu à se faire passer pour ce prince, échappé, disait-il , au fer des assassins. Déjà plusieurs villes lui avaient ouvert leurs portes. Le feu de la rébellion gagnait toutes les parties de l'empire, et pénétrait jusqu'au sein de la capitale. Les troupes de Boris , battues sur tous les points , faisaient présager sa chute prochaine, lorsque tout-à-coup , en sortant de table, Boris éprouva des douleurs d'entrailles qui causèrent sa mort. On ne douta pas qu'il n'eût été empoisonné. 11 avait régné sept ans. En détestant les vices de Godounof, il faut convenir que , par son génie et les effbrts qu'il fit pour propager les lumières en Russie , U était digne du rang suprême.
Il faisait de grandes libéralités aux églises et aux monastères ; mais il savait allier la dévotion avec l'amour des aru. 11 emprunta à l'Al-
lemagne des médecins, et à TAngteterre des mathématiciens , A la France des professeurs , et sa coar fut Tasile des princes malheureux.
PHÉODOR II, BORISSOVITCH.