CHAPITRE VIII
Au-DEDA^•s, tout avait ployé, et cependant l'abjecte soumission dont Iwan IV est entouré ne le rassure pas ; son cerveau , blessé par les violentes émotions de son enfance , et sa conscience de tyran , lui rendent le fantôme d'une guerre du bien public toujours présente. Les strélitz ne lui ont pas suffi; il s'est formé une nouvelle garde de six mille élus ^ , c'est-à-dire d'espions , de délateurs et d'assassins , prêts à massacrer tous ceux des grands auxquels il suppose le moindre souvenir d'une ancienne indépendance.
Il a pris ces gardes dans la classe inférieure, pour être sûr que l'envie leur ferait partager sa haine.
Il donne à ces bourreaux les biens de leurs victimes , et fait ainsi passer la notabilité et la
' Les oprilchinikis. '