CHAPITRE VIII. a5Q
noblesse , des mains de ceux qui , depuis longtemps possesseurs , avaient des préjugés . des prétentions et des habitudes quelconques , à des gens tout nouveaux , sans principes, sans préjugés même, et trop heureux de se plier à tout pour être riches.
Dans son premier accès de rage, plusieurs grands boyards du sang de Rurict ont péri décapités, empoisonnés ou empalés; leurs femmes , leurs enfans , ont été chassés à coups de knout dans les forêts , qu'ils ont remplies de leurs cris , et oli ils ont expiré sous le fouet. Dans un second accès , il marche en conquérant contre Novgorod soumise; et, s'imaginant imiter , surpasser même la victoire de son grand père, il y perce de sa lance une foule de malheureux habitans qu'il a fait entasser dans une vaste enceinte; puis, quand la force manque à sa fureur, il livre ce qui reste, à ses élus , à ses esclaves , à ses chiens , et aux glaces entr'ouvertes du Volkof , où , pendant plus d'un mois , ces infortunés sont engouffrés chaque jour, par centaines.
Alors , déclarant sa justice satisfaite , il se retire, en se reconunandant sérieusement aux.
prières de ceux qui survivent, et qui n'ont garde de manquer à ce commandement de leur dieu terrestre.
Twer , Pskof éprouvent aussi sa présence ; Moscou le revoit enfin , et , le même jour, des brasiers ardens, d'énormes chaudières d'airain et quatre-vingts gibets couvrent la place publique. Cinq cents nobles des plus illustres , déjà brisés de tortures , y sont traînés ; les uns y sont massacrés aux cris de joie de ses sauvages satellites ; le plus grand nombre y expire, longuement déchiqueté par les couteaux des courtisans du monstre moscovite.
Les femmes ne sont pas plus épargnées ; Iwan les fait pendre aux portes de leurs demeures ; il force leurs maris de n'y rentrer et de n'en sortir qu'en passant sous les cadavres de leurs compagnes , jusqu'à ce qu'elles tombent sur eux en pourriture.
Ailleurs , ce sont des maris , des enfans qu'on attache morts aux places qu'ils occupaient à la table domestique, et leurs femmes, leurs mères, que l'on contraint de s'asseoir plusieurs jours de suite en face de ces restes chers et inanimés.
Les chiens et les ours , que ce fou furieux