‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 135 sur 189 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

la société, ce qui pourrait motiver le sodomisme dont on accusait jadis les Russes. Mais qui oserait donner une cause naturelle à une horreur contre nature ! Il fiuit chercher ailleurs , et plus bas , la source impure d'une telle dépravation dans une nation si neuve encore. On la trouve dans la grossièreté de ses usages ; et c'est ici que le rapprochement d'une extrême civilisation à une extrême barbarie se fait vivement sentir. Quand on voit l'adultère , l'inceste , le sodomisme, tristes résultats de la mollesse, du luxe et des imaginations dépravées de nos vieilles capitales , exister de même dans ces tanières enfumées, où, pendant de si longues nuits, étaient entassées pêle-mêle des familles entières , on s'indigne sans s'étonner.

Il n'existait donc pas de société , du moins comme nous l'entendons , puisque les femmes , qui en font le lien , en étaient bannies. Pourtant, comme on ne savait ni lire ni écrire , il fallait bien se communiquer de vive voix. On se rassemblait donc tous les jours à midi sur les places publiques : c'était là que les affaires se traitaient, que les nouvelles se transmettaient, et que s'achevait l'éducation de la jeunesse.

Mais la tyrannie inquiète d'Iwan IV détruisit encore cette coutume : il glissa des délateurs entre tous ces liens. Avant le règne de ce furieux, les Russes disaient : Si je manque a ma parole, qu'il m' en arrii>e honte. Et le monstre éteignit ce qui restait de ce grossier honneur des premiers temps.

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