‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 150 sur 189 · CHAPITRE VI. 3il · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 3il

moins agités , peu inquiets , peu désireux de nouveautés , la plupart stagnans , uniformes , immobiles; et la dépopulation , et l'ignorance , et pour dernier résultat , le despotisme ! Combien alors on doit s'effrayer , pour leur civilisation , de tant d'obstacles !

' Et réellement , sur ces deux centres et nords de l'Asie et de l'Europe , sur ces deux épaisses et énormes masses de terre glacée , au travers de quels déserts infinis , de quels marais profonds , de quelles forêts impénétrables ne fallait-il pas qu'elle se fît jour 1 Eh bien ! quelques rayons suffirent ; mais la moins méditerranée de ces deux masses , et la plus voisine de cette civilisation européenne , en dut être la première éclairée ; clarté lente , et long-temps faible et douteuse, il est vrai, mais qui pourtant, dès le quinzième siècle , commence à donner à l'Europe sur l'Asie une supériorité définitive , et désormais irrévocable.

Depuis cinq siècles , quelques étincelles de cette lumière si vivifiante , pénétraient peu à peu dans cette masse de ténèbres russes par les mers Noire, Blanche et Baltique. Celles qui jaillissaient de la Grèce percèrent par Kicf;

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celles d'Italie par Asoph ; celles de l'Allemagne et d'Angleterre par Puga , Novgorod et Archangel. Et quant vint, vers iSgô , la destruction d' Asoph par Tamerlan , et en i453 , celle de Byzance par Mahomet , la Russie d'Europe avait déjà recueilli de ces quatre mers , une assez grande supériorité de lumières sur la jNord- Asie , pour s'en défendre et la dominer à son tour.

Ainsi , grâce à la concentration du pouvoir , quel qu'ait été son abus , et à quelques étincelles de civilisation , voici donc presque dissipée , par les derniers des Rurick , Vune de ces deux ombres ^ horribles qui , selon le cri de douleur des vieux Russes, s'élevaient a droite et a gauche de la Russie, et la cachaient à tous les regards du monde civilise' '.

Mais le second de ces deux fantômes ennemis existait encore ; et , placé entre la R.ussie et cette civilisation , ce n'était pas par la supériorité des lumières qu'il était possible de le faire évanouir ; la chute des Rurick va même le rendre encore

1 V. Karamsin.

• Lh horde. o\ la Litlumnie on la Pologne

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