CHAPITRE IT
plades slavonnes, fînoïses, lithuaniennes, jusque-là maîtresses d'elles-mêmes , ou tributaires des Khans abâtardis des Kosars orientaux.
Dans cette Slavonie , où il veut fixer sa puissance, il se montre mesuré dans sa force, et modéré dans les tributs qu'il impose. Il tolère dans Rief le christianisme naissant, et y établit solidement son pupille Igor.
Mais, son empire fondé, il enflamme tous ces vaincus, devenus ses sujets, de l'aventureuse et féroce avidité des vainqueurs, que jusqu'alors il a su contenir. Il se met à la tête des uns et des autres , exalte leurs passions par les siennes , et, les réunissant dans une horrible et même soif de sang , de gloire et de pillage , il franchit , à la tête de quatre-vingt mille hommes , sur deux mille barques , les cataractes du Borysthène, désole l'empire grec par d'atroces barbaries, et, comme Mahomet, transporte pardessus un cap sa flotte , ou , selon la chronique, la fait voguer sur terre et à pleines voiles, pour la remettre à flot dans le port même de Byzance; puis il attache son bouclier à la porte de cette capitale , comme un trophée , et lui arrache un traité honteux que concluent les
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douze Scandinaves, Caries, Farlaf, Vérémid, Boulaf , Stemid , etc. , ses envoyés , et ceux des illustres Boyards qui reconnaissaient sa puissance.
Sa garde varègue, qui semble être son conseil , dont l'assentiment paraît nécessaire et suffisant, en promet l'observation. Ces guerriers le jurent par leurs dieux Peroun et Voloss , et sur leurs armes, qu'ils ont déposées par terre devant eux. Ce sont leurs boucliers, leurs anneaux d'or, leurs épées nues, l'or et le fer, ce qu'ils aiment et honorent le plus. Alors le barbare satisfait vient rapporter son riche butin dans Kief , y jouir d'une gloire et d'une puissance incontestée , et y mourir miraculeusement comme il a vécu.
C'est donc, avant tout, dans la réunion de Novgorod et de Rief aux Varègues, et dans le génie de Rurick et d'Oleg , que nous apercevons les premières et principales causes d'agrandissement, comme de fondation, de l'empire russe.
Toutefois, sans le génie des peuples, celui des chefs eût-il pu sufBre? Voici une immense terre et une multitude de nations qu'un petit