CHAPITRE IV
tranchantes, soumirent sans peine les Slaves, qui n'étaient couverts que de boucliers de bois. Les mines de fer de la Suède purent donc être une cause des conquêtes des Varègues ses habitans , comme les premières conquêtes des Turcs tinrent aux armes qu'ils se forgèrent dans l'Altaï pendant leur esclavage.
On sait , d'ailleurs, que ces Varègues étaient fantassins. Raramsin les montre, dèsSwiatoslaf, couverts de casques , de cuirasses, de brassards ; il dit qu'ils avaient une tactique, et se gardaient régulièrement par des avant -postes ; qu'ils marchaient en bataillons serrés , s'exerçaient à des manoeuvres ; que leurs camps étaient entourés de palissades , de fossés, de pièges même, comme ceux des Normands en France, et qu'ils y soutenaient des sièges. On sait encore que leurs princes avaient une garde permanente entretenue ou soldée , qu'on pourrait appeler noble , où l'on était distingué et classé par différentes dénominations ou titres ; c'était là sans doute , une des causes de leur supériorité sur les Slaves , divisés en peuplades qui vivaient indépendantes les unes des autres , et combattaient à volonté, sans règles , au hasard, sans ensemble.
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CiiAPlTRE V
Cepî:nda>t, toutes ces considérations sont loin de suffire ; quelque redoutables que fussent ces guerriers , elles n'expliquent point assez comment leur petit nombre put se répandre, sans se perdre, au milieu de tant d'hommes et de terres ennemies ; c'est qu'aussi tout ne leur fut pas contraire. Novgorod la grande n'a point été la seule qui appelât les Varègues ; d'après vme tradition russe , on sait que Kief, près d'être opprimée par les Kosars , implora llurick , et que ce fut alors que ce fondateur y envoya ou y laissa aller Askold.
On voit, dans la marche conquérante d'Oleg, que plusieurs des peuplades slavonnes , déjà faites au joug novgorodicn , imitèrent leur métropole, ^'ers 882, Oleg , en chassant les Kosars de ce qui fait aujourd'hui les gouverneraens de Vitepsk et de Tchernigof , dit aux Sévériens : Je suis T ennemi des Kosars, et non le vôtre ; et il se contente d'un tribut fort