CHAPITRE V
climat ; le choix de leur résidence et leurs premiers codes l'attestent.
Les Slaves, ainsi que les Varègues, finirent donc par regarder les descendans de Rurick , comme leurs naturels et légitimes souverains. Ces deux peuples s'unirent dans une même fidélité. La crainte d'ennemis communs, l'espoir du pillage qui les attira sous les mêmes drapeaux , et leur réunion dans la religion du Christ en 988 , firent le reste.
Cette passion de pillage fut encore une des principales causes de l'immense et précoce développement de l'empire russe. En ce temps-là, le mot de ralliement des nations barbares était le pillage de l'empire romain. Dès qu'un chef avait assez d'audace et de moyens pour tenter une entreprise sur Byzance, toutes les peuplades accouraient sous ses drapeaux. L'effet en était de commencer la réunion de tant de nations diverses , d'emmener des pays conquis toute cette remuante jeunesse, et d'en occuper l'ardeur jusqu'à ce qu'elle se fût faite au nouveau joug.
On sait que l'armée , qu'Oleg mena en 904 contre Byzance , était de quatre-vingt mille
hommes, et que celle d'Igor , son successeur, était déjà de quatre cent mille. Les Petchenègues mêmes , ces Tatars ennemis naturels des Russes, s'unirent à Igor dès qu'il Fut question de piller Byzance. Il ne faut donc pas s'étonner de voir les princes de Kief risquer ces entreprises . puisqu'elles les plaçaient à la tête des peuplades qui s'y réunissaient.
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