CHAPITRE VII
rain . on l'en voit retomber encore devant son frère Mstislaf : mais ce prince de Tmoutarakan le retient à demi dans sa chute ; il lui rend généreusement la moitié de cet empire , dont Novgorod et Tmoutarakan ^ , premiers apanages de ces deux princes , marquent assez l'immensité.
Sept ans d'un singulier accord entre ce guerrier et ce législateur suivent leur courte lutte ; après quoi la mort de Mstislaf laisse laroslaf seul possesseur de cet empire informe et gigantesque. Ce n'est donc pas le génie de la guerre qui fît sa renommée et sa puissance, ce fut un autre génie. La Russie révère surtout dans laroslafle-Sage , son premier législateur, le fondateur de la liberté de Novgorod , le créateur d'un grand nombre de villes.
Elle admire dans ce prince le propagateur de l'instruction et de la civilisation. C'est lui qui
ï Novgorod, dont les possessions toucliaient à la Baltique; Tmoutarakan, clef de l'emboucliure de la mer d'Azof , dans la mer Noire. V. l'inscription découverte dans i'ile de Taman sous Catherine II, et la dissertation de Moussin-Pouchkin. f^. Levesque et Karamsin.
fit traduire les livres saints en slavon ; lui-même en a fait de sa main plusieurs copies. La Russie lui dut plusieurs écoles, et , entre autres , celle où trois cents jeunes Novgorodiens étaient instruits. Son histoire cite encore cette foule de prêtres grecs qu'il attira, seuls instituteurs qu'on pût alors donner aux peuples.
Elle applaudit à sa tolérance envers les païens de ringrie et de la Livonie; à sa protection éclairée pour des femmes de Souzdal , accusées de sorcellerie. Ces malheureuses allaient périr victimes d'un peuple exaspéré par une famine qu'on attribuait à leurs magiques évocations ; il les sauva ; car sa piété fut aussi exempte de superstition et de faiblesse , que ces temps le permirent.
L'église russe lui dut un instant ses libertés , auxquelles ses enfans renoncèrent. C'est lui qui , sans craindre les foudres de la métropole, voulut que l'institution des évêques russes , et leurs conciles pour l'élection des métropolitains , fussent indépendans du patriarche de Byzance.
Déjà la Russie sort de sa longue obscurité ; Vladimir et lui l'ont faite européenne par leurs conquêtes vers TOucst . par la religion , par ces
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germes d'instruction , par leurs alliances ; les belles-fîUesd'Iaroslaf sont des princesses grecque, allemande et anglaise ; sa sœur est reine de Pologne; ses filles sont, l'une reine de Norwége , l'autre reine de Hongrie, la troisième reine de France ^
Cependant il manque un code à cet empire , et c'est encore laroslaf qui le lui donne.
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