CHAPITRE VII
ces dans des sérails ? Il n'y en avait pas en Russie, ils y sont impossibles. La température y porte trop à tous les genres d'activité ; elle y est contraire à la mollesse , à la vie contemplative : quelles en seraient les douceurs ? Ces sérails y paraîtraient des prisons insupportables ! Que faire donc? émonder à chaque âge l'arbre généalogique? en retrancher ces princes comme des branches gourmandes ? Mais ce même climat n'y porte point à ces excès ; l'esprit du christianisme , alors dans sa ferveur , y était contraire. Cet esprit était bien plus puissant sur les peuples réfléchis du Nord , que sur les peuples passionnés du Sud, et de cet Orient , d'où il venait, et où il n'a pu rester.
Pourtant Swiatopolk, le successeur de Vladimir, imagina ces atrocités en ioi5. IVIais comme la pluralité des femmes et les mauvaises mœurs avaient multiplié les princes du sang ' ; comme encore les apanages et l'étendue du sol tenaient ces princes fort éloignés les uns des autres, ses attentats contre ses frères ne purent être simultanés; l'un deux y échappa et le punit.
ï V. Swiatopolk, qui ne fait aucune différence entre ses bâtards et sescnfans légitimes.
Ce fut laroslaf ; il le précipita du trône. Cependant le jnonstre , tout chargé qu'il est d'un triple fratricide, y remonte par un parricide, en ouvrant , pour la première fois , le sein de sa patrie aux Polonais. INIais alors, se croyant allermi , il veut se défaire perfidement de ses alliés, qui , l'abandonnant à lui-même , le laissent tomber une seconde et dernière fois , et mourir de terreur en fuvant encore le glaive vengeur d'Iaroslaf.
Des neuf premiers princes de cette première dynastie , et de cette première période , voilà le cinquième grand homme. Son règne commence par le glaive ; mais ce n'est pas de l'éclat du glaive qu'il doit briller. Pourtant , d'un seul de ses coups, il a détruit les Petchenègues.On sait encore qu'il a pesé sur la Finlande , la Livouie, la Lithuanie et la Bulgarie. Byzance même un instant Ta redouté. !Mais la plupart de ces expéditions ont été confiées à des lieutenans ; elles furent peu glorieuses ; la dernière a même fini honteusement les guerres des Russes contre les Grecs.
En même temps , quand deux fois les Novgorodiens ont replacé laroslaf sur le trône suze-