CHAPITRE n
zitiéloudié ou propriétaires , première classe , où l'on choisissait les boyards; puis les marchands , et le peuple.
Cette république, considérée comme l'apanage de la Grande-principauté , et comme un Etat dans l'État , chargée de la défense des frontières du nord et du nord-ouest, avait ses assemblées du peuple qu'appelait le son d'une cloche fameuse , dite wetchevoy : tous ses citoyens , sans distinction , avaient le droit de voter. Le prince n'assistait point à leurs délibérations ; là, se décidaient la guerre, la paix, l'élection des magistrats; quelquefois le choix de l'évêque , et même celui du prince ; du moins fallait-il , le plus souvent , que cette assemblée l'approuvât.
Le prince n'était reconnu qu'après avoir jure de gouverner , conformément aux anciennes lois de la république ; de ne confier le gouvernement des provinces qu'à des magistrats novgorodiens, agréés par le posadnick; de respecter le droit exclusif qu'avait la république de juger ses citoyens , de s'imposer et de commercer avec l'Allemagne.
11 s'engageait encore à ne point donner h ses
boyards , de villages dépendans de Novgorod , à ne leur en pas laisser acquérir ; à ne point favoriser rémigration parmi les Novgorodiens : à n'en faire arrêter aucun pour dettes; enfin , à obliger ses propres boyards et ses juges de ne parcourir les provinces novgorodiennes qu'à leurs propres frais, et de rejeter le témoignage des valets.
C'était à ces conditions que ces orgueilleux et inquiets républicains . souffraient que le prince rendît la justice, conjointement avec leurs propres juges.
Ils ne lui payaient pas d'impôts ; ils lui faisaient seulement des dons gratuits; ils poussèrent l'exigence jusqu'à régler les heures de plaisir de leurs souverains : ils chassèrent plusieurs de leurs princes, et même de leurs évêques. On vit cette liberté , trop souvent poussée jusqu'à la licence , régner quatre siècles , en dépit du pouvoir lointain des Grands- princes. Mais ce pouvoir passant de Rief à Vladimir et à Moscou, se rapprochera d'elle peu à peu, en se concentrant, et finira par l'écraser.
Telles furent les concessions d'Iaroslaf à un peuple, qui deux fois put armer quarante mille hommes pour le porter à l'empire.