CHAPITRE î
Seconde période, de io54 à laSb.
La Russie du onzième siècle a donc un trône suzerain, une dynastie reconnue, une religion européenne , un code ! elle marche du même pas que le reste de l'Europe vers la civilisation ; et c'est quand elle n'a plus qu'à persévérer dans cette noble voie, qu'elle s'arrêle, chancelle et tombe. Après avoir vu croître sa gloire informe et barbare pendant la première période de son histoire , cherchons au milieu des obscurités de la seconde, et dans sa situation politique et morale , les causes de sa décadence et de sa chute.
Le temps des conquêtes était passé. Les malheurs de Swiatoslaf, et ses excès de guerre, en
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avaient dégoûté; on avait atteint, sous Vladimir et laioslaf , les frontières naturelles ; le reste tentait peu : et d'ailleurs , les victoires et la prise de Kief par Boleslas , roi de Pologne , n'indi- . quaient pas vers l'ouest une proie facile. Les troubles intérieurs, nés des partages de l'empire depuis ce même Swiatoslaf , ramenaient l'attention des Russes sur eux-mêmes. Leur conversion ne leur permettait plus d'aller pillei' Constantinople , devenue leur métropole religieuse. Forcés désormais à contenir leurs peuples plutôt qu'à en conquérir d'autres , ces Grands -princes, adoucis par le christianisme , éclairés par ses prêtres , avaient enfin senti qu'il fallait donner des lois, des propriétés et de l'instruction à leurs sujets, pour les gouverner.
\ oilà leur pensée, nous avons vu leurs moyens ; voyons les obstacles et le résultat.
Le commerce de l'empire avec l'Asie et les Grecs ' ; le service militaire de beaucoup de
» V. Yakoul le géographe; voyez l'influence de la civilisation asiatique sur ces grands Bulgares du Volga, qui , au dixième siècle , du temps de Vladimir le-Grand , étaient agriculteurs , manulacturiers, commcrçans, et habitaient des villes de pierre.