‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 50 sur 189 · C?1AP1TRE III · texte numérisé non relu

C?1AP1TRE III

Maintenant que toutes ces causes de barbarie, de l'ordre de succession entre frères, -de partages, de dissensions intestines et de l'autorité exclusive des Rurick , sont appréciées , et le mode de leur gouvernement entrevu, revenons à riiistoire des faits principaux , séparés de ces considérations générales , sans lesquelles nous n'aurions pu en saisir l'esprit.

Nous avons vu qu'Isiaslaf , fils d'Iaroslaf le grand, vient d'ouvrir cette seconde et désastreuse période par vingt-quatre années de guerres civiles , deux déchéances , deux appels à l'intervention étrangère pour sa double restauration , et par un changement dans Tordre de succession au trône , qu'il laisse à son frère Vsevolod , sans que ses deux fils s'y opposent.

Mais qu'importe ce nom d'isiaslaf, et qu'un Vsevolod ait , après lui , régné (juinze ans ; ou bien , qu'un Swiatopolk . neveu de ce Vsevolod

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et fils de son frère aîné , kii succède et occupe pendant vingt autres années, ce trône, bien plus envié à cause des richesses et du luxe de Kief, que pour la puissance très-contestée qu'il donnait! Que retenir de ces annales, si ce n'est qu'elles sont toutes remplies de violences , d'usurpations, de traités violés, de brigandages, soit entre les princes russes , soit avec les Tatars polovtzy, ou avec les Polonais et les Hongrois? Ne cherchons donc dans ces faits , la plupart indignes de mémoire , que ceux qui dominent , qui peuvent donner la couleur de ces temps , et l'idée pn'incipale et générale de cette époque. Or, dès les premières années du règne de Vsevolod , vers 1084 -, on voit s'élever la grande figure de son fils , de ce Vladimir Monomaque, le héros de cette seconde période de l'histoire russe. Ses premières actions sont des campagnes lointaines pour redresser les torts. Génie tutélaire au milieu de cette foule de princes apanages, il accourt sans cesse à la défense du faible contre l'injuste agresseur ; les Polovtzy le rencontrent toujours le premier au-devant de leurs affreuses incursions. Le seul fait qu'on lui reproche, c'est de s'être laissé persuader

qu'il était permis de manquer à sa foi envers ces brigands, qui ne gardaient jamais la leur; eu effet, il se prêta à une perfidie contre ces perfides , trahit ces traîtres , et les fit égorger endormis au milieu des fruits de leurs rapines, au nombre desquelles Vladimir comptait , sans doute, le traité qu'ils venaient de lui arracher.

Mais que de grandes actions ont racheté cette grande erreur I Quand , en ioqB , son père meurt dans ses bras qu'il lui tend , et sur ce riche trône de Kief qu'il lui laisse , et que tous les bons citoyens le supplient d'accepter, il le refuse. Quelque bizarre que soit l'ordre de succession établi, il le respecte; et, remettant le sceptre à Swiatopolk , son cousin : Son père, dit-il, était plus âge' que le mieu ; il a régné le premier clans la capitale. Je veux préserver la Russie des horreurs d'une guerre civile.

Il fait bien plus encore , pendant vingt ans il continue cette générosité. Fidèle vassal de ce Swiatopolk, qui n'a que huit cents guerriers pour sa garde, il vient sans cesse à son secours dans les guerres injustes et )es combats imprudens où ce téméraire s'engiige , en dépit de ses représentations et de ses reproches. En com-

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