CHAPITRE III. g
battant pour ce suzerain , Vladimir perd dans les flots un frère chéri , qu'il veut en vain sauver aux dépens de sa propre vie ; il perd jusqu'à sou apanage de Tchernigof , que le méchant Oleg , son parent , réclamait comme son héritage , et qu'il lui arrache.
Cet Oleg ne veut se soumettre, ni à l'amovibilité des fiefs , ni au congrès de 1097 , oii les princes répartissent entre eux les apanages ; il a juré sur la croix de se contenter de son partage ; mais lui et David , son frère , en appellent encore aux Polovtzy. Ils ouvrent sans cesse la Russie à ces brigands ; leur vie n'est qu'un enchaînement de trahisons.
Grâce à l'influence du christianisme sur ces mœurs hyperboréennes, jusque-là, les discordes féodales des princes russes , aussi sanglantes qu'ailleurs, mais seulement du sang des batailles, n'avaient pas été , comme chez les autres barbares , noircies du sang des forfaits. Depuis près d'un siècle , Swiatopolk le fratricide paraissait comme un monstre isolé dans ces temps de discordes , dont il avait été l'horreur.
Cependant voici qu'à la fin du onzième siè-
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cle , cette détestable race du traître Oleg , qui ne respecte rien, renouvelle ces monstruosités; son frère David , à qui la paix publique , rétablie par le congrès de 109^, est insupportable ,• ourdit une trame, calomnie Vladimir, et fait arracher les yeux à l'un de ses parens , dont il convoite l'apanage.
Mais ce crime, si commun en Grèce, était inouï en Russie : il la révolte. Un nouveau congrès de ses princes se rassemble sous une vaste tente , et c'est encore le génie de Vlamidir Monomaque qui y domine. Tu prétends ai^oir à te plaindre^ disent-ils à David; te voilà assis sur un même tapis ai^ec tes frères. Parle, qui de nous accuses-tu? Et David , déconcerté, se tait; et les princes sortent. Ils montent à cheval ; ils tiennent conseil tout armés , comme dans les circonstances alarmantes. Puis ils se séparent ; chacun d'eux va consulter ses Boyards ; et David , condamné , rejeté avec horreur , perd son apanage.
Toutefois, il reçoit de la pitié de ses parens quatre villes et quatre cents grivnes pour sa subsistance : tant ces descendans de Rurick respectaient leur sang, même le plus mauvais;