CHAPITRE V
perpétuels , si étrangers à la féodalité , el surtout à une féodalité de princes : impôts et dénombremens que la conquête des Tatars put seule établir , et dont les Grands - princes héritèrent.
Déjà , dans cette première moitié du quatorzième siècle , Iwan Kalita était devenu assez riche de ces impôts pour en acheter des domaines, des apanages entiers ', la protection d'Lsbeck-khan et la préférence du métropolite, qui de Vladimir vint résider à Moscou ; ce qui fît de cette ville la capitale de l'empire.
Les Tatars eurent ce prince pour collecteur ; c'est à ce titre qu'il rançonne ses sujets. Voyezle, en iSS^, demander aux Novgorodiens un tribut double, sous prétexte que le khan l'exigeait ainsi.
Armé contre les Russes du nom Tatar , et contre les Tatars de l'argent des Russes , dans ses fréquens voyages à la horde il enivre d'or et d'adulations le khan et sa cour ; c'est alors
I Dans les gouvernemens de Novgorod, Vladimir, Kostroma, Rostof , et les villes d'Ouglich, de BieIozei\sk , de Galitch. /-^. Karamsin , et un acte de Dmitry Donskoï.
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qu'il opère, comme suzerain , cette première réunion de tous les princes apanages contre celui de Twer, son compétiteur, qu'il chasse de Pskof et de la Russie , à l'aide des foudres du métropolite, les 'premières que l'Eglise ait fait gronder dans cet empire.
Déjà sa puissance, comme dans la nature les plus grandes masses , produit son effet , elle attire ; la noblesse imite le clergé. Soit crainte , soit avidité , on voit plusieurs Boyards des autres princes venir se ranger autour de ce Grandprince, préférant les fiefs d'un si riche et si puissant suzerain aux *fiefs des petits princes qu'ils abandonnent.
hvan Ralita pousse avec une horrible vigueur dans son ambitieuse carrière. Malheur^ malheur aux princes de Rostqf! s'écrie Nicon, parce que leur puissance Jïit de'truite^ et que tout se centralisa clans 3Ioscou» En effet, du haut du Kremlin ^, qu'il fortifie, Ivvan se déclare l'arbitre de ses parens : il règne dans leurs
1 Kremlin, dabord Kremnik., de kremen, pierre à feu. y. Karamsin et la Chronique de Troitski. Le Kremlin est situe, en effet, sur une colline très locailleuse.