CHAPITRE V
principautés par ces Boyards ; il s'y est arrogé le droit d'en distribuer les fiefs , celui de juge , de législateur ; et si ces princes , indignés, résistent et osent tenter contre lui une guerre du bien public ^ , il court à la horde la bourse à la main, la délation sur les lèvres ; et Taveugle Usbeck, trompé par ce monstre d'ambition, le débarrasse impolitiquement des plus dangereux de ses compétiteurs, qu'il livre à d'affreux supplices. Le prince de T^ver et son fils sont les victimes les plus remarquables de cette atroce politique.
En même temps , la Lithuanie , qui dès le premier écrasement de la Russie par les Tatars, s'est délivrée de son joug, est devenue conquérante. Vers i320, son chef Guédimin s'empare des apanages russes du sud et de l'ouest, depuis long-temps indépendans de la Grande-princi-
• De i333 à iSBq les princes apanages prennent le parti du prince de Twer contre le Grand-prince de Moscou, qu'ils appellent tyran. En iSSg le GranJpiince de Mo,scou retourne à la horde, et effraie tellement TJsbeck-khan par ses dénonciations contre le prince de Twer et contre d'autres princes , que ce khan les attire sur-le champà sa horde, pour les contenir ou s'en défaire. V. Karamsin.
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pauté de Vladimir. Kief, Galitch ,1a Volhyiuc, deviennent tantôt lithuaniennes, tantôt polonaises ou hongroises; leurs habitans, désespérés, émigrent ; ils vont fonder les deux républiques militaires des cosaques Zaporoves et des cosaques du Don. E.alliant les malheureux de tous les pays , elles se verront un jour assez fortes pour résister aux Turcs et aux Tatars, entre lesquels elles se trouveront ; et pour gêner ai-nsi les communications de ces deux peuples , qu'une religion, une origine et un intérêt communs devaient réunir.
Cependant, la Grande - principauté se repeuple aussi de beaucoup de ces infortunés des provinces du sud de la Russie , qui viennent se réfugier à Moscou '. L'empire perd , il est vrai, de son étendue ; mais il en devient plus proportionné à la puissance renaissante de son Grandprince , qui y compte moins de compétiteurs : ce qui en reste se trouve sans comparaison dé forces avec la Grande-principauté. Après tout,
1 y . l'émigration de Rodiou et de dix-sept cents enfans boyards kiewiens , qui, vers i3o4 ou i333, cherchent \\n asi!e dans Moscou.