‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 72 sur 189 · CHAPITRE V. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. l

il vaut mieux pour celle-ci avoir à reconquérir un jour quelques provinces sur un ennemi étranger que sur des ennemis domestiques ; ce sera un mal extérieur pour un mal interne , le pire de tous.

Ainsi , le machiavélisme d'Iwan prospère. Il est vrai qu'au moyen de la confiance qu'il inspire à la horde , et de la terrible guerre qu'il y fait à ses parens , il rend à la Piussie une paix depuis long-temps inconnue. Un commencement d'ordre et de justice renaît sous ce sceptre , acquis et conservé par de si afïreuses injustices ; le brigandage auquel la Russie était en proie , est réprimé , le commerce refleurit , de grands marchés, des foires nouvelles s'établissent; on y voit les productions de l'Orient , de la Grèce, de l'Italie, et le trésor du Grand-prince se grossit encore du profit des douanes'.

Tels sont les prompts effets des premiers pas

» y. Kaménévitch, trad. de Karamsin , décrivant le grand nicirché de la Mologa sur le Volga, où le commerce de l'Asie et celui de l'Europe se rencontraient dans son faubourg des Esclaves, dans ses soixante-dix auberges; enfin , où le trésor du prince recueillait sept mille deux cents livres pesant d'argent.

d'Iwan dans le système de èoncentration du pouvoir ; ce grand mouvement politique est si vigoureusement donné , qu'il se perpétue dans son fils Siméon -le- Superbe , auquel Iwan a laissé de quoi acheter à son tour, de la horde. la Grande-principauté , et en qui il fait renaître la succession directe. Aussi, Siméon opère-t-il contre Novgorod une seconde réunion de tous les princes russes. On remarque qu'il est obligé de céder à ses frères la moitié des impôts; mais c'est en se réservant toute l'autorité, avec laquelle on a bientôt les revenus.

Siméon étant mort sans enfans , Iwan II, son frère , achète encore la suzeraineté avec les trésors de Ralita. Après cet Iwan II , ce svstème et cet ordre de succession s'interrompent, il est vrai , quelques instans dans un prince étranger à la branche de Moscou; mais bientôt nous verrons le grand Dmitry Donskoï les consacrer enfin en principe : celui-ci ne négligera pas d'accroître le trésor ' J^ son grand-père

' V. en effet le traité de Dmitry Donskoï avec Vladimir son oncle, qui promet de lui remettre le tribut de son apanage, appelé tribut du khan; et le second traité avec le même Vladimir, où ce prince s'engage à

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