CHAPITRE VII
c'est alors que tous devinrent vassaux du Grandprince Dmitry.
Jamais grand homme ne vint plus à propos que ce Dmitry. Ce tut un bonlieur que les discordes des Tatars les eussent occupés pendant les dix-huit premières années de son règne ^ ; cela lui donna d'abord le temps d'amortir la fureur dévastatrice d'Olguerd- le- Lithuanien , fils de Guedimin , père de Jagellon , et conquérant de toute la Lilhuanie , de la VoUiynie, de Smolensk , de Rief et même de la Tauride; secondement, de réunir à son trône plusieurs principautés ; enfin , de forcer les autres princes, et même celui de Twer , de reconnaître sa suzeraineté.
La lutte contre celui-ci fut terrible : quatre fois Dmitry abattit Mikhaïl , et quatre fois ce prince de Twer , appuyé sur son gendre, le grand Olguerd^, se releva victorieux. Dans ce conflit opiniâtre , Moscou elle-même , assiégée à deux reprises, eût succombé, sans ses murailles de pierre , ouvrage récent de la première régence des boyards moscovites,
» De i362 à i38o.
-î Prince de Litliuauic.
l6o LIVRE III.
JMais enfin Olguerd meurt, et Dmitry, qui , trois ans auparavant , ne paraissait qu'à genoux devant la horde , ose alors refuser au khan son tribut . et faire massacrer rinsolent ambas- ' sadeur que ce khan lui envoie.
Nous avons vu que , cinquante ans plus tôt , une pareille témérité avait causé la chute de la branche de Twer devant celle de ÎNÎoscou : mais les temps sont changés. La triple alliance du métropolite, des boyards et du Grandprince, a déjà rendu aux Russes le sentiment de leur force : ils sont enhardis par l'opinion de la puissance de leur Grand-prince et par les discordes des Tatars. Des bandes de ceux-ci errantes dans la I\Ioscovie , qu'elles pillent , se sont fait battre; enfin des Tatars ont fui devant des Russes I ils en sont devenus les esclaves , et le prestige de leur invincibilité se dissipe.
Aussi, le cri de fureur du khan , à la nouvelle du massacre de son représentant , sert-il de signal au rassemblement de tous les princes russes contre celui de Tvrer. On le force à se soumettre au Grand-prince , et à se réunir à lui contre la horde.
Trois grandes nécessités commençaient donc