‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 90 sur 189 · CHAPITRE X. l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. l8l

de légitimité et de concentration, il foudroie les princes apanages qui refusent de se soumettre à la suprématie de cet enfant.

En i4i5 , c'est encore un moine de Moscou, dépendant du métropolite, qui prédit la naissance de Vassili-l'Aveugle , petit-fîls du héros du Don. Ce moine fait retentir dans tout l'empire une voix du ciel , qu'il dit avoir entendu miraculeusement proclamer Grand -prince de toute la Russie , ce jeune héritier direct du trône de Moscou, à l'instant même où il a vu le jour.

Enfin, en i^il-) dans une lettre remarquable des évêques russes à l'usurpateur Dmitry ^ , voyez comme ils établissent que ce Vassili est seul souverain par la grâce de Dieu, et comme ils menacent ce Dmitry de la colère du ciel pour ses révoltes , sans lesquelles , ajoutent-ils, la Russie serait affranchie du joug tatar.

Déjà, en i^iS^ le métropolite d'alors avait proclamé l'avéneraentde ce même Vassili , âgé de dix ans, et sommé ses oncles de le reconnaître pour leur suzerain.

' f^. Karamsin, vol. V, page 4^3.

i82 Livp.E m.

Cependant , en 14^9, ce jeune prince est près d'être renversé du trône par son oncle loury de Galitch. Le pernicieux et bizarre ordre dé succession entre frères allait être rétabli, quand le même métropolite arrête loury par cette excommunication , à laquelle une peste venue à propos donna du poids; car, en Russie, il fallait qu'à la puissance morale des anathèmesfût jointe une force matérielle, sans quoi l'excommunication était impuissante, comme Pskof le fît voir en tSS^, et Nijni-Novgorod en i365. C'est pourquoi tout portait le clergé à s'appuyer des Grands-princes, et à accroître la puissance protectrice de ^loscou , de tout ce qu'ils y pouvaient ajouter. Fidèles à cette politique, les métropolites eurent donc une grande part à l'élévation des Grands -princes et à la délivrance de leur patrie.

Ici se termine la troisième période de cette histoire; dans la quatrième, la Russie va s'affranchir de ses maîtres étrangers pour se rendre esclave de ses propres princes.

Quatre siècles de malheurs , nés du partage de la puissance, avaient montré l'indispensable nécessité de la concentration du pouvoir; celte

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