‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 89 sur 189 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

raineté ; le métropolite y résidait encore vers 1299, elle devint inhabitable ; ce pontife alla s'établir à Vladimir , puis à Moscou. Le chef de la religion se réunit au chef de l'Etat , et la puissance religieuse à la puissance civile.

Depuis cette époque , on s'aperçoit , à la marche plus suivie des Grands - princes , que la politique toujours adroite et habile des prêtres la dirigea.

D'ailleurs , malgré la superstition générale , ces prêtres n'échappaient pas à la fureur des discordes civiles ; et comme en même temps ils ne pouvaient guère en profiter, leur intérêt fut de s'allier à la puissance qui avait aussi le plus grand intérêt à arrêter le désordre.

Voyez en effet , le métropolitain Photius se faire le plus ferme appui du Grand-prince de Moscou , parce que ce trône est son seul refuge, contre les envahissemens des domaines du clergé par les nobles. Un même intérêt l'unit à ce Grand-prince contre Vitovt-le-Lithuanien, lequel , au moyen d'un concile d'évêques trèsremarquable S affranchit l'église de Kief, sa

' f^. Karamsin , vol. V, page 274.

iSo LIVRE III.

conquête , de la suprématie de Moscou , comme de celle de Bvzance.

Ecoutez encore, dès i328, les accens prophétiques du métropolite Pierre, choisissant Moscou pour résidence, et demandant à Iwan Ralita d'v bâtir une cathédrale : Mes os , a - t- il dit , resteront dans cette ville ; les métropolitains y fixeront leur séjour ; elle terrassera tous ses ennemis. Vous et vos successeurs dei^ienclrez grands et célèbres. Aussi voit-on , dès i33o, ce métropolite forcer par des anathèmes Alexandre de Twer, rival du Grand-prince de Moscou, à fuir et à se soumettre.

En i332, ce pontife persévère dans cette étroite alliance, malgré le terrible Lithuanien Guedimin, au pouvoir duquel il se trouvait.

En iSSg, après hvan II, un prince apanage obtient de la horde la Grande-principauté ; mais le métropolite, forcé d'aller le sacrer à \ ladimir, refuse de résider près de lui. Ce prélat revient se concerter avec les boyards moscovites , pour rendre la suzeraineté au petit-fils dlwan Ralita, à fhéritier direct des princes de Moscou, alors seulement âs^é de douze ans. Il fait plus, et continuant, en i363, cette œuvre

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