‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 94 sur 189 · CHAPITRE I. igr · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. igr

prêtes , la politique ; mais la Russie , indignée , s'élance malgré son prince : le général qui, par son ordre, a voulu la retenir, reste seul. Iwan apprend que les guerriers russes se sont nommé un autre chef, et qu'enfin ils ont triomphé des Kasannois , en dépit de sa pusillanimité. Alors seulement , quand cette audace heureuse et impunie de ses sujets l'a bien convaincu de la faiblesse de Kasan , il pousse contre elle tous les princes engagés à son service , sa garde même , et lui , demeure dans Moscou , encore tout inquiet des dernières convulsions de ce faible ennemi , que pourtant il vient d'envoyer achever par les forces colossales de la Russie tout entière.

Voilà comme il attaque, comment donc se défendra-t-il ? Comment la horde dorée, si long-temps dominatrice , fut-elle trois fois repoussée, et enfin anéantie sans retour? Quels furent les combats de ce nouveau Dmitry Donskoï , ou du moins ceux auxquels assista ce Louis XIV, l'Actium de cet Auguste? Comment vaincre autant sans victoire? l'histoire n'en cite pas une seule. A la première invasion de cette horde, à peine a-t-il osé donner l'ordre

de se défendre; les Talars de Crimée ont seuls sauvé la Russie. A la seconde ( 1468), il ne compte que sur le nombre , et réunit des forces • si disproportionnées avec le péril, qu'au seul bruit de leur marche il se dissipe. Aux yeux du kliariy dit l'annaliste , notre armée s'agitait et brillait conune les Jlots cCune mer majestueuse, éclairée par les rayons du soleil. C'est par ce seul aspect qu'Iwan s'est contenté de vaincre une seconde fois son ennemi, dont la fuite n'a pas même été troublée par le circonspect autocrate.

A la troisième agression de la horde dorée, en 1480 , quand il a dompté la plus dangereuse des républiques russes ; quand il a su rallier ses frères à la cause générale ; quand la Lithuanie , qu'occupe le khan de Crimée , ne songe qu'à sa propre conservation ; lorsqu'enfîn la Russie entière, ardente et tout armée, marche fièrement jusque sur l'Oka , au-devant des Tatars , lui seul se décourage! il se croit vaincu. Il effraie la capitale de la fuite de la czarine , qu'il envoie se réfugier au loin dans le Nord. Il s'arrête à l'approche de l'ennemi ; il hésite, abandonne enfin son armée . et va jusque

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